Sport et alcool : le mauvais cocktail

Sport et alcool : le mauvais cocktail

Il est courant, à la suite d’une activité physique, notamment dans les sports d’équipe, d’entendre dire « après l’effort, le réconfort ». Mais quel est ce réconfort ? Une bonne douche ? Un bon massage musculaire ? Une pomme bien juteuse parfaite pour la récupération ? … Non, rien de tout cela. Le réconfort pour certains sportifs, de l’athlète de haut niveau au plus sommaire, est une bonne bière bien fraîche et particulièrement dans la traditionnelle et irremplaçable troisième mi-temps. Mais cette pratique pose une question : quels sont les effets de l’alcool sur les sportifs ?

Des performances sportives altérées

La consommation d’alcool a des incidences plurielles sur le corps d’un sportif. D’un point de vue général, l’alcool a une influence négative sur les performances sportives, car celui-ci altère les réflexes, la concentration ainsi que l’endurance musculaire et cardio-respiratoire. En outre, l’alcool perturbe les mécanismes de régénération musculaire. En effet, la consommation d’alcool, à la suite d’une pratique sportive, provoque une perturbation des mécanismes cellulaires de régénération musculaire, ce qui freine la récupération des microlésions des muscles engendrées durant l’exercice. De plus, les sportifs qui consomment régulièrement de l’alcool sont plus souvent sujets aux blessures osseuses de type fracture de fatigue. L’ingestion fréquente d’alcool est nocive sur notre ostéogenèse (processus de constitution et développement du tissu osseux), c’est-à-dire que les processus de synthèse osseuse sont perturbés. Cela est très préoccupant pour les sports qui imposent une masse squelettique robuste, comme les sports de portés, de combats, etc. Notons aussi que les re-synthèses du glycogène (réserve de sucre dans l’organisme) hépatique (foie) et musculaire sont ralenties. Des études scientifiques ont prouvé que la consommation d’alcool, même à faible quantité, après un effort sportif, peut diminuer de manière significative la synthèse du glycogène au niveau du foie et des fibres musculaires. Toutes ces dérégulations corporelles, dues à la consommation modérée ou élevée d’alcool, ne favorisent donc pas les performances sportives et une bonne récupération.

Une déshydratation accentuée due à l’alcool

L’absorption d’alcool diminue les capacités de récupération notamment en raison de ses effets sur les mécanismes de réhydratation. Par conséquent, la légende selon laquelle la bière permettrait de réhydrater, après la pratique d’un sport, est totalement erronée. Même si cette pratique est très répandue, notamment lors des troisièmes mi-temps, elle n’en reste pas moins illusoire. En effet, le médecin du sport Walter Pagliano confie au journal L’Équipe : « Toute boisson alcoolisée déshydrate, la bière n’est donc pas une boisson de récupération » ou encore selon le Docteur Ève Tiollier du Département de la Recherche de l’Insep, toujours pour le quotidien sportif, dit : « La bière ne réhydrate absolument pas ! On n’a rien récupéré, on produit de l’urine ». L’alcool favorise même un état de déshydratation, car ce dernier joue un rôle diurétique (augmentation de la sécrétion urinaire). Prenons un exemple pour expliquer ce propos : un verre de 25ml d’alcool du type spiritueux (vodka à 40 %) génère la production de 100ml d’urine pour éliminer les toxines ingérées. Il y a donc un déficit de 85ml et par conséquent un état de déshydratation et une perte des facultés de récupération après l’effort physique.

Le monde professionnel épargné ?

Malgré tous ses effets négatifs vus précédemment, l’alcool n’est pas seulement réservé aux bons vivants et sportifs amateurs. La sphère professionnelle n’est pas épargnée par des scandales touchant le débit de boissons. Sorb’on revient pour vous sur dix scandales, parfois dramatiques, qui ont touché des sportifs sujets à un verre de trop et vous rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À votre santé !

#1 Pawel Fajdek, complètement ivre, paie son taxi avec sa médaille. Sacré champion du monde en lancer de marteau, lors des mondiaux de Pékin en 2015, le Polonais fête copieusement son sacre mondial. Le lendemain dans sa chambre d’hôtel, l’athlète se rend compte que sa médaille a disparu. Cette disparition est due au fait que, Fajdek, trop éméché la veille, a pris un taxi pour rentrer dans son hôtel et a payé le chauffeur avec sa médaille. Celle-ci a été rendue par la suite au champion.

#2 Ivan Ukhov, incapable de sauter. L’athlète russe est sacré champion olympique, lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012, en saut en hauteur. Mais c’est en 2008, lors du meeting international Athletissima de Lausanne, en Suisse, que le sportif s’illustre, non pas par ses performances, mais par son ivresse et son incapacité totale à pouvoir sauter.

#3 L’illustre Ronaldinho. L’ancienne superstar du Paris Saint-Germain et du FC Barcelone ne refuse jamais de s’amuser. Lors de son passage au PSG, de 2001 à 2003, le footballeur aimait faire la fête dans les boîtes de nuit parisiennes accompagné de verres d’alcool. Le lendemain de ses sorties nocturnes, le joueur était souvent ivre lors des entraînements, ce qui déplut à son entraîneur Luis Fernandez qui le laissa sur le banc.

#4 Andy Carroll a l’alcool mauvais. Quand le britannique Andy Carroll, joueur de football de l’équipe anglaise de West Ham, boit, on peut dire qu’il a la main lourde. En effet, le joueur de 28 ans ne supporte pas l’alcool comme en témoignent ses multiples frasques : il est responsable de l’agression de son ex-copine, a écrasé un verre sur la tête d’un videur lors d’une soirée arrosée et s’est battu avec un coéquipier lorsqu’il était ivre.

#5 Le baseball meurtri par l’alcool. L’alcool est responsable de plusieurs drames dans le baseball, comme en témoigne le décès de Josh Hancock, en 2007. Le sportif des Cardinals de Saint-Louis est mort dans un accident de voiture à l’âge de 29 ans. C’est l’alcool qui est responsable de sa mort. Cependant, la Ligue professionnelle de baseball, soumis au lobby de la marque de bière Budweiser, anciennement propriétaire de l’équipe de baseball de Saint-Louis, n’a fait aucune campagne sur les dangers de l’alcool qui touchent régulièrement ce sport.

#6 La légende Maradona. Le joueur argentin emblématique avait contracté une forte addiction pour l’alcool et la cocaïne. Il a été sanctionné à de multiples reprises à la suite de ses addictions et a dû suivre une cure de désintoxication.

#7 Frank Vandenbroucke, le cocktail mortel. Le monde du cyclisme n’est pas épargné par les scandales causés par l’alcool. En 2009, le cycliste belge Frank Vandenbroucke est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à la suite d’une ingestion à trop grande dose d’alcool et de cocaïne.

#8 Sydney Govou et son problème d’alcool. L’ancien joueur de l’Olympique Lyonnais a été l’auteur de plusieurs scandales dus à la consommation de boissons alcoolisées. En 2008, il est contrôlé à Lyon en état d’ébriété avec un taux de 2,6g dans le sang. Un an plus tard, il récidive lors d’une réception officielle avec son club, ce qui lui valut la perte du brassard de capitaine. Lors de son passage en Grèce, il est à nouveau sous les feux des projecteurs pour son penchant à l’alcool. Une triste fin pour l’ancien international français.

#9 Marc Cécillon tue sa femme. L’ancien capitaine du XV de France en 1992 (rugby) est responsable du meurtre de sa femme, car il avait trop bu. Lors de son procès, il a reconnu qu’il était alcoolique. Malheureusement, l’alcool est régulièrement le moteur des disputes conjugales et les femmes en sont bien trop souvent victimes…

#10 Mathieu Bastareaud et l’affaire qui fâche. Après une soirée visiblement trop arrosée, l’ex-parisien et international français du XV de France, a créé la polémique. Prétextant s’être fait agresser dans la rue dans un premier temps, à la suite du match contre les All Blacks (défaite française 14-10), le joueur revient sur sa déclaration face aux policiers : « Je suis rentré à l’hôtel après avoir trop bu. Je suis tombé dans ma chambre, j’ai heurté la table de nuit et je me suis ouvert la pommette. J’ai eu honte, j’ai paniqué et j’ai cru que j’allais être renvoyé de l’équipe de France ». Effectivement, le joueur revenait d’une soirée alcoolisée et il se pourrait que sa blessure soit en réalité une bagarre entre deux joueurs de l’équipe de France. Le comportement du joueur a suscité une vive polémique, car le ministre néo-zélandais de l’époque, John Key, avait écrit une lettre d’excuses. C’est donc un mensonge pour couvrir une beuverie entre coéquipiers qui a eu pour conséquence sa non-convocation en équipe de France pendant un long moment.

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