Présidentielle : et le sport dans tout cela ?

Présidentielle : et le sport dans tout cela ?

En plein dans l’entre-deux-tours, Sorb’on s’est intéressé aux propositions, concernant le sport, des deux finalistes de l’élection présidentielle.

En Marche pour le sport

Le programme de l’ex-ministre de l’économie se résume en cinq objectifs. Le premier de ces objectifs est de promouvoir la pratique du sport et notamment son accessibilité au plus grand nombre. Cela passe notamment par une insertion du sport au sein même du monde professionnel ainsi qu’à la collaboration entre les établissements scolaires et les associations sportives.

Toujours dans l’idée de développer l’accessibilité de la pratique sportive à tous, Emmanuel Macron propose la mise en place des « maisons du sport santé pour garantir un accompagnement personnalisé de nos compatriotes atteints d’affections lourdes (obésité, maladies cardiovasculaires, diabètes, etc.), mais aussi désireux de se remettre en forme ». Ce « sport santé » passe par la généralisation de l’aide à l’intégration des personnes en situation de handicap pour les associations sportives et les clubs ainsi que le remboursement du « coût des licences sportives des personnes atteintes d’affection longue durée qui se sont vues prescrire la pratique d’une activité physique par leur médecin ».

Dans son objectif numéro deux, le candidat à l’élection présidentielle propose de réadapter l’organisation du sport, en France, par une redéfinition de « l’organisation de la politique sportive au niveau national », ainsi qu’en rendant le fonctionnement des fédérations plus efficace et opérant à travers une plus grande autonomie.

Dans son troisième objectif, Emmanuel Macron veut faire du « sport un atout pour l’économie française », à l’instar du dernier Euro qui s’est joué dans l’hexagone en juin 2016. L’événement a généré près de 1,22 milliard d’euros en retombées économiques pour la France. Les événements sportifs sont donc, pour l’ex-banquier, un formidable levier économique et une possibilité d’accroître le rayonnement du pays. C’est pour ces raisons qu’il apporte son soutien à la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. En outre, il a apporté son soutien à l’organisation des Gays Games qui se tiendront dans la capitale française en 2018, ainsi qu’à la candidature française pour accueillir la Coupe du Monde de rugby de 2023.

Son quatrième objectif est la valorisation du sport professionnel avec la reconversion des sportifs : « Nous ferons en sorte que d’ici la fin du quinquennat, l’ensemble des sportifs de haut niveau soient en formation ou en contrat avec une entreprise ». Pour terminer, le candidat souhaite « accompagner les bénévoles » à travers le développement des formations ainsi que par « la mise en œuvre d’un plan de valorisation du bénévolat avec le renforcement de la protection des bénévoles ».

Remettre le sport en ordre

Le programme présidentiel de Marine Le Pen tient en cent quarante-quatre engagements, dont deux de ses engagements sont consacrés au sport. La candidate frontiste propose la création d’un « contrat sportif de haut niveau » pour une durée de trois années et qui serait renouvelable. Cette mesure permettrait « aux sportifs amateurs représentant la nation dans les compétitions internationales de vivre dignement et de se consacrer entièrement à leur discipline ». Dans sa proposition numéro cent dix-sept, Marine Le Pen s’engage à « soutenir les petits clubs » ce qui permettrait, selon la candidate, « la présence d’un maximum de joueurs français dans les clubs professionnels ».

L’ex-présidente du Front Nationale se veut comme la présidente de la République qui luttera contre « la financiarisation du sport professionnel ». En outre, Marine Le Pen souhaite « renforcer les actions contre la violence dans le sport amateur » et veut « imposer le respect strict de la laïcité et de la neutralité dans tous les clubs sportifs ». Contactés par Sorb’On, ni Marine Le Pen et ni Florian Philippot n’ont souhaité répondre à nos sollicitations. Cependant, Florian Philippot s’est dit favorable à l’organisation des Jeux Olympiques en France qui s’inscrit comme une « belle aventure nationale ».

Marine Le Pen souhaite la renégociation des traités européens, puis dans un second temps, l’organisation d’un référendum sur l’adhésion à l’UE. D’un point de vue sportif, quelles seraient les conséquences d’un Frexit ? Contacté par nos soins, l’UEFA, Union of European Football Associations (Union des associations européennes de football), qui a pour mission de gérer et développer le football sur le vieux continent, s’est réservé de tout commentaire sur les politiques nationales. Cependant, l’UEFA souligne que plusieurs de ses membres ne font pas partie de l’UE (Royaume-Uni, Suisse, Turquie, Israël…). Une sortie de la France de l’Union Européenne n’aurait donc pas d’impact sur la participation de clubs professionnels aux compétitions européennes. Toutefois, une sortie théorique de la France de l’UE rendrait la circulation des équipes plus difficiles avec les pays voisins du fait de la restitution des frontières.

En outre, l’abandon de l’euro pour un retour aux monnaies nationales, comme souhaité par la candidate, rendrait les échanges économiques plus ardus et délicats entre les clubs professionnels. Cette mesure impacterait directement l’économie des clubs français, surtout lors des périodes de transferts, du fait de la dépréciation du franc. Marine Le Pen a récemment déclaré qu’elle mettrait en place, sous la condition qu’elle soit élue le 7 mai prochain, une « double monnaie ». Cette mesure procédera à la fin d’une monnaie unique pour la substituer à une monnaie commune. Seuls l’État et les grandes entreprises commerceront en euros, alors que les Français utiliseront « quotidiennement le franc ».

Reste à savoir si les clubs professionnels seront considérés comme étant des grandes entreprises.