Primaire de la droite, Turquie et francophonie… La semaine en bref #20

Primaire de la droite, Turquie et francophonie… La semaine en bref #20

PRIMAIRE DE LA DROITE : Fillon et Juppé au second tour

Dimanche dernier se tenait le premier tour de la primaire de la droite et du centre. Et contre toute attente, François Fillon a raflé la majorité des votes avec 44,2% des voix, contre 28,4 % pour Alain Juppé. Ce résultat surprise a défié toutes les attentes : le candidat Juppé était alors plutôt favori des sondages, qui attendaient un combat Juppé – Sarkozy au second tour.

Cette primaire de la droite ouverte à tous a également connu une seconde surprise : un sursaut de mobilisation. En effet, selon Harris Interactive, qui réalise des enquêtes pour LCP et Public Sénat, les sympathisants de gauche ont représenté 14% des votants. Et parmi eux, 73% se sont déplacés pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. Le prochain vote se tient ce dimanche 27 novembre. Il est de nouveau ouvert à tous à condition d’être inscrit sur les listes électorales. La participation coûte 2 €.

TURQUIE : Retrait du projet de loi sur l’annulation de condamnation pour agression sexuelle sur mineur en cas de mariage 

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a annoncé, mardi 22 novembre, le recul du gouvernement sur le projet de loi visant à dépénaliser les agressions sexuelles sur mineur s’il y a mariage entre la victime et son agresseur. Le gouvernement d’Erdogan prévoyait d’annuler les peines de crimes sexuelles (sauf en cas de viol) sur des individus non majeurs, si le crime a été perpétré avant mi-novembre 2016 et si l’accusé épouse le mineur. Le projet de loi devait concerner uniquement les couples issus d’un mariage précoce. Il a suscité, cependant, de vives critiques de la part de nombreuses femmes turques. Elles ont manifesté leur mécontentement dans les rues le week-end dernier. L’opposition politique turque et plusieurs ONG, notamment des associations de protection de l’enfance, ont également protesté. C’est en réponse à ces mobilisations que le gouvernement turc a suspendu le débat.

TURQUIE : le Parlement européen gèle les négociations d’adhésion à l’UE. Erdogan riposte…

Ce jeudi 24 novembre, le Parlement européen a demandé le gel des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Cette résolution votée à Strasbourg a obtenu 479 voix pour (et 37 voix contre). En cause : le durcissement du régime de Recep Tayyip Erdogan. Le Parlement européen qualifie de « disproportionnée » la répression à la tentative de coup d’État de juillet dernier. Les négociations pour l’entrée du pays dans l’Union Européenne avaient commencé en 2005, mais selon la résolution européenne “Les mesures répressives prises par le gouvernement turc (…) attentent aux droits et libertés fondamentaux consacrés dans la Constitution turque, portent atteinte aux valeurs démocratiques fondamentales de l’Union européenne“, estime le Parlement européen dans la résolution.

Le lendemain, Erdogan a menacé ouvertement l’Europe de laisser passer les migrants et de rétablir la peine de mort, si elle allait plus loin. “Lorsque 50 000 migrants se sont amassés au poste-frontière de Kapikule, vous avez crié à l’aide, a lancé le chef d’État lors d’un discours à Istanbul. Vous avez commencé à vous demander : ‘Que ferons-nous si la Turquie ouvre ses frontières ?’. Écoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s’ouvriront, mettez-vous ça dans la tête !” En effet, depuis mars dernier, l’Union Européenne a signé un accord avec Ankara pour qu’elle freine le flux de milliers de réfugiés qui cherchent à atteindre l’Europe par les frontières turques, en échange d’une aide financière et d’un laisser-passer pour les citoyens turcs qui veulent se rendre dans l’Union Européenne.

IRAK : La ville de Mossoul isolée par l’armée irakienne  

Depuis le mercredi 23 novembre, les troupes irakiennes ont encerclé les combattants de l’État islamique dans la deuxième ville du pays. L’armée a récupéré 40% de l’est de Mossoul et à l’ouest de la ville, les soldats ont occupé la route qui relie Tal Afar et à Sinjar. Ils ont donc privé les djihadistes de l’axe qui reliait Mossoul à la capitale Raqqa. Cependant, ces derniers continuent de perpétrer des attentats avec des voitures piégées, attentats-suicides et des explosifs. L’ONU, qui avait demandé 284 millions de dollars pour résoudre l’urgence humanitaire à laquelle fait face Mossoul, n’a récolté que deux tiers de la somme prévue.

PRÉSIDENTIELLES AMÉRICAINES: Hillary Clinton a 2 millions de voix de plus que Trump

En termes de vote populaire, Hillary Clinton a remporté 2 millions de voix de plus que Donald Trump. Mais cela ne change rien à l’élection de ce dernier, au poste de 45ème président des États-Unis d’Amérique. Seul compte le nombre de voix des « grands électeurs ». Et le 8 novembre dernier, jour de l’élection, le candidat républicain a recueilli les votes de 290 grands électeurs, contre 232 pour la candidate démocrate. Il fallait que l’un ou l’autre des deux candidats dépasse le nombre pivot de 270 grands électeurs, pour que sa victoire soit assurée. Dans les détails, Hillary Clinton a obtenu 64 227 373 voix contre 62 212 752 pour Donald Trump. Mais ce n’est pas la première fois qu’un candidat à la présidentielle perd l’élection alors qu’il a plus de voix populaires : en 2000, ce fut le cas d’Al Gore, candidat démocrate lui aussi, qui a perdu face à George W. Bush.

FRANCE : Nouvelle baisse du chômage en octobre 

Ce jeudi, le ministère du Travail a publié de nouveaux chiffres du chômage dans lesquels on peut constater une baisse de chômeurs de catégorie A de 0,3%, soit 11 700 personnes qui n’avait aucune activité ont retrouvé du travail. En tout selon Le Monde, c’est 101 300 individus qui ne sont plus chômeurs sans aucune activité depuis le début de l’année 2016. Cette baisse du chômage est interprétée comme une aubaine pour le président pour annoncer sa candidature aux primaires du parti socialiste.

BIRMANIE : l’ONU dénonce un « nettoyage ethnique » contre les Rohingyas

Ces mots viennent de John McKissick représentant de l’ONU au Bangladesh, pays qui voit de plus en plus de Rohingyas venir se réfugier pour fuir les exactions birmanes. Les Rohingyas sont une minorité musulmane en Birmanie. L’annonce faite sur les ondes de la BBC a eu l’effet d’un coup de projecteur sur les persécutions qui sont commises contre cette minorité depuis des années. Paradoxalement, c’est le Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, qui dirige le pays depuis avril 2016. De son côté, le Bangladesh est très réticent à déclarer officiellement ses frontières ouvertes aux Rohingyas, car selon John McKissick « ceci pourrait encourager le gouvernement birman à perpétrer les atrocités et les pousser dehors ».

ECONOMIE : Suppression de 1 000 postes chez Airbus selon les syndicats 

Les syndicats Force Ouvrière et CFE-CGC ont annoncé jeudi 24 novembre la suppression de 1357 postes chez le constructeur aéronautique Airbus. Cette possible suppression s’explique par la fusion du géant Airbus, qui se charge de l’aviation commerciale, avec Airbus Group, filiale dans l’espace, hélicoptères et la défense. Les deux branches s’uniront l’année prochaine. Cette fusion annonce une réorganisation des salariés. L’entreprise n’a pas souhaité répondre à cette affirmation. Selon les Échos, des emplois sur les sites de Toulouse, de Suresnes, Marignane et Ottobrun, en Allemagne risquent d’être touchés.

INTERNATIONAL : XVIème Sommet de la francophonie 

Le XVIe sommet de la Francophonie a débuté ce samedi dans la capitale malgache Antananarivo. Tous les chefs d’Etat de pays parlant le français se sont réunis avec plusieurs thèmes: le terrorisme, l’importance de la démocratie sur les terres francophones, la mort de Fidel Castro et le vote de l’adhésion de l’Arabie Saoudite à la Francophonie. Le président français, François Hollande, a notamment évoqué  lors de son discours d’ouverture, un renforcement des pays pour la lutte contre la radicalisation. Il souhaite une “mise en place d’un réseau francophone de lutte contre la radicalisation pour échanger des informations, partager des pratiques efficaces et mettre en place des programmes partout où c’est nécessaire“. Aussi dans son discours, il a affirmé la démocratie comme une valeur de la Francophonie, l’importance “des élections libres et transparentes”. Cette phrase fait référence aux nombreuses crises politiques en RDC, au Gabon. Plusieurs chefs d’Etats étaient absents, le roi marocain Mohammed VI et les présidents congolais Joseph Kabila (RDC) ou encore Denis Sassou-Nguesso (République du Congo).  

CUBA : Mort de l’icône révolutionnaire cubaine Fidel Castro

L’initiateur de la Révolution cubaine, Fidel Castro, s’est éteint ce vendredi soir dans la capitale à l’âge de 90 ans. Cette nouvelle a été annoncé par son frère, l’actuel président, Raul Castro dans la nuit. Le lendemain, sa dépouille a été incinéré et l’État a décrété neuf jours de deuil national en l’honneur du chef cubain. Fidel Castro est l’une des figures emblématiques du XXème siècle. Né en 1926 dans une  famille modeste, il est devenu avocat pour défendre la classe populaire. En 1958, il a renversé le régime dictatorial du général Batista. Il a mené des politiques d’inspiration communiste. Allié de l’URSS, le Commandante a participé à la crise de 1962 où il a menacé les Etats-Unis avec des missiles soviétiques installés sur son territoire.  

L’annonce de cette mort a suscité des avis mitigés sur la scène internationale. Alors que Xi Jinping ou encore Vladimir Poutine ont souligné sa mémoire, Obama a exprimé “ses amitiés au peuple cubain”. Quant à son successeur, Donald Trump, il a posté un tweet hostile à l’égard du défunt. Pour lui, Castro était “un dictateur qui a opprimé son propre peuple”. Ses funérailles auront lieu le 4 décembre à Santiago.

Article rédigé par Marie Mougin et Gaëlle Kabongo

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