Un nouveau blocus ce matin au centre Pierre Mendès-France

Un nouveau blocus ce matin au centre Pierre Mendès-France

L’avant projet de loi sur la réforme du Code du travail est au cœur de l’actualité politique française ces derniers temps. De nombreuses organisations étudiantes, telles que l’UNEF, mènent la résistance et réclament le retrait de la « Loi Travail ». Rappelons-le, les opposants à cette loi estiment qu’elle pourrait menacer les droits des travailleurs et des salariés, au profit des employeurs. Depuis le 9 mars, Paris 1 a connu diverses journées de mobilisation qui ont eu des répercussions sur la vie étudiante.

Entre les Assemblées Générales, les dénonciations de violences policières devant le centre PMF le jeudi 17 mars, les banderoles et affiches aux slogans engagés, la façade de l’université repeinte en rouge… Difficile d’être passé à côté des tags sur les murs de l’enceinte de l’établissement, au lendemain d’une nuit d’occupation du fameux amphi N, du 22 au 23 mars. Quelques dégradations ont également été signalées par la présidence ce même jour. Une présidence qui peine à établir un dialogue avec les étudiants… On se souvient par exemple du soir du 21 mars, lorsqu’à 17 heures, juste avant la tenue d’une AG, une fausse information a circulé à propos de la fermeture de la faculté, et a entraîné l’annulation de certains TD. Si cette annonce avait provoqué une agitation et des interrogations parmi les étudiants – qui parfois accusaient la présidence de vouloir empêcher la tenue de débats -, cette dernière s’était toutefois empressée de démentir la fermeture du centre PMF.

Hier soir, le Comité de Mobilisation a voté un nouveau blocus. L’UNEF a diffusé un message par mail ce matin vers 6 heures, signalant le vote du blocus mais indiquant également qu’à 16 voix contre le blocage et 33 pour, ce vote était loin d’être démocratique. De ce fait, l’UNEF a précisé se positionner contre le blocus de ce matin. Une large banderole a néanmoins été déployée sur la façade de la faculté, avec ces mots : « Contre la Loi Travail et son monde, Paris 1 reste debout ».

Cette fois-ci, le blocage du centre PMF a suscité de vives altercations entre les étudiants. De nombreuses personnes se pressaient dans le hall et la fosse de l’établissement, tandis que quelques étudiants prenaient alternativement la parole avec un mégaphone. Les tensions de ce matin tournaient essentiellement autour du débat démocratique : derrière le haut-parleur, un étudiant clamait son droit de choisir de suivre des cours et dénonçait une « hypocrisie » des AG : « On ne peut même pas faire une AG, avec le nombre de gens qui sont pour le blocus, c’est ridicule ! ». Ainsi, il remettait en question la légitimité de cette « minorité » à l’origine du blocus. Sans être forcément orientés politiquement, les étudiants étaient nombreux à s’indigner du blocage de l’université, nombre d’entre eux étaient ceux qui devaient passer des partiels ce matin. Devant les ascenseurs, le ton est monté plus d’une fois et certains ont tenté de forcer le passage, sans réel succès.

L’AG a débuté à 10h30 dans l’amphi N. Moins encombrés qu’aux AG précédentes, les rangs de l’amphithéâtre se sont soudain vidés à l’annonce de la levée du blocus quelques minutes après le lancement du débat. La tribune, peu avant, avait déploré le manque de discussion entre les étudiants et le phénomène de boycott des « débats démocratiques ». Plus d’un mois après le début de la mobilisation, une fatigue et une lassitude commencent à se faire sentir au sein de la communauté étudiante.

Ce n’est pas la première fois que les étudiants du Centre PMF se retrouvent bloqués au rez-de-chaussée un jeudi matin, un premier blocus ayant été mis en place le 24 mars dernier. En réaction à ce premier blocage, de nombreux étudiants s’étaient indignés de ne pas pouvoir assister à leur cours, pour divers motifs. L’approche des partiels inquiétait certains, tandis que d’autres avaient le sentiment d’être forcés par les organisateurs du blocus à assister à l’AG qui devait avoir lieu ce matin-là… L’UNI s’était alors prononcée contre le blocage et défendait le droit d’accéder aux cours.

En cette journée riche en débats animés, tentons de rester positifs. Une étudiante a ainsi déclaré : « L’avantage du blocus, c’est que les toilettes sont propres»

 

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