Reprendre le contrôle de sa vie numérique, une utopie ?

Reprendre le contrôle de sa vie numérique, une utopie ?

Cet été Pokemon Go a provoqué une petite polémique, vite noyée par le succès du jeu, autour de l’accès aux données des utilisateurs (plus qu’intrusif) demandé par l’application. Vie privée et Internet, comment concilier les deux ? 

 

« Ne parle pas aux inconnus », cette recommandation vous l’avez sûrement entendue pendant votre enfance. Protéger sa vie privée semble être une évidence dans la vie courante. Pourtant, sur Internet, on a tendance à oublier la prudence la plus élémentaire. CGU (Conditions Générales d’Utilisation) acceptées sans être lues, comptes Facebook complètement ouverts, mots de passe évidents… Autant de comportements à éviter. Plusieurs applications et sites ont récemment pris des mesures permettant un meilleur contrôle de son identité numérique.

Un anonymat poussé à bout ?

En avril dernier l’application de messagerie instantanée Whatsapp est passée au chiffrement de bout à bout. Sans entrer dans les détails, cette nouvelle méthode de chiffrement des messages permet d’assurer leur confidentialité, puisque seul le destinataire peut les déchiffrer. Facebook expérimente également ce type de cryptage avec sa propre application, Messenger. Cette méthode implique aussi que les employés de Whatsapp ne peuvent pas lire vos messages. Du moins, en théorie.

Plusieurs tests comparatifs désignent l’application Telegram comme la plus sûre dans le domaine puisqu’elle double le chiffrement d’une destruction des messages une fois la conversation finie. Ce qui signifie pas de stockage pour un décryptage ultérieur. Si cette solution est une très bonne nouvelle pour la liberté numérique, Telegram est aussi très populaire chez les groupes terroristes.

De nouveaux outils chez Google et Facebook

Plus étonnant, le géant Google vous permet désormais d’avoir un regard sur les informations que vous lui transmettez via ses différentes applications (Youtube, Maps, Google play…). L’outil en question s’appelle Google activity et est disponible depuis l’été. La plateforme vous permet de voir quelles sont les dernières informations que vous avez transmises en utilisant les services proposés par Google. Vous pouvez ainsi gérer l’historique de vos positions enregistrées sur Maps, voire le désactiver (l’option est également directement disponible dans vos smartphones). Il est aussi possible de gérer  de la même façon l’historique de vos recherches Youtube.

L’idée à la base pour Google, c’est surtout de renforcer la manière dont vos informations sont liées à votre compte. Mais l’utilisation peut également se faire dans le sens inverse. Bien entendu la solution est loin d’être idéale puisqu’il ne s’agit que de la gestion d’un historique, le « mal » est donc déjà fait. Si vous souhaitez laisser moins de traces sur la toile, des navigateurs alternatifs s’engagent à ne pas collecter d’informations sur vos recherches comme DuckDuckGo (qui a également d’autres avantages).

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La page d’accueil de Google Activity

Facebook aussi permet désormais de gérer ses préférences publicitaires. L’outil n’est pas extrêmement facile à trouver mais il existe (ici). Les publicités proposées sur Facebook sont ciblées en fonction des centres d’intérêt renseignés sur le profil. Il est donc possible de choisir pour lesquels une publicité pourra être proposée, mais également de choisir les annonceurs et de bloquer leurs publicités. Là encore, cet outil n’a pas été imaginé pour garantir à l’utilisateur un meilleur contrôle de sa vie numérique, mais surtout pour permettre aux annonceurs d’avoir une meilleure visibilité de l’audience qu’ils peuvent potentiellement toucher.

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L’outil de Facebook pour gérer ses préférences publicitaires

Si vous souhaitez aller plus loin n’hésitez pas à vous rendre sur le site YourOnlineChoices qui propose de l’aide et des informations autour de la gestion de la confidentialité de vos données sur Internet en rapport avec la publicité.

Et n’oubliez pas, sur Internet : « Quand c’est gratuit, c’est vous le produit » (enfin la plupart du temps).

Crédit image en tête : Pixabay