Moonwalkers : On a fumé sur la lune

Moonwalkers : On a fumé sur la lune

Pour la quatrième édition de Secret Premières, quatre films étaient proposés en avant-première, avec seulement quelques indices disponibles pour savoir de quel film il s’agissait. Nous nous sommes lancés dans le film annoncé par « ¡ ıɹןoƃ suǝıΛ ˙ɯןıɟ ǝן ɔǝʌɐ ǝɹʇʇǝɯ ǝʇ ɐʌ uo, nb ǝɔ ǝuıƃɐɯı ǝɔıpuı,ן ɔǝʌɐ sɹǝʌuǝ,ן ɐ ǝʇǝʇ ɐן ǝɹʇʇǝɯ ǝʇ ǝp ʇuǝıʌ uO ». Et nous sommes tombés sur le déjanté Moonwalkers, qui tient toutes ses promesses.

Essayons de restituer l’intrigue du film : nous sommes en 1969, la CIA charge un ancien agent de la guerre du Vietnam (Ron Perlman) d’aller proposer à Stanley Kubrick de réaliser de fausses images d’alunissage pour anticiper un éventuel échec de la mission Apollo XI. Il prévoit de le rencontrer à Londres, mais par un malheureux concours de circonstances, il tombe sur un producteur raté qui pense flairer un bon coup et fait passer son pote junkie pour Stanley Kubrick. La supercherie ne dure pas longtemps, et l’agent Tom Kidman se retrouve à gérer une accumulation de problèmes entre des Anglais tous plus drogués les uns que les autres. Le résultat donne un film complètement irresponsable, qui respire l’humour anglais dans chacune de ses répliques.

Le casting est une réussite. Ron Perlman a exactement la tronche de l’emploi du militaire bourrin, incontrôlable et un peu dérangé. Face à lui, Rupert Grint (aka Ron Weasley) complète ce binôme improbable. Il incarne le producteur le plus inefficace et irresponsable de toute l’Angleterre. Du coup, on a l’impression qu’il est complètement à côté du film, mais c’est exactement le but recherché. On peut également saluer la performance du pas (encore) très connu Robert Sheehan, le Stanley Kubrick le moins convaincant au monde, en partie à cause du fait qu’il n’est jamais sobre. Plus anecdotique, l’apparition de Stephen Campbell Moore en manager insupportable et sous cocaïne ne vous laissera pas indifférents.

Moonwalkers tient effectivement toutes ses promesses, le film ne tient pas debout, aucun personnage n’est capable de faire avancer l’intrigue, et c’est terriblement drôle. Le spectateur est emmené avec eux dans un tourbillon d’événements complètement hallucinants, d’une rave party à un règlement de compte entre gangs, en passant par d’autres batailles sanguinolentes. Le film se joue de nous, et on se laisse volontiers faire. On se retrouve propulsés dans une caricature jubilatoire de l’Angleterre des années 60 et de la course à l’espace menée par les États-Unis. Moonwalkers se joue de cette époque et des théories complotistes en en extrapolant les invraisemblances. L’histoire avec un grand H n’est jamais très loin, mais elle ne fait qu’effleurer ce récit complètement dingue, accentuant le côté loufoque et irresponsable du film.

Le public d’étudiant qui a assisté à cette avant-première a adoré Moonwalkers. Les répliques font mouche, les acteurs sont parfaits, le comique de situation est élevé au rang d’art pour un résultat jubilatoire. On vous le conseille vivement.

Sortie en salle le 2 mars 2016. Et rendez-vous à la prochaine avant-première secrète, le 5 avril prochain !

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