XTERRA, un triathlète étudiant à Hawaï

XTERRA, un triathlète étudiant à Hawaï

Destination de rêve pour une médaille. Maui (île de l’archipel d’Hawaï) a accueilli le XTERRA, compétition encore peu connue où plus de 800 triathlètes ont tenté de repousser leurs limites. Rencontre avec Maxence Lejeune, un jeune étudiant qui a fait le voyage.

Quelle a été ta première impression quand tu as su que tu étais qualifié pour ces Championnats du monde Xterra ?

J’étais content mais je ne voulais pas forcément y aller tout de suite. C’est un gros budget, il fallait que je le finance moi-même. Mais avec le temps, je me suis dit que c’est une occasion unique, donc vas-y.

Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Ça représente beaucoup de sacrifices parce que ça fait longtemps que je fais du triathlon. Ça fait 10 ans que je m’entraîne quasiment tous les jours. C’est comme une petite consécration.

Qu’est-ce que le Xterra ?

C’est un triathlon nature. Contrairement au triathlon classique où c’est sur route, il s’agit d’une compétition avec du VTT et du trail. Il y a 1,5 km de natation, entre 32 et 40 km de VTT avec beaucoup de dénivelé et un trail de 10km.

Peux-tu nous raconter ta course ?

C’était une course assez difficile à cause des vagues. Le VTT a aussi été compliqué avec des parties vraiment très boueuses comme pour le trail. J’ai chuté et j’ai eu un problème technique ce qui m’a fait perdre du temps. Mais je n’ai pas abandonné.

Peux-tu nous parler de l’ambiance qu’il y avait pendant la course ?

Avant la course, il y avait plutôt une bonne ambiance. Tout le monde était content d’être là. Mais l’esprit de compétition a repris le dessus, notamment lorsque l’on a vu que la mer était très agitée.

Tu finis 6ème junior et 86ème sur 500 triathlètes amateurs. Es-tu satisfait de ce résultat ?

Avec le recul, je suis satisfait du résultat. Satisfait parce qu’avec tous les problèmes que j’ai eus j’ai quand même réussi à finir. J’étais venu pour faire mieux donc il y a forcément un peu de déception.

Ta performance est-elle le reflet de tous les efforts de ces dernières années ?

Je ne pense pas, surtout par rapport à ces derniers mois où je m’étais pas mal investi. Je me suis entraîné une vingtaine d’heures par semaine pour pouvoir faire quelque chose à Maui. Et la compétition ne s’est pas passée comme j’aurais voulu.

Il faut dire que combiner études, travail et compétitions n’est pas toujours facile. Comment fais-tu pour faire coïncider ces trois éléments ?

Ce n’est vraiment pas facile. Cela demande pas mal d’organisation. Pendant ma préparation, je m’entraînais plus de 20 heures par semaine. Je commençais très tôt et je finissais assez tard. D’ailleurs, je suis parti alors que j’avais cours et que je travaillais. Tout le monde a été conciliant. Cela demande pas mal de sacrifices, de concessions. Mais le triathlon reste un plaisir. Il faut juste s’organiser pour suivre ses études et aller en compétition.

En tant que jeune étudiant, comment as-tu fait pour financer ton projet ?

J’ai fait une cagnotte en ligne sur un site de crowdfunding. Je n’étais pas trop partant au début parce que demander de l’argent à des personnes pour un projet personnel je ne trouve pas ça très glorieux. Mais on m’a poussé à le faire et ça a bien marché. J’étais plutôt surpris d’avoir autant d’argent. C’est vraiment grâce à la générosité des gens que j’ai pu partir.

Aurais-tu un mot à dire à tous ceux qui pensent qu’être sportif est facile ?

Le triathlon c’est un sport où il y a très peu de médiatisation. C’est assez dur de gagner sa vie. On donne plus que l’on ne reçoit, même pour un champion. C’est pourquoi c’est important d’avoir des aides financières et matérielles parce que tout seul on ne s’en sort pas. Il y a beaucoup de sacrifices que certains ne voient pas.

Et un conseil pour tous ceux qui se lancent ?

De prendre du plaisir, de faire ce qu’ils aiment sans se mettre de pression tout en se fixant des objectifs pour pouvoir progresser et avancer.

Qu’en est-il de la place de l’argent dans le triathlon ?

Le triathlon c’est un sport-business. On doit débourser une somme conséquente pour pouvoir pratiquer notre sport. C’est un sport qui est devenu élitiste, il y a peu de triathlètes qui en vivent. C’est pour cela que l’on a besoin d’avoir des aides surtout quand on est jeune. On a vraiment besoin d’être soutenu. Mais il n’y a pas une mentalité où l’argent est roi, car on donne tous pour pouvoir pratiquer notre sport. Et on a très peu de chance d’être riche grâce au triathlon, on le sait tous.

Cette compétition est-elle une expérience enrichissante ?

C’était une expérience très enrichissante. J’ai appris pas mal de choses. J’ai fait beaucoup de rencontres. J’ai engrangé pas mal d’expérience. Ça m’a permis également d’apprendre sur moi. Ça m’a montré que j’étais capable de ne pas lâcher, de me battre jusqu’au bout.

Trois mots pour qualifier ta compétition ?

Ténacité. Sacrifices. Plaisir.

Y retourner l’année prochaine, c’est ton objectif en 2017 ?

J’ai d’autres objectifs, j’aime bien changer tous les ans. Après j’aimerais y retourner mais pas tout de suite. Il faut que je me laisse le temps de me préparer.

Crédit photo : Jesse Peters 

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