Swift Guad, VALD, et Lino/Ärsenik au Festi’Val de Marne

Swift Guad, VALD, et Lino/Ärsenik au Festi’Val de Marne

Dans le cadre du Festi’Val de Marne, nous avons notamment eu la chance d’assister à un concert qui fut, j’en suis sûr, l’un des points culminants du festival. En effet, ce vendredi 16 octobre, dans la salle des convivialités d’Alfortville, deux rappeurs de talent et un duo de légendes vivantes ont mis le feu devant un public conquis. Et moi. Court retour sur deux bonnes heures de rap à la fois engagé & neuneu, écrit & technique, old school & avant-gardiste.

« Donne un glock pour une expédition punitive »

Premier rappeur à se confronter au public d’Alfortville, Swift Guad. Le rappeur surtatoué de Montreuil, a distillé de son flow rocailleux et rapide, quelques textes exprimant le point de vue d’un trentenaire désabusé, mais rêveur sur sa vie comme sur la société. L’ensemble sur des instrus mélodiques & mélancoliques, quand il ne s’essaie pas à une trap de qualité. Bien sûr, sur scène, une bonne énergie et une bonne communication avec le public, entonnant facilement le refrain de J’attends un miracle résumant bien la démarche du rappeur indépendant. Une belle découverte.

« Shoote un ministre, shoote un ministre, si tu veux tuer quelqu’un frelon, shoote un ministre »

Le DJ s’occupe de chauffer la salle, lance le beat, le slogan débile « Des putes et des putes » retentit dans la salle, tout le monde l’attend. Il surgit sur la scène au point culminant, et met immédiatement le feu. Cet objet musical non identifié, c’est Vald, le meilleur jemenfoutiste travailleur du rap français. Classique dans la forme, mais tantôt absurde, tantôt drôle, débile, incisif dans le fond ; Vald, c’est un peu la forme la plus pervertie et décadente de la vague de « l’autre rap français » déferlant en ce moment sur les ondes. L’interprète décomplexé de Vie de cochon bouscule, fait kiffer, et mine de rien, te fait réfléchir sur ta condition de jeune con. Bon, sauf quand il chante Bonjour — que le public entier semblait attendre — là, il est juste débile.

« En clair, j’ai bouffé le tonnerre ma bouche recrache l’éclair »

Après Vald, la salle se vide légèrement. Les deux premiers rappeurs se rendent disponibles sur un stand sur le côté de la scène, discutent, font des blagues, prennent des photos avec leurs fans. Près de la sortie, j’entends quelqu’un dire à ses ami. e. s, « Les prochains, ça fait 15 ans qu’ils rappent, qu’ils posent leurs couilles sur la table, et qu’ils giflent tout le rap-game ». J’approuve silencieusement l’analyse, tandis que la composition de la salle change et que le public a gagné 12 ans d’âge moyen, au moins. Ils attendent Lino et Calbo, les deux légendes du groupe Ârsenik, qui, à mon humble avis, sont toujours inégalés. Leur arrivée fut rapide, sans fioriture. L’expérience se ressent, le talent aussi. L’énergie de jeunes pousses, quand il faut interpréter des classiques, porté notamment par des lyrics « coupées à la nitro ». Que dire ? On s’incline, et on recommande chaudement les titres du groupe à ceux qui seraient passés à côté.

Pour rappel, le Festi’Val de Marne, comme son nom l’indique, est un festival de musique qui se déroule dans tout le Val de Marne. Il offre donc la possibilité aux habitants du 9.4, et d’ailleurs, d’assister aux représentations d’artistes prestigieux, près de chez eux, et à petits prix. Une initiative à laquelle on est très honoré de prendre une petite part. Le Festival, qui s’est conclu ce week-end, a encore été un succès, et sera sans doute de retour pour une trentième édition.

Photo : Vald au festival Terres Hip Hop 2015, Rzom_, Flickr

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