La Séance Vintage #5 : Rocky

La Séance Vintage #5 : Rocky

La Séance Vintage se lance aujourd’hui le défi de réhabiliter aux yeux de ses détracteurs le film Rocky. Pour ceux qui l’aiment déjà vous serez récompensés en trouvant ici une multitude d’anecdotes qui vous donneront sûrement envie de revoir ce film culte.

Non. Rocky ce n’est pas un film bête et méchant où un monstre de muscle grognant et décérébré se balade en short sans but existentiel (Pour trouver un Rocky de ce genre direction le non moins culte Rocky Horror Picture Show). Ce n’est pas non plus un film de boxe destiné aux seuls amateurs de transpiration et de testostérone. Rocky sorti en 1976 et réalisé par John G. Avildsen est un film à petit budget, sans vedette, inspiré d’une histoire vraie, au succès planétaire qui remportera trois Oscars. Un nanar aurait-il vraiment pu recevoir les statuettes de Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleur Montage ?

Petite mise au point : Rocky est un loubard de seconde zone qui gagne sa vie en rendant service au truand du coin et en participant régulièrement à de petits combats de boxe. Il vit seul dans un appartement miteux, sa seule fierté étant de ne pas encore s’être fait casser le nez pendant un combat, et son seul ami Paulie, un alcoolique assez peu sympathique. Ce qui plaît à Rocky c’est la boxe, une des seules choses pour lesquelles il soit un peu doué. La timide sœur de Paulie, Adriane lui plaît aussi beaucoup. Rocky n’a donc jamais percé dans le monde de la boxe professionnelle. Celle-ci est patronnée par le champion du monde en titre des poids lourds, Apollo Creed, qui se révèle également être un business man. Pour le bicentenaire de l’indépendance des Etats Unis, il souhaite marquer les esprits par un combat mémorable. Il décide alors d’affronter un boxeur tout à fait inconnu pour lui donner une chance de remporter le titre de champion du monde. Si Creed est assuré de remporter la victoire il donne à un jeune boxeur l’opportunité de réaliser son American Dream.  Et évidemment, cette chance inespérée tombe sur Rocky. Commence alors un entrainement physique incroyablement intensif pour tenter d’arriver à la cheville du champion du monde et ainsi prouver qu’il n’est pas qu’un raté comme les autres.

Si au cours de votre vie d’étudiant (ou autre) un vent de découragement, d’abattement ou de perte de confiance en vous, vous terrasse, ce film saura vous redonner une rage de vaincre à toute épreuve. La bande originale du film Gonna Fly Now y est évidemment pour beaucoup. Elle donnerait le courage de faire un marathon au flemmard le plus léthargique !

 

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Finir cet article ici serait incomplet. Car parler de Rocky sans évoquer Stallone est assez absurde, surtout que leur parcours sont en fait très semblables. Ce n’est pas étonnant puisque Sylvester Stallone est le scénariste du film. Dans les années 1970, Stallone est un jeune comédien écumant les castings, comme Rocky les vestiaires, sans jamais percer. Il n’obtient que des seconds rôles, voire des troisièmes, et les cachets se font rares. Un jour qu’il se rend à combat de boxe opposant la star Mohamed Ali à l’inconnu Chuck Wepner il est pris d’une illumination (Un peu comme les Blues Brothers vous voyez ?). Il rentre alors chez lui et rédige en trois jours le premier scénario de son film Rocky. Très vite, des producteurs lui proposent d’acheter les droits de son scénario pour 20 000$ mais Stallone refuse. En acceptant, le rôle-titre aurait été donné à une vedette de la trempe de Robert Redford. Or pour Stallone, Rocky sera pour lui ou ne sera pas. Malgré son cruel manque d’argent il refuse les enchères pour son scénario  qui montent pourtant jusqu’à 330 000$ ! Mais il gagne son bras de fer : Stallone, alors totalement inconnu du grand public, incarnera le premier rôle mais ne sera payé que le minimum syndical en tant qu’acteur et scénariste soit bien moins que les 330 000$… Mais sa fortune est faite ! Contre toute attente, ce petit film tourné en moins d’un mois pour un budget d’à peine 1 million de dollar rapporte 225 millions de dollars à travers le monde ! Les producteurs se réjouiront bien longtemps de cette rentabilité colossale.

Ainsi, vous n’avez plus d’excuse. Ne dîtes pas que vous n’aimez pas la boxe, il n’y a que 15 minutes de combat étalées dans tout un film de 117 minutes. Ne vous laissez pas non plus décourager par une mauvaise expérience avec un Rambo ou un autre Rocky. Les films de ces sagas sont de qualités bien inégales et pour les apprécier, il faut absolument commencer par les premiers films qui instaurent un climat et un scénario plus poussés.

Pour toutes ces raisons et parce que Rocky est le tout premier film sur le sport à remporter l’Oscar du meilleur film bien avant Million Dollar Baby de Clint Eastwood, c’est culte.

@Syrielle_Mejias

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