Que signifie réellement le genre ?

Que signifie réellement le genre ?

La notion du genre est désignée principalement pour expliquer les comportements qui permettent aux filles d’être attirées par le rose et les poupées Barbie et aux garçons d’être attirés par le bleu et les jeux de bagarre. C’est ce qui définit les individus suivant qu’ils ont été considérés comme des garçons ou comme des filles à leur naissance. La notion de genre peut être interprétée comme étant naturelle ou sociale. C’est de là qu’est née la distinction entre les essentialistes et les constructivistes.

La pensée constructiviste

Deux types de personnes sont de cette pensée : les féministes qui ont hérité de la pensée de Simone de Beauvoir, et les minorités sexuelles qui ne sont ni femmes ni hommes, et il s’agit ici de prendre notamment l’exemple des intersexes.
Les féministes constructivistes jugent, elles, qu’il faut que les enfants puissent choisir leurs jouets sans a priori sur ce qu’ils vont aimer ni sur leurs capacités. En effet, elles affirment que cette appréciation du genre nuit aux femmes en ce que les catalogues de jouet reproduisent souvent les stéréotypes des femmes à la maison, des housewives, puisque beaucoup de jouets dans les rayons pour filles sont des poupées (afin d’apprendre aux filles à devenir de bonnes mamans), ou alors des tables à repasser, des aspirateurs etc. ; objets qu’on ne retrouve pas dans les rayons pour garçons, et certains se sentent privés d’utiliser ces jouets avec lesquels ils auraient aimé s’amuser.
D’autres personnes, notamment les minorités sexuelles comme les intersexes – dont les recherches les plus poussées ont déterminé que les personnes intersexes constitueraient un taux estimé de 1,7% de la population, ce qui rend l’intersexuation aussi courante que la rousseur (1%-2%) -, dénoncent également cette notion de genre en ce qu’elle les oblige à se ranger dans un genre particulier – garçon ou fille – sans pouvoir déployer leur identité réelle car considérée comme anormale par la société. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la plupart d’entre elles subissent des opérations à la naissance afin de les cataloguer en tant que fille ou garçon, opérations qui sont d’ailleurs aujourd’hui de plus en plus considérées comme des mutilations.

La pensée essentialiste

La pensée essentialiste est promue d’une part par des conservateurs mais également par certaines féministes qui d’ailleurs, par certains aspects, sont constructivistes. Explications.
Les conservateurs sont essentialistes notamment en ce qu’ils expliquent que c’est naturel pour les filles de jouer à la poupée, car ces filles vont devenir des femmes qui vont enfanter – limitant par là l’image des femmes à un incubateur – et qu’il est également naturel pour les garçons d’aimer jouer à la bagarre car les garçons en grandissant vont prendre des muscles et sont donc voués à être forts – la seule force pouvant trouver grâce à leurs yeux étant la puissance physique.
Certaines féministes vont utiliser cette notion de genre pour expliquer que si un homme porte une jupe parce qu’il est transsexuel, c’est parfaitement normal puisqu’il veut devenir une femme, ramenant ainsi les femmes à certains habits ou à une certaine manière d’être qui serait féminine, ce que dénoncent les féministes constructivistes pour qui les termes de « féminins » et de « masculins » sont à bannir du langage. Ces féministes, bien qu’essentialistes concernant la question trans, rejoignent tout de même les constructivistes en ce qu’elles sont d’accord pour dire que ramener toujours les petites filles à leur rôle de future maman ou de ménagère est dégradant pour elles. Les constructivistes arguent notamment, pour leur répondre, que les trans ne devraient pas avoir à « se transformer » en devenant une femme ou un homme mais que l’on peut tout à fait rester un homme en portant des jupes ou du rose. Les autres féministes, qualifiées ici d’essentialistes, refusent cette appréciation et jugent que celle-ci est transphobe. Les constructivistes trouvent toutefois l’appréciation des essentialistes paradoxale puisqu’elles dénoncent les stéréotypes liés aux filles et aux garçons dès la naissance mais acceptent ces stéréotypes lorsqu’il s’agit de défendre la cause transsexuelle.

Où se situent les études de genre ?

Les études de genre ont pour objectif de mettre en évidence tout ce qui, dans le masculin et le féminin, est construit historiquement, culturellement et socialement.
Le terme est né dans les années 1950 aux États-Unis. Les premiers à effectuer la distinction entre sexe et genre ont été des médecins américains qui travaillaient sur les intersexuelles – ou hermaphrodites – et les transsexuelles, qui affirmaient que leur identité de genre ne correspondait pas à leur sexe biologique. Le terme a été utilisé ensuite par le mouvement féministe, qui s’en est servi pour contester les rôles et les tâches traditionnellement assignées aux femmes. Les études de genre sont donc dans la dimension constructiviste de la notion de genre à laquelle se sont opposés le plus massivement les conservateurs de la Manif pour tous, ancrés dans une dimension essentialiste de la notion de genre, pour qui, cependant, « on ne naît pas homosexuelle, on le devient », manipulant ainsi le clivage constructiviste/essentialiste en reprenant la définition des femmes de Simone de Beauvoir reprise par la plupart des féministes, et en l’appliquant cette fois-ci non pas à un genre mais à une orientation sexuelle, deux notions malgré tout parfaitement différentes.