Le triomphe Sissako, la débâcle Bonello

Le triomphe Sissako, la débâcle Bonello

Meilleur film, meilleur réalisation, meilleur scénario original, meilleure musique originale, meilleur son, meilleure photo, meilleur montage. Bien loin du duel annoncé entre les deux biopics consacrés à Yves Saint Laurent, c’est Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako, qui est l’incontestable gagnant de la 40e nuit des César, avec sept récompenses sur les huit qu’il pouvait espérer.

Parmi les autres victoires de la soirée, on retient ici les jolies récompenses accordées à Thomas Cailley, qui remporte le César du meilleur premier film pour  Les Combattants, et à ses deux acteurs, Kévin Azaïs et Adèle Haenel, qui repartent respectivement avec le César du meilleur espoir masculin et celui de la meilleure actrice. Saluons également la récompense très méritée de Reda Kateb, meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans Hippocrate, ainsi que celle de Pierre Niney, sacré meilleur acteur, et rendant par ailleurs hommage dans son discours à un Gaspard Ulliel dont le visage est resté résolument fermé.

Que dire de plus à l’issue de cette soirée ? Timbuktu est un beau chef-d’œuvre qui, oui, méritait d’être récompensé. On ne comprend cependant pas tout à fait ce raz-de-marée. Il y a inévitablement eu de grands oubliés, et, au premier rang, le sublime Saint Laurent de Bertrand Bonello. S’il remporte néanmoins le très savoureux César des meilleurs costumes, attribué à Anaïs Romand qui a reproduit, seule, les collections du génie de la mode, il y a comme un goût d’inachevé. Bonello avait signé ici une œuvre remarquable en tous points. Si Pierre Niney, grâce à une prestation incroyable dans un Yves Saint Laurent qui l’était nettement moins, méritait le César du meilleur acteur, on aurait pu aisément imaginer le réalisateur de Saint Laurent repartir avec la meilleure réalisation ou le meilleur film. Cette débâcle a un goût amer, que l’adorable discours maladroit de Kristen Stewart ou le fou-rire devant la robe de Marion Cotillard ne parviennent à nous faire oublier.

Le palmarès complet :

Meilleur film
Timbuktu d’Abderrahmane Sissako

Meilleur réalisateur
Abderrahmane Sissako pour Timbuktu

Meilleure actrice
Adèle Haenel pour Les Combattants

Meilleur acteur
Pierre Niney pour Yves Saint Laurent 

Meilleure actrice dans un second rôle
Kristen Stewart pour Sils Maria

Meilleur acteur dans un second rôle
Reda Kateb pour Hippocrate

Meilleure espoir féminin
Louane Emera pour La Famille Bélier

Meilleur espoir masculin
Kévin Azaïs pour Les Combattants

Meilleur scénario original
Abderrahmane Sissako et Kessen Tall pour Timbuktu

Meilleure adaptation
Cyril Gely et Volker Schlöndorff pour Diplomatie 

Meilleur premier film
Les Combattants de Thomas Cailley

Meilleure musique
Amine Bouhafa pour Timbuktu

Meilleur son
Philippe Welsh, Roman Dymny et Thierry Delor pour Timbuktu

Meilleure photographie
Sofian El Fani pour Timbuktu

Meilleur montage
Nadia Ben Rachid pour Timbuktu

Meilleurs costumes
Anaïs Romand pour Saint Laurent

Meilleurs décors
Thierry Flamand pour La Belle et la Bête

Meilleur documentaire
Le Sel de la Terre de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

Meilleur court-métrage
La femme de Rio d’Emma Luchini et Nicolas Rey

Meilleur film d’animation
Minuscule – La vallée des fourmis perdues de Thomas Szabo et Hélène Giraud

Meilleur court-métrage d’animation
Les Petits Cailloux de Chloé Mazlo

Meilleur film étranger
Mommy de Xavier Dolan

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