Fini le bac à sable, c’est la cour des grands

Fini le bac à sable, c’est la cour des grands

Un grand bastion de l’indé est tombé. Le 15 septembre Microsoft a racheté le studio de jeux vidéos Mojang pour la coquette somme de 2,5 milliards de dollars. Un succès financier pour l’homme à l’origine de la création du studio, Markus “Notch” Persson, qui aurait estimé sa société à “seulement” 800 000 dollars.

En premier lieu il faut rappeler ce qu’est Mojang. Pour certains le studio indépendant de création de jeux vidéos qui a émergé dans la foulée du célèbre sandbox game Minecraft, créé par Notch en 2009. Pour d’autres, comme Miscrosoft, un studio avec un chiffre d’affaire de plus de 100 millions de dollars en 2013, à l’origine d’un des jeux vidéos les plus populaires de la décennie.

Pour justifier cette vente Notch explique ne pas créer des jeux pour en faire des succès économique. La gestion d’une société comme Mojang, dont il était l’actionnaire majoritaire, trop pesante, ne lui permettait plus de continuer à imaginer de nouveaux jeux.

Du côté de Microsoft l’intérêt est de conquérir une part de marché en direction des jeunes joueurs, et éventuellement de redonner un coup de fouet à la Xbox one devancée par la PS4 de Sony sur le marché des next gen. Minecraft a en effet été adapté sur Xbox pour sa première sortie sur une autre plateforme que le PC. On peut donc envisager à l’avenir la mise en place d’une exclusivité pour les mises à jour ou des contenus uniquement disponibles sur la Xbox. Une perspective qui ne rassure pas les fans et les joueurs.

Dans tout les cas Microsoft peut espérer un bon retour sur investissement. D’autant plus que, si Notch quitte le navire et ne rejoint pas Microsoft, Jens “Jeb” Bergensten, responsable du développement de Minecraft et un des autres piliers de la société, continuera l’aventure aux Etats-Unis. On peut donc espérer une certaine stabilité dans l’évolution du jeu.

 

 

Un rachat qui fait l'effet d'une bombe.

Un rachat qui fait l’effet d’une bombe.

 

Ce rachat pose toutefois une question fondamentale pour les gamers et l’industrie du jeu vidéo qui est celle de l’avenir des jeux indépendants créatifs dans ce business soumis au diktat de l’efficacité et de la rentabilité. Le premier point d’inquiétude est l’avenir de Minecraft avec le risque de voir ce jeu sans cesse en évolution devenir payant pour le moindre contenu additionnel. D’autre part ce rachat pose la question de savoir s’il est aujourd’hui possible aujourd’hui de voir un jeu indépendant émerger et connaitre un succès financier sans qu’il soit automatiquement absorbé à une des grosses écuries dominant le marché.

La diversité des consoles et supports proposés s’est déjà considérablement affaiblie durant les deux dernières décennies, en ira-t-il de même avec celle des jeux ?