Les Jeux Olympiques 2024-2028 : la double attribution historique de Paris et Los Angeles

Les Jeux Olympiques 2024-2028 :  la double attribution historique de Paris et Los Angeles

Une double attribution. Paris et Los Angeles vont accueillir les Jeux Olympiques 2024 et 2028. En effet, le 11 juillet 2017 les membres du comité international olympique ont voté la double attribution à l’unanimité. Il reste à ces 2 villes de se mettre d’accord sur l’année.

Une décision qui surprend

Il faut savoir que Paris et Los Angeles étaient complètement hostiles à l’idée jusqu’au mois d’avril. Mais depuis, chacune a commencé à entrouvrir la porte. Anne Hidalgo a déclaré “La réflexions du CIO est intéressante et légitime“. Casey Wasserman le président du comité de candidature de Los Angeles a également dit “Nous pensons que la discussion sur 2024 et 2028 est une idée très sensée.”

L’idée de cette double attribution a germée suite au retrait de la candidature de Rome, en octobre, dans l’esprit du président du comité international olympique (CIO) allemand : Thomas Bach. En prenant cette décision, il affiche une volonté de laisser une trace dans l’histoire. Cependant, cette double attributions n’est pas due au hasard. Cette décision qui paraît être en fin de compte un bon consensus cache en réalité une triste vérité : la pauvreté des candidatures. Aucune ville n’avait en effet encore déposé de dossier pour 2028. De même pour 2024 cinq candidatures étaient sur la ligne de départ. Chacune à leur tour elles se sont retirées pour des raisons politiques (les dirigeants ont changé), économiques (le budget était trop élevé) ou encore de population (la majorité y étant hostile). Ce sont ces facteurs qui ont conduit Bach à prendre cette décision originale.

Une attribution historique ?

Cette double attribution marque sans doute l’histoire des Jeux, mais ce n’est pourtant pas la première fois. En effet, pour les JO de 1924, six villes étaient candidates : Amsterdam, Barcelone, Prague, Rome, Paris et Los Angeles. Le président français du CIO de l’époque : Pierre De Coubertin avait signé une lettre dans laquelle il exprimait son désir d’offrir les JO de 1924 à Paris. Il ajouta que c’est là son dernier privilège et qu’il démissionnera une fois l’édition des JO achevée. Pour éviter la polémique, il propose de donner les JO de 1928 à Amsterdam. C’est ainsi que le 2 juin 1921 les membres du CIO votent une double attribution à Paris (1924) et à Amsterdam (1928).

Les atouts de Los Angeles

Los Angeles a reçu ses derniers JO en 1984. C’est une ville qui a la culture du sport : de nombreux clubs de différentes disciplines y prospèrent. De plus la candidature est très populaire : 84% de la population est en faveur de l’organisation comme l’a soulignée Wasserman. Le comité d’organisation est indépendant le modèle étant celui d’une entreprise privée. Le gouvernement de l’État de Californie n’investira pas un centime. Il n’y aura  donc pas de risque d’un point de vue économique pour la ville. L’ambition est grande car organiser les JO c’est “Servir le mouvement Olympique bien au-delà de 2024… pour créer de nouveaux Jeux pour une nouvelle ère.” expliquait Wasserman.

A noter : la cité des anges n’est pas contre l’idée d’accueillir les JO en 2028.

Paris 2024 ?

La candidature parisienne est construite pour 2024. Le président de la république Emmanuel Macron, la mairesse de Paris Anne Hidalgo et le coprésident du comité d’organisation Tony Estanguet excluent 2028 et ne veulent que de 2024. Ne pas se réussir à se mettre d’accord avec Los Angeles serait une déception voire une défaite. D’abord parce que ce serait passer à côté du centenaire, puisque la dernière organisation des Jeux à Paris remonte à 1924 ! Mais aussi, le budget est prévu sur 2024. Le reporter engendrerait des coûts supplémentaires du au fait de la remise en état de certains bâtiments, obsolètes d’ici là. Il ne faut pas oublier que Paris reste sur trois échecs pour l’attribution des Jeux, le dernier en date pour en 2012 remportés qui avaient été remportés par Londres.

Les infrastructures et le budget à Paris

Plus de 80% des enceintes sportives ne seront pas à construire étant donné qu’elles existent déjà. Le coup est estimé à 6,65 milliards, ce qui est un projet extrêmement limité sur le plan budgétaire confie comme l’a souligné le président de la république. Le coût opérationnel serait budgété à 3,65 milliards d’euros et les aménagements, eux, à 3 milliards. L’état participera à hauteur d’1 milliard. La candidature parisienne veut être sobre : modèle sur le plan économique. Aussi parce que comme s’amusent à le dire certains députés : les caisses sont vides… Le budget pourrait être respecté mais ce n’est jamais arrivé depuis 1992 : toutes les villes organisatrices les ont tous largement dépassés.

Du Pain et des Jeux ? Non pas pour moi.

Mais certains demeurent sceptiques à l’accueil des Jeux. Frédéric Viale membre du collectif “Non aux JO 2024” dit que l’investissement de ces cinq milliards seront épongés par des impôts supplémentaires qui grèveront les finances de la ville et de la région Île-de-France pour une génération entière. D’autres, comme le député France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, estiment que cela représente des travaux considérables et couteux, inutile dans une France suffisamment endettée. Malgré tout, les retombées des Jeux, d’après le centre de droit et d’économie du sport, organisme indépendant, devraient être importantes. En effet, il considère que l’activité pourrait générer entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros, et près de 219 000 – 247 000 emplois.

Des jeux : oui, reste à voir s’il restera assez pour le pain.