Brexit : Le Royaume-Uni quitte l’Union

Brexit : Le Royaume-Uni quitte l’Union

Le référendum britannique sur la sortie du pays de l’Union européenne s’est tenu hier et les votants ont choisi à 52% des suffrages de quitter l’Union. Ce vote représente un changement majeur dans le paysage politique européen dont les implications sont difficiles à saisir tant elles sont nombreuses. Il s’agit certainement d’un événement qui, dans quelques années, sera vu comme historique, mais pour le moment il est trop tôt pour savoir s’il signifie la fin pour l’Union européenne ou un renouveau par mutation forcée. 

David Cameron s’était fait élire en 2013 sur l’idée qu’il organiserait un référendum sur la question. En février s’appuyant sur la menace de la sortie du Royaume-Uni le Premier ministre britannique avait négocié avec l’Union européenne une marge de manœuvre plus importante pour son pays. Il a ensuite milité pour le vote en faveur du maintien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a joué et qu’il a perdu. Ce matin, il annonçait sa démission avant le mois d’octobre.

Un Brexit prévisible ?

Après ces accords la crainte d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne semblait être éloignée. Le sujet était relativement absent dans l’espace médiatique et politique, hormis quelques mentions sur des sondages qui semblaient de plus en plus indiquer une victoire de la sortie. Il faut dire que les manifestations contre la loi Travail et l’Euro de football ont occupé les esprits ces dernières semaines. Aujourd’hui médias, politiques, et centres financiers agissent comme des poules sans tête. Le cours de la livre s’est effondré, des déclarations et des demandes de référendum fusent en tout sens. Dans les médias on tente de déterminer quelles vont être les conséquences au risque de se lancer dans de la politique-fiction, tout en affirmant pour beaucoup que c’est une catastrophe.

Ce qui est certain c’est que l’Union européenne telle que nous l’avons connue n’existe plus. Si la sortie du Royaume-Uni a été votée, elle est encore loin d’être actée. Une demande doit être déposée par le gouvernement britannique, un gouvernement qui va être amené à changer avec la démission de David Cameron. Beaucoup de changements sont donc à venir.

Sortie du Royaume-Uni, quel impact sur l’UE ?

Le départ britannique représente une perte de 10% de son budget et de 12% de sa population pour l’Union européenne. Si on prend ces chiffres il s’agit d’une perte tout sauf négligeable. Elle implique une diminution importante du budget de l’Union européenne, mais aussi un changement dans la représentation au Parlement européen. Le nombre de députés par pays est proportionnel à sa population. Le Royaume-Uni détient actuellement 73 sièges qui devront être redistribués. La représentation des “petits” pays européens pourrait s’en trouver renforcé, car des pays comme la France ou l’Allemagne sont limités par un plafond maximal de 96 sièges.

D’autre part le Royaume-Uni n’a jamais fait partie de la zone euro. Les implications sur le plan économique sont donc très complexes, mais la principale question qui se pose est celle du statut du Royaume-Uni : union douanière avec l’UE, accords bilatéraux… Elle est essentielle aussi bien pour l’Union européenne que pour le pays. Une position avantageuse pour le Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE pourrait inciter d’autres pays à suivre le mouvement d’après certains analystes.

La circulation au sein de l’Union européenne sera également plus compliquée, aussi bien pour les Britanniques que pour ceux qui souhaiteront se rendre au Royaume-Uni. Point certainement mineur, mais qui illustre bien ce vote, plusieurs produits britanniques perdront leur appellation européenne. Surtout le Brexit annonce aussi la perte de 3,8 milliards d’euros de subventions européennes pour l’agriculture et 1,2 milliard pour la recherche scientifique. D’après les partisans il ne s’agit pas d’une perte puisque le Royaume-Uni contribuait à hauteur de 11,3 milliards d’euro au budget européen. Cependant l’impact sur les économies britanniques et européennes est difficilement mesurable globalement tant il y a de paramètres à prendre en compte. Ce qui est certain c’est que sur le long terme on ne peut avoir de certitude.

Le processus qui va se mettre en place pour acter le départ du Royaume-Uni sera long et annonce des modifications qui s’étaleront sur plusieurs années. Les changements prendront, pour la plupart, du temps à se mettre en place et ne se ressentiront pas forcément immédiatement dans notre vie quotidienne. Cependant vos prochains voyages vers Londres seront peut-être un peu plus compliqués.

Crédit photo : Jeff Djevdet / Flickr