Same Old Arsenal ?

Same Old Arsenal ?

[Ce texte a été rédigé par un contributeur non-adhérent n’appartenant pas à la rédaction de Sorb’on. Pour plus d’informations sur le fonctionnement de Sorb’on et le statut de contributeur, rendez-vous ici]

Au cœur d’une Premier League toujours aussi dynamique, prompte aux révélations sportives, théâtre de rebondissements chaque week-end, une équipe peine encore et toujours à retrouver son lustre d’antan. Sous le joug d’une domination sans partage de Chelsea, concurrencée par la puissance financière de Manchester City, ou encore menacée par Liverpool et Tottenham, l’équipe d’Arsenal déçoit autant qu’elle suscite l’espoir depuis près de 13 ans. Chronique d’un paradoxe sportif entre régularité et inefficacité.

Un énième coup d’arrêt, Chelsea brutalise les Gunners.

Samedi 4 février, Stamford Bridge, Chelsea et Arsenal disputent un match crucial pour la suite de la saison de Premier League, qui oppose leader et prétendant au titre. Les premières minutes du match, l’ambiance du stade, fleurent bon le foot anglais et personne ne se doute que se prépare l’enterrement des espoirs d’Arsenal cette saison. En effet, personne n’aurait pu prédire un scénario aussi théâtral, coup d’arrêt au sens propre et figuré marqué par le choc entre Marcos Alonso et Hector Bellerin sur le premier but de Chelsea à la 13ème minute. L’espoir espagnol ne se relève pas, il semble accuser le coup et quitte finalement ses partenaires qui s’inclineront finalement sur un score de 3 buts à 1. Arsenal a été brutalisé, encore une fois.

L’art de l’espoir déçu.

S’il est une équipe anglaise ayant la réputation de produire un football de qualité, il s’agit d’Arsenal. Menée par l’emblématique Arsène Wenger, la formation londonienne forte de son riche passé marqué par les exploits d’une génération « invincible » conduite par Thierry Henry affiche une solide philosophie à l’heure du football business. Ayant parfaitement négocié le tournant financier des années 2000, détenant son propre stade, l’Emirates Stadium, et affichant un modèle économique sain, exempt de grand déficit ; Arsenal impose son modèle jusqu’en France suscitant l’intérêt de Lyon. En dépit de ce tableau idyllique, un paradoxe persiste, un véritable vide dans les lignes de son palmarès depuis 2004 en championnat. Pourtant dès 2006, les Gunners prétendaient au titre suprême en Ligue des Champions, abattus par les Barcelonais ils ne pouvaient imaginer que s’ouvrait une décennie sans le moindre succès majeur.

Créatrice d’espoirs, incarnés par des internationaux tels que Fabregas, Van Persie et désormais Ozil et Sanchez, auteurs de véritables coups d’éclat en 2010 en battant le FC Barcelone, le Bayern Munich en 2013, l’équipe d’Arsenal s’inscrit dans la durée en Ligue des Champions depuis 1998. Cette propension à la régularité, l’amour du beau jeu prôné par Arsène Wenger, ou encore ces coups d’éclat sont-ils au centre des désillusions des fans d’Arsenal depuis une décennie ? La question ne saurait être tranchée ici, mais il est clair que ces facteurs génèrent un espoir renouvelé chaque année autour du club, qui rencontre toujours un vif succès auprès des fans et des médias.

Arsène Wenger dans la tourmente.

Un homme porte, depuis sa nomination en 1997 à la tête d’Arsenal, à la fois le passé glorieux et le poids des échecs successifs du club. Arsène Wenger, gratifié d’une statue à Londres dans l’enceinte du club, se trouve de plus en plus contesté et visé par la rancoeur de fans désireux de victoire. Incarnant la mesure, plaidant pour le temps et s’inscrivant dans des dépenses contrôlées, il se place à l’opposé de la « course à l’armement » relative à la Premier League. Ce positionnement, associé aux scénarii semblables depuis 10 ans qui voient Arsenal perdre tout espoir de titre au cours de l’hiver, fragilise l’Alsacien. Au fil des ans, l’Arsenal de Wenger se révèle une équipe technique ayant un sens collectif au dessus de la moyenne mais qui s’effondre dans des oppositions nécessitant un engagement physique et mental supérieurs. « Same old Arsenal ? », la déroute contre Chelsea peut le laisser penser.

Loin d’un fait anodin, Arsène Wenger au crépuscule de sa carrière d’entraîneur pourrait payer cette disette en quittant Arsenal à la fin du présent exercice, un acte historique tant les destins de l’homme et du club semblent liés. Il demeure cependant une interrogation, Arsenal peut il se défaire de la statue du commandeur ?

Article rédigé par Florian Moreau