The world of Steve McCurry – Exposition (Bruxelles)

The world of Steve McCurry – Exposition (Bruxelles)

La bonne odeur du chocolat, le bon goût des gaufres liégeoises, oui, mais surtout… la prolongation d’une exposition pleine d’humanité. En effet, au Palais de la Bourse de Bruxelles, de nombreuses œuvres du photographe américain Steve McCurry, s’afficheront encore jusqu’au 20 août. L’occasion donc, de poser les pieds en Belgique pour y découvrir le travail d’un homme qui se présente au monde comme un « story-teller ».

L’exposition

Du 4 mars au 20 août, l’exposition « The world of Steve McCurry » présente plus de 200 clichés du fameux photographe américain. Tirées en grand format, et disposées dans un désordre chronologique assez déstabilisant, c’est au sein du Palais de la Bourse (Bruxelles, Belgique), que siègent les photos de l’artiste. Le lieu réunit en effet des plus célèbres œuvres du voyageur, – dont le portrait de la jeune afghane aux yeux verts – aux images les moins connus voir inédites (on y retrouve notamment un second portrait de Sharbat Gula, l’afghane ayant rendu célèbre le photographe).

L’exposition nous propose bien plus qu’une simple ballade entre les photos de Steve McCurry. En effet elle nous offre, de par sa scénographie, une véritable expérience sensorielle et spirituelle. Le spectateur voyage à travers les époques, passe les frontières sans encombre, et se retrouve nez à nez avec des êtres au visage plein d’humanité. Ici le joyeux portrait d’une doyenne aux cheveux violets. Là, les yeux ronds d’un enfant, fatigué par l’ennui d’un barbant mariage. Ici encore, les sourires marquant, d’enfants jouant au foot au milieu de bœufs éthiopiens n’ayant que la peau sur les os. Des émotions, des rencontres. Des sensations décuplées par un fond musical asiatique, et une appréciation des œuvres améliorée par les explications du photographe, au travers d’un audio-guide (prêté gracieusement), et de vidéos-documentaires.

Oui mais… Steve McCurry, Photographe reporter ou « story-teller » ?

L’exposition aura beau être des plus fabuleuses, certains ne pourront s’ôter de la tête la fameuse controverse concernant le « photographe-reporter » : Steve McCurry retoucherait nombre de clichés. Cette information est bien réelle et le photographe ne s’en cache plus. Il ne se dit d’ailleurs pas « photographe-reporter » (les mises-en-scène de certaines images pourront décevoir un spectateur à la recherche de vérité brute), mais « Story-teller ». Il ajoute par ailleurs que, retouchant ses photos, il ne fait qu’utiliser les outils de notre époque pour améliorer son travail. Dans un laboratoire, sans Photoshop, les anciens photographes jouaient d’ailleurs déjà sur les couleurs, prolongeant plus ou moins le temps d’exposition des photos aux différents révélateurs.

Une fois cela en tête, il devient bien plus agréable de parcourir l’exposition. Après tout, la réalité que nous montre le photographe est aussi celle de notre besoin vital de récits. Comme l’affirme McKee dans son livre Story, « les récits ne sont pas un moyen d’échapper à la réalité mais un instrument dans notre quête du réel et notre désir profond de donner un sens au côté anarchique de notre existence » (p.20). C’est parce-qu’il donne du sens à ses photographies, tout en cherchant à toucher le spectateur, que le travail de McCurry se rend si intéressant et accessible au plus grand nombre. La retouche ne change rien à l’œil particulier de l’artiste américain ni à sa capacité à attendre LE bon moment pour déclencher son appareil (cf. photo du Taj Mahal).

 

Informations pratiques :

  • Lieu : 1 Place de la Bourse, 1000 Bruxelles, BELGIQUE
  • Dates : Du 4 mars au 20 août 2017
  • Horaires: du lundi au dimanche de 10h à 19h
  • Tarifs : Adulte : 12€ / Enfants et étudiants (oui même toi Sorbonien!) : 6€ /Groupes (à partir de 20) : 10€ /Audioguide gratuit
  • Site internet : http://www.stevemccurryexpo.be