Handball : Phénoménal

Handball : Phénoménal

Le mondial tout juste fini, le show continue. Le handball a une nouvelle fois rendez-vous avec la capitale : histoire pour les joueurs fraîchement médaillés de communier encore un peu avec le public et l’occasion de célébrer avec eux leur nouveau titre. Au programme roucoulette, kung-fu et autres gestes techniques pour cette soirée gala.

Des milliers de spectateurs ont rempli les gradins de l’AccorHotel Arena, théâtre il y a quelques jours d’un sixième titre Mondial pour les handballeurs français. Après des phases de poules plus que réussies, les Bleus se sont lancés dans les matches à éliminations directes. Victorieuse face à l’Islande, l’équipe de France se retrouve face à des Suédois déterminés. Mais une fois la machine bleue en route, rien ne peut les arrêter. Ils franchissent le mur scandinave et atteignent le dernier carré. Un match contre la Slovénie, comme une formalité, et direction la finale face à une Norvège ambitieuse.

Seuls au monde

Le visage du vainqueur a été long à se dessiner un certain dimanche de janvier. En première période, la Norvège se veut conquérante, décomplexée et dominatrice. Prenant même les devants. Alors la France n’a plus d’autre choix que d’élever son niveau de jeu. Aux forceps, les joueurs de Didier Dinart ont réagi – à temps. Ils reviennent petit à petit. Ils réussissent à rentrer aux vestiaires avec un point d’avance : 18-17 à la pause. Dès lors, les Français ont comblé leur retard dans un Bercy enflammé. Et ils ne cesseront de garder leur avance tout au long de la seconde période avec dix minutes de folie au retour des vestiaires. Les Bleus prennent alors le large gardant à distance leur adversaire. Ils ont lâché l’encre déployant leurs ailes pour décrocher leur sixième étoile. Le coup de sifflet final retentit. Les joueurs exultent. Les cris de joie se font entendre. Les joueurs s’enlacent, heureux d’avoir glaner ce sixième titre historique sur leurs terres. La France reste dorée. Elle assoit sa domination, entre dans l’histoire, devenant l’équipe la plus titrée de son sport. Dorénavant seule au monde.

L’équipe de France a réussi un parcours sans faute lors de ce mondial. Évitant les pièges, franchissant les paliers uns à uns. Car la compétition a prouvé qu’être favori ne signifie pas toujours…vainqueur. L’Allemagne, la Croatie et le Danemark ont déjoué les pronostics. Champions Olympiques en titre, les Danois n’ont pas franchi les huitièmes de finales tout comme l’Allemagne. Quant à la Croatie, elle s’est vue trop tôt à la troisième place. Mais c’était sans compter sur les Slovènes qui, transcendés dans les dernières minutes, ont décroché le bronze.

En communion

Comme dans tout sport collectif, l’union fait la force. L’équipe de France en est un pur exemple. Elle a su aligner expérience et jeunesse : de Daniel Narcisse à Nedim Remili en passant par Valentin Porte, l’équipe a étalé tout son potentiel à tous les âges. La transition est en marche et fonctionne à merveille. Kentin Mahé prenant la place de Mickaël Guigou au tir à sept mètres. Vincent Gérard la relève dans les buts. Ou encore Ludovic Fabregas au poste de pivot.
L’union sur le terrain et dans les tribunes. Les supporters sont venus en masse encourager Nikola Karabatic et ses coéquipiers. Les Experts se sont offerts des matches à guichets fermés, de quoi bénéficier d’un soutien plus qu’essentiel. Les supporters n’ont pas hésité à donner de la voix, de Nantes à Paris avec une escale à Lille où ils étaient 28 000. Ils se sont donnés corps et âmes dans un concours de chant dont ils sont l’unique vainqueur. Les handballeurs ont profité de tout cet engouement pour célébrer chaque victoire avec eux. Notamment par des clappings géants rendant l’événement phénoménal. Et inoubliable.

Planète hand

Inoubliables sont les légendes. Les joueurs créent l’histoire de leur sport, les plus marquants restent dans les mémoires. D’anciennes gloires du handball se sont réunies à Bercy pour le Hand Star Game. Le temps d’une rencontre, celle des légendes où les quelques 12 000 spectateurs ont pu apprécier toute l’étendue de leur talent bel et bien encore présent. À l’image de Grégory Anquetil et son splendide tir à sept mètres (roucoulette inversée) surprenant tout le monde qui restera dans les annales. Et le public ne s’y trompe pas : Jackson Richardson, Pascal Mahé, Grégory Anquetil ou encore Jérôme Fernandez ont reçu une standing ovation. Preuve que le temps passe mais que les légendes restent.

Standing ovation également pour les médaillés présents avec la sélection France. Surtout pour l’entrée de « Titi » Omeyer, gardien heureux de présenter la coupe. Une sélection composée de champions du monde et des meilleurs joueurs du championnat de l’hexagone face à une élection internationale. Organisé en trois tiers temps (3×15 min), les matches sans beaucoup d’intensité ont offert à tous un spectacle où gestes techniques s’entrelacent de moments drôles …et de ratés (aussi) accompagnés de chutes -parfois spectaculaires. Marqué aussi par l’arbitrage de deux enfants et un tir à sept mètres d’anthologie offert par Luis Fernandez mais l’essentiel est de participer toujours avec humour … Des animations ont été également organisées : danse, dernier rempart, tir à sept mètres. L’occasion pour tous de garder un bon souvenir de cette fête du hand. Les deux équipes se sont quittées sur le score de 34 à 37 en faveur de la sélection étrangère. Le show s’est conclu par un dernier remerciement à ce public si chaleureux. La planète hand avait rendez-vous mercredi 1er février avec Paris et ses supporters. Les joueurs ont fait le spectacle et pris du plaisir, tout cela sans pression. Les ingrédients d’un gala réussi.

C’est au terme d’une finale mouvementée que les Bleus se sont vus recouverts d’or. Ils ont écrit une nouvelle page de leur histoire, une histoire rimant avec or et titres. Une histoire qui n’a pas fini de s’écrire en bleu.

Crédit photo :  THOMAS SAMSON / AFP

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