Anselm Kiefer, les ruines poétiques et la mémoire retrouvée

Anselm Kiefer, les ruines poétiques et la mémoire retrouvée

Le Centre Pompidou organise jusqu’au 18 avril une rétrospective consacrée à l’artiste allemand Anselm Kiefer. Résumé poétique de l’exposition.

Quelques notes de pastel pour un paysage mélancolique où résonnent l’Histoire allemande et l’histoire intime d’Anselm Kiefer : le centre Pompidou propose aux spectateurs avides de poésie et de ruines, une rétrospective intimiste de cet artiste, torturé par ce passé que la mémoire collective allemande cherche à effacer ou, du moins, à oublier.

Entre deux tableaux, le spectateur aperçoit un bras en l’air – un salut hitlérien, des livres brûlés et des paysages désolés. C’est ainsi que, muni de sa palette ailée, Kiefer fait resurgir les souvenirs douloureux de l’époque de l’Allemagne nazie. Son pinceau trace les contours d’une Histoire qui s’oublie, l’histoire d’un peuple qui veut oublier. Endossant la responsabilité, l’artiste tente de réveiller les consciences, de secouer cette amnésie allemande et de rendre encore visibles les ruines, qu’a laissé derrière elle l’idéologie nazie. Dans des vitrines en verre, les références germaniques et juives s’entremêlent : ce sont des cabinets de curiosité où Kiefer couvre de cendres certains symboles, débris du passé. Une poésie se dégage de cette pièce de « L’Alchimie du verre » et, si vous réussissez à éviter le crocodile, votre parcours poétique se poursuivra avec Baudelaire, Paul Célan ou encore la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann, références nécessaires pour comprendre le travail et l’histoire de Kiefer.
L’art, aussi salvateur que destructeur, permet ici à la fois de se rappeler l’Histoire et de faire son deuil.

Informations pratiques :
• Jusqu’au 18 avril 2016 – nocturne jusqu’à 23h les jeudis soirs
• 14 euros pour le tarif normal & 11 euros pour le tarif réduit

Texte de Luce Cocquerelle-Giorgi

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