Une semaine à Paris, le week-end en province : quand les étudiants rentrent chez eux

Une semaine à Paris, le week-end en province : quand les étudiants rentrent chez eux

Aller au cinéma, regarder un bon film, sortir prendre un verre avec des amis ou juste se coucher plus tôt : quand le week-end pointe le bout de son nez, nombreuses sont les possibilités qui s’offrent au demi-million d’étudiants qui suivent des études supérieures dans la métropole du Grand Paris. Pourtant, le week-end de certains va commencer par des kilomètres de rails ou des nuages à perte de vue. Un passage obligé pour les étudiants provinciaux qui vont pouvoir rentrer chez eux pendant deux jours.

 

Ce vendredi, alors qu’elle range ses affaires après un cours de macroéconomie, Manon ne peut s’empêcher de sourire. « Ce soir, je serai chez moi », confie-t-elle, avec des yeux qui pétillent d’enthousiasme. Car Manon ne compte pas passer la soirée dans son petit studio du 18ème arrondissement : direction Gare de Lyon pour prendre le train jusqu’à Marseille, où ses parents et sa petite sœur l’attendent avec impatience. « En général, je rentre dès que je peux. Mais le prix des billets de train ou la masse de travail universitaire m’en empêchent souvent. Du coup, c’est toutes les cinq ou six semaines environ. »

Manon n’est pas la seule à osciller entre Paris et chez elle : dans une ville où près d’un habitant sur dix est étudiant, ce sont 57 000 jeunes qui viennent s’installer en Ile-de-France chaque année, et donc 57 000 potentiels voyageurs qui attendent le moment propice pour rentrer chez eux. Les moyens sont nombreux : si le train s’avère souvent assez cher, la SNCF propose des cartes de réductions valables un an, comme la carte Jeune pour les moins de 25 ans ou la carte « Week-end », qui garantit une baisse de 25% du prix des billets pour le détenteur de la carte et la personne qui l’accompagne, pour les allers-retours de plus de 200km du week-end. Cette carte est valable un an pour le prix de 75 euros. De même, avec les systèmes Ouibus ou Ouigo (train), il est possible de voyager à prix très intéressant. « Si on s’y prend à l’avance, on peut trouver des prix très avantageux. La dernière fois que je suis rentrée chez moi, j’en ai eu pour à peine 10 euros ! », se réjouit Juliette, étudiante à la Sorbonne et originaire de Lyon. Et nombreux sont les sites de réservation de billets d’avion qui présentent des prix avantageux ou des promotions pour les courts séjours.

Retrouver ses proches et la vie qu’on avait quittée pour mieux s’émanciper fait un bien fou, même pour une période assez restreinte. « Le simple fait de retrouver mon vieux lit me rend euphorique ! » confie Alexandre, qui vit à Paris depuis maintenant cinq ans. « Quand je rentre dans ma chambre, avec mes posters d’ados et mes affaires qui n’ont pas bougé… J’ai l’impression que je ne suis jamais parti. Quand je commence à ne plus supporter Paris, le simple fait de passer la porte de chez moi suffit à me requinquer ! ». Mais le jeune homme déplore le fait que malgré un emploi du temps universitaire d’une vingtaine d’heures à peine, la plupart de ses cours soient trop éparpillés pour lui permettre de partir tôt le vendredi et de profiter d’un gros week-end. L’idéal ? « Arriver à caler tous mes cours sur trois ou quatre jours pour me permettre de profiter d’un vrai week-end, et pas juste d’un samedi après-midi et d’un dimanche matin ».

Provincial d’un week-end ou parisien à l’année, faut-il vraiment choisir ?

La querelle légendaire entre Paris et province apparaît finalement assez dérisoire lorsque l’on sait que seulement un tiers des résidents se revendiquent parisiens de naissance ! Cet « amour vache » de meilleurs ennemis persiste, notamment sur les réseaux sociaux, comme sur Twitter.

N’en déplaise à François Mauriac, écrivain bordelais de naissance, qui se demandait si « Paris ne vaut que par ses provinciaux », comme une gigantesque mosaïque dont les différentes couleurs finissent par former un dessin à la fois hétéroclite et homogène.

Chaque étudiant semble avoir sa propre pierre à apporter à l’édifice dans une capitale dynamique. La fin de semaine laisse place à de nombreuses activités, ce qui ravit Caroline, étudiante en Langues Etrangères Appliqués, qui vivait encore dans la Drôme il y a deux ans : « Il y a toujours quelque chose à faire à Paris. Un spectacle, un concert, un ciné… C’est tellement plus vivant que chez moi ! ». Paris, une sorte de petit rêve américain « à la française », où il fait si bon vivre que certains sont prêts à laisser tomber leur vie d’avant. C’est le cas de Jonathan, étudiant en Information-Communication, pour qui venir étudier dans la capitale apparaissait comme la suite logique de ses études. « Après Lons dans les Pyrénées-Atlantiques et Montpellier, j’ai choisi de venir m’installer sur Paris pour l’ensemble des opportunités qui sont offertes aux étudiants, que ce soit pour les stages, le travail, les rencontres ou les sorties culturelles », explique le jeune homme avant d’ajouter : « En raison du prix des billets et du fait que je m’ennuie bien souvent là- bas, je ne rentre quasiment jamais ».

Et pourtant, ces dernières années, plus d’un million de franciliens ont quitté Paris pour la province, et pas seulement pour un week-end !

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