L’Iran à portée de métro

L’Iran à portée de métro

Du 14 au 22 juin dernier s’est déroulé la 5e édition du festival Cinéma(s) d’Iran, organisé par l’association du même nom au Nouvel Odéon, cinéma situé en plein coeur du quartier latin.

Né d’étudiants de l’INALCO, ce festival prend d’abord sa source dans un ciné-club mensuel. L’association donne en effet rendez-vous un samedi par mois aux amoureux ou aux curieux du cinéma iranien pour y découvrir des classiques, mais également des contemporains de ce cinéma si singulier. Au vu du grand succès rencontré par le ciné-club à sa création il y a 5 ans, l’association a alors pensé à un festival pour satisfaire ce grand nombre de participants.

Durant ses 7 jours, le festival a donc fait se succéder dans le cinéma indépendant du Nouvel Odéon aussi bien des classiques du cinéma iranien que des films projetés à Cannes et en salle en ce moment (Avant la fin de l’été de M.Goormaghtigh) ou des films à la production moins internationale à l’image de Perpétuité plus un jour de Saeed Roustaee.

Dans perpétuité plus un jour, Somayeh est prête à tout pour quitter sa famille, malgré l’amour de son petit frère et de sa mère malade. Dans ce but, son frère Morteza lui présente un jeune Afghan qui souhaite l’épouser, pour l’emmener vivre avec lui en Afghanistan. Somayeh accepte cette proposition malgré elle, sans qu’elle se doute vraiment de ce qui se cache derrière ce mariage …

C’est dans ce huit clos familial que l’on suit l’évolution de la famille et de Somayeh. Entre vente et problème de drogue du plus grand frère,  le commerce pas très clair de Morteza, la maladie de sa mère, Somayeh va devoir faire le choix entre quitter sa famille pour partir avec un inconnu et espérer vivre sa vie ou rester pour faire tenir l’équilibre déjà très instable de la famille.

On y retrouve des thèmes récurant dans le cinéma iranien comme l’enfermement familial des femmes (dont le thème est développé dans La Pomme de S.Makhmalbaf par exemple), le mariage arrangé, la comédie amoureuse ou la pauvreté d’un pays aux disparités sociales fortes. Mais c’est surtout de la place des femmes qu’il est question dans ce film social : la liberté que peut offrir le mariage face à une famille étouffante, menée par un homme. Dans Perpétuité plus un jour, c’est au grand frère drogué de prendre les décisions de la famille, d’autoriser le mariage ou non, l’école du petit frère… Ce film nous transporte dans la cellule familiale iranienne, et nous questionne sur la place des femmes dans ce pays. 

Rendez-vous donc l’an prochain pour la 6e édition du festival ou à la rentrée avec le ciné-club pour (re)découvrir le cinéma iranien.