Michel Rocard, l’autre rose

Michel Rocard, l’autre rose

Il est de ceux qui n’avaient pas le droit de s’en aller. Pas si tôt, et sûrement pas au moment où ses idées et son rayonnement intellectuel auraient pu continuer encore longtemps à alimenter le moteur à idées d’une gauche française parfois en panne d’inspiration.

À 85 ans, Michel Rocard s’est éteint. On parle désormais de Jacques Delors comme « celui qui n’avait pas voulu être roi ». L’ancien Premier ministre aurait mérité pareil qualificatif. Non pas qu’il n’a jamais essayé – ou tenté d’essayer – d’être roi ; mais parce qu’une fois au pouvoir, seuls les résultats comptaient à ses yeux. Être roi pour être roi ne l’intéressait pas. Il y a la classe des gestionnaires, obnubilés par leur réélection, le statu quo et les changements mineurs ; et celle des réformistes, déterminés à faire changer les choses pour le meilleur et pour l’intérêt général.

On résume souvent l’œuvre de Michel Rocard à son passage à Matignon. Relativement libre sur le plan de la politique intérieure – Mitterrand étant dès le début de son second septennat plutôt concentré sur la situation à Berlin, la construction européenne et la fin de la Guerre froide –, l’un des disciples de Pierre Mendès-France a, il est vrai, fait des réformes aussi symboliques pour la gauche qu’importantes pour la France. Le revenu minimum d’insertion (RMI, désormais Revenu de Solidarité Active ou RSA), la Contribution Sociale Généralisée (CSG), le rétablissement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) ou encore les accords de Matignon, négociés de main de maître et qui actèrent la fin du conflit violent en Nouvelle-Calédonie.

Malgré l’importance de ces réformes, le père du « parler vrai » représente, pour la gauche française mais également pour l’ensemble de la classe politique hexagonale, bien plus.

Les convictions comme moteur de l’engagement

Les convictions ont toujours été le moteur de l’engagement du jeune homme politique puis de l’Homme d’Etat. C’est lui qui eut le courage de faire un rapport sur la déportation de près d’un million d’algériens, tout juste sorti de l’ENA et envoyé en Algérie.

La guerre d’Algérie est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé Rocard à quitter la SFIO, qui deviendra plus tard le PS. Choqué de voir la gauche au pouvoir s’en remettre à la répression, à la violence, et aux inhumanités en Algérie, Rocard quitte le parti. Guy Mollet, alors président du Conseil, y est pour beaucoup.

En plus d’être à l’origine de la violence en Algérie – lui-même ne parlait pas de guerre d’indépendance mais de conflit de « sous administration » -, Mollet est en effet aussi celui qui s’est rendu à Colombey-les-Deux-Eglises en 1958 pour chercher le général de Gaulle en pleine crise institutionnelle. Ce qui apparaît rapidement comme un coup d’Etat, de fait cautionné par la gauche de gouvernement, finit par convaincre Rocard que la SFIO n’est pas – encore – faite pour lui.

Après avoir adhéré au Parti Socialiste Autonome (PSA), il rejoint les rangs du Parti Socialiste Unifié (PSU), regroupement du PSA et de plusieurs petits groupes politiques de gauche. Très vite, le PSU s’affirme comme un parti dénonçant l’enlisement en Algérie, mais portant également une vision atypique de la société pour la gauche française de l’époque. Il finira par rejoindre de nouveau Parti Socialiste en 1974 pour faire changer les choses.

Les convictions et les prémices de ce qu’on appellera rapidement la « deuxième gauche » sont là : la détermination à mieux gérer la décolonisation, devenue une nécessité, après les déboires en Indochine puis en Algérie ; la volonté de mettre fin à la rhétorique révolutionnaire traditionnelle de la gauche, en acceptant l’économie de marché tout en la réformant ; et enfin la conviction que la gauche doit être moins centralisatrice dans sa manière de gouverner et de concevoir la société.

L’alternative prend forme. Une fois au pouvoir, la décentralisation est mise en place par la gauche, notamment car en coulisses Rocard l’appuie et la dessine. Sa manière de négocier les accords de Matignon est aussi symptomatique de sa volonté de discuter, d’impliquer toutes les parties, de leur rendre leur importance, et d’éviter la violence – à laquelle Jacques Chirac avait succombé en Nouvelle-Calédonie.

Les convictions, Rocard les place devant sa carrière. Il démissionne en 1985 du Ministère de l’Agriculture suite à la décision de François Mitterrand d’instaurer la proportionnelle intégrale pour les législatives afin d’atténuer la victoire programmée de la droite. Une décision qui permit au Front National de compter 35 députés suite aux élections de 1986.

« Rêveur réaliste » : ses pistes pour le futur de la France

François Hollande parle de Michel Rocard comme d’un « rêveur réaliste ». Ces qualificatifs lui correspondent plutôt bien. Rocard rêve d’une société nouvelle, de pragmatisme, de dialogue, de fête ; mais il est conscient que la transition, si un jour elle a lieu, prendra « des décennies ».

Michel Rocard était plus qu’un homme politique, car il ne portait pas un programme mais un projet ; il ne pensait pas à court terme mais avait une vision sur plusieurs années. On peut le qualifier d’intellectuel, de penseur, de la France mais aussi de l’Europe, du monde, de ses évolutions ; certainement pas de technocrate. C’est en cela qu’il demeurera aux yeux de beaucoup un esprit brillant, compétent mais chaud, intelligent mais simple.

Ses pistes de réflexion sont multiples et bien loin de ce qu’on lui attribue de plus en plus souvent. Plusieurs mots clés ressortent de ses derniers écrits : l’humain, l’éthique, les règles, la morale. Il condamne le « Dieu marchandise », refuse d’abdiquer face aux dérives de la finance spéculative et bancaire, et pense le monde non pas en chiffres mais en termes de relations interpersonnelles.

Rocard défend une certaine vision de la puissance publique, mise de côté par le monétarisme, qu’il n’aura cessé de dénoncer jusqu’à ce que sa main ne puisse plus tenir la plume. Ses cibles préférées sont les excès des banques, de la finance, des actionnaires et de leur rémunération, de la spéculation, du court termisme économique, politique, et médiatique, qui empêche de penser. Et donc de bien agir.

« Régulation » est aussi un terme qui revient souvent, car tous les excès sont le fruit d’une impuissance programmée du politique. Sous l’influence du monétarisme, des lobbies bancaires et financiers, les barrières ont disparu les unes après les autres, laissant les hommes agir au gré de leurs péchés, et notamment de celui qu’il détestait le plus : ce qu’il qualifiait d’ « appât du gain », cette volonté de gagner toujours plus d’argent au détriment des autres. « Les rapports des hommes entre eux sont aujourd’hui dangereusement déterminés par l’argent et l’absence de toute règle en déterminant les limites et finalités. » Comment lui donner tort ?

Il est l’un des seuls hommes de gauche à réellement défendre un projet pour mettre fin à la « niche écologique ». Ambassadeur des pôles, engagé depuis longtemps dans la lutte contre le changement climatique, c’est avec aisance et précision qu’il expliquait ses craintes et ses solutions. C’était à ses yeux probablement l’un des plus grands défis de notre ère.

Michel Rocard avait l’art de vouloir tout repenser. L’enseignement de l’économie était selon lui trop mathématisé, en apparence trop certain malgré toutes ses erreurs. Surtout, l’économie ne suffit pas et doit être complétée par d’autres disciplines issues des sciences sociales. C’est selon lui la « faillite d’une science humaine qui s’est rêvée comme science dure. »

La vision du travail devait elle aussi être revisitée. Persuadé que l’augmentation incroyable de la productivité et la robotisation conduiront bientôt à une société de travailleurs sans travail, Rocard militait depuis longtemps pour une réduction concertée du temps de travail. D’une part pour aider tout le monde à avoir un emploi à plein temps ; mais aussi pour revaloriser ce qu’il appelle le « temps de vivre », celui qui permettrait à chacun d’entre nous de se trouver, de faire du sport, de lire, de s’occuper de nos enfants, de prendre soin de nous, d’être en meilleure santé. « La priorité, c’est de travailler mieux, ce qui implique de travailler moins. »

L’un des combats les plus importants de l’ancien Premier Ministre de la France était enfin, à n’en pas douter, les inégalités. Son dernier livre se termine par une énième dénonciation, un ultime cri du cœur. Cette injustice sociale, ces inégalités devenues insoutenables, moralement et économiquement, fragmentent à ses yeux la cohésion sociale de nos sociétés. Peu d’hommes politiques portent aujourd’hui un discours aussi audible et vrai.

Décider ensemble

Décider n’est pas simple, mais ne doit pas être un acte solitaire. Rocard n’hésitait pas à dénoncer la perte progressive de pouvoir de décision des salariés au sein des entreprises, au profit des détenteurs de capitaux. Une évolution qui n’est pas sans lien avec la baisse continuelle de la part des salaires dans la valeur ajoutée.

Le rocardisme, ce n’est pas qu’un agrégat d’accomplissements ou d’idées. C’est surtout une méthode. Une manière de faire qui se distingue de celle de la gauche jacobine, centralisatrice, pour qui la loi – ou le décret – est l’outil privilégié. Pour Rocard, il faut dialoguer, se concerter, trouver le compromis, sans tomber dans l’immobilisme. C’est ce qu’il a fait pour la Nouvelle-Calédonie ; c’est ce qu’il souhaitait faire pour la réduction du temps de travail, et ainsi éviter une loi ne prenant pas en compte les spécificités des activités.

Cette méthode, Rocard aurait voulu l’appliquer à l’échelle internationale, dans une approche supranationale. Il critiquait en substance le « virus de la souveraineté », ce culte d’une notion rattachée à une échelle devenue obsolète, celle de l’Etat, jamais vraiment remise en cause depuis les traités de Westphalie en 1648.

L’ampleur des enjeux implique selon lui du supranational, sans quoi les évolutions souhaitées en terme de régulation financière ou de changement climatique n’auront jamais lieu. Sa vision impliquait deux choses : redonner des prérogatives à l’échelle locale, tout en renforçant l’échelle internationale. C’est en ce sens qu’il souhaitait une réforme de l’ONU, bloqué par un Conseil de Sécurité n’étant plus représentatif des réalités géopolitiques d’aujourd’hui et le droit de veto des membres permanents de ce Conseil.

C’est pour cela que ce qui caractérise le rocardisme, c’est aussi la fibre européenne. Né en 1930, Rocard sait que c’est l’Europe qui a permis la paix, et que c’est seulement unie qu’elle pourra affronter les défis de demain. Aller vers plus d’intégration, parvenir à mettre en place une vraie diplomatie européenne tout en démocratisant l’Europe sont autant de souhaits qu’il n’aura pu voir se réaliser de ses propres yeux. Mais dont il aura indéniablement posé les jalons.

Ne pas se résigner, décider ensemble, c’est aussi pour lui aller vers un monde pacifique, libéré des armes nucléaires. Militant depuis de nombreuses années pour un désarmement mondial, il n’aura jamais été écouté sur ce point. Mais quel visionnaire peut se targuer de l’avoir été de son vivant ?

Un OVNI politique respecté de toute part

On le voit, Michel Rocard ne se limitait pas à penser l’instant présent. Il voyait loin, portait un projet, bien loin de l’image parfois très « technocratique » – sûrement fruit de sa grande compétence dans beaucoup de domaines – qu’on lui a attribué. Il pensait l’économie, mais aussi l’Homme, la nature, la France, l’Europe et le monde. Il luttait de toutes ses forces contre le pessimisme ambiant des français, qui ne réalisent pas selon lui les atouts et les richesses de leur pays.

L’homme politique a surtout su collaborer avec de nombreuses personnes issues d’autres courants politiques, parmi lesquels Nicolas Sarkozy et surtout Alain Juppé. Le sectarisme politique ne l’a jamais atteint ; le goût pour les coups bas politiques non plus. Ouvert d’esprit certes, mais aussi conscient de son identité. Il savait reconnaître l’intelligence, la compétence et parfois les bonnes idées de ses adversaires politiques, sans aller jusqu’à oublier les raisons de son combat et ce qui les distinguait.

Intellectuel, écrivain, bon orateur, Michel Rocard était de la trempe des hommes politiques de l’ancien temps. Ceux qui pensent, réfléchissent à autre chose que leur propre avenir, ceux qui construisent, ceux qui parlent vrai à défaut d’être toujours écoutés. Sans mentir, sans se renier, il aura su avancer, jusqu’à la dernière marche.

Michel Rocard fait indéniablement partie des hommes de gauche qui auraient pu voire dû accéder à la Présidence de la République. Jacques Delors ou Lionel Jospin sont bien placés à ses côtés. Sans les manœuvres politiques de Mitterrand, qui en 1994 envoya Bernard Tapie pour volontairement faire perdre Rocard, alors Premier Secrétaire du PS, aux élections européennes, son destin aurait pu être différent.

Après tout, avait-il besoin de ça ? Rocard aimait répéter que l’on faisait plus à Matignon qu’à l’Elysée – « Mieux que Président, Premier Ministre » était le titre d’un des chapitres de l’un de ses derniers ouvrages. La France aurait certainement bénéficié de son aura, son charisme, sa droiture et sa vision des choses. Moins politicien, moins tacticien, moins communicant. Rien ne dit qu’il aurait été élu s’il s’était présenté en 1995 ; rien ne dit par ailleurs que tout se serait bien passé. Ne se serait-il pas perdu un peu lui-même, tout là haut ? On ne réécrit pas l’Histoire. Mais il peut se dire, en paix, qu’après tout cette vie fut belle.

Le qualifier d’OVNI politique est presque un euphémisme au regard de ses relations avec l’ensemble de la classe politique française. C’est simple : Michel Rocard est apprécié par tout le monde. La droite le respecte ; la gauche l’adule ; même une partie de l’extrême droite lui a rendu hommage après son décès. Qui peut se vanter d’être regretté par l’ensemble de la droite, de la gauche… et de Marine Le Pen ?

Les mêmes mots ressortent de tous ces hommages : Homme d’Etat, réformateur, éthique, ouverture d’esprit, intelligence, convictions.

L’avenir de la gauche se joue maintenant

La gauche française le regrettera, jusqu’au prochain. Elle regrettera sûrement son égarement, son manque de repères dans une époque où, comme Rocard l’a récemment rappelé, « le risque de la fin du PS existe. »

Pour être digne de son héritage, encore faut-il le comprendre et l’épouser. Le rocardisme demeure – volontairement ou non – mal compris ou déformé. Tout le monde à gauche semble vouloir se définir comme rocardien, tentative d’appropriation gênante à l’heure du recueillement.

Dialogue, justice sociale, incitation et non interdiction, souci de l’autre, européen, écologiste, décentralisateur, régulateur… Le rocardisme est une manière de voir et de faire les choses. C’est surtout des convictions, une droiture, un courant de pensée qui a permis à la gauche de se réconcilier avec l’économie de marché et l’entreprise, qui sans être non plus adulée a au moins cessé d’être diabolisée et de constamment pâtir des politiques économiques de gauche.

C’est justement là où la controverse est grande. Le rocardisme n’est en aucun cas, comme certains tentent de le faire croire, le social-libéralisme – ses écrits et ses actes sont là pour en témoigner. Ce n’est en aucun cas l’acceptation des excès, des déboires et des injustices de l’économie de marché.

C’est avant tout un courant ayant émancipé la gauche de ses chimères révolutionnaires et marxistes, qui menaient à une impasse. C’est un courant qui pour la première fois osa hausser le ton et dire qu’il fallait accepter la mondialisation et l’économie de marché, mais en aucun cas ses injustices, son appétit insatiable pour la dérégulation à outrance et l’affaiblissement de la puissance publique, la glorification de l’argent, la perte toujours plus importante de la part d’humain dans nos relations avec les autres, ce prisme de l’argent qui a fini par tous nous persuader que nous n’étions plus que des consommateurs et non plus des acteurs. « Nous sommes devenus des grands consommateurs de spectacle du fait du capitalisme marchand : sans pratiquer, sans s’engager, sans faire. Passifs, oisifs, s’ennuyant. »

Le rocardisme est un rapport particulier avec le temps. Que cela soit le temps politique, que l’on ne peut pas concevoir comme du court terme, sous peine de manquer son rendez-vous avec l’Histoire ; mais aussi et surtout le temps de vivre.

« Dans la vie, il n’y a pas que le travail, il y a d’abord les relations interpersonnelles. Ne peut-on pas penser que nos vies de couples seraient meilleures si on avait plus de temps à leur consacrer ? Ne peut-on pas penser que la moitié voire les trois quarts de l’échec scolaire disparaitrait si les parents avaient davantage de temps pour s’occuper de leurs enfants ? »

Le rocardisme, c’est l’humain avant tout, c’est la volonté de ne pas abandonner ceux qui sont restés sur le bord de la route. C’est donner une seconde chance, c’est « retrouver la solidarité. » C’est cesser de parler d’assistés, car la solidarité n’est pas la charité, c’est un système dont tout le monde bénéficie. C’est penser collectif plutôt qu’individuel ; c’est faire plutôt que laisser croire que l’on fait ; c’est écouter plutôt que simplement entendre ; c’est être plutôt que paraître.

La gauche de gouvernement, si elle tombe dans le piège du social-libéralisme, finira dans une impasse que Rocard n’aura que trop craint. La gauche n’a, à ses yeux, pas le droit d’abdiquer face à la complexité et l’importance des défis de notre monde. Si les sociaux-démocrates abdiquent, il n’y a pour lui plus d’espoir.

On aimerait avoir plusieurs hommes et femmes politiques de sa trempe. Cette espèce d’être humain capable de penser le monde est aujourd’hui en voie de disparition. Au fond, il savait probablement qu’il avait raison sur beaucoup de sujets – même s’il admettait volontiers ne pas être expert en tout, loin de là – et qu’il était en avance sur certaines thématiques.

Néanmoins, il n’aura jamais cessé d’être humble. Il aura toujours su conseiller avec modestie ; il savait devancer son temps mais ne s’est jamais senti supérieur. Plus lucide, tout au plus. Il a été parmi ceux qui ont réussi à réconcilier la gauche avec l’exercice du pouvoir, pour faire bouger les choses. Le pouvoir pour le pouvoir, jamais.

Il faudrait le laisser conclure lui-même, comme il le fit pour terminer son dernier ouvrage : « Il faut une pensée globale de la société des hommes, et de leurs identités et de leur dignité. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible d’intégrer à nos savoirs, et à nos règles, ce que nous oublions tant désormais : le sort des générations futures. »

Ce souci du temps long, cet amour de la pensée pour l’action, on les retrouve jusque dans ses dernières lignes. Rien, même la maladie, ne l’a empêché de penser ; rien ne nous empêche aujourd’hui d’agir, à travers une œuvre collective et visionnaire. Finalement, faisons comme lui : vivons puis mourrons armés de nos convictions, sans regret.

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