La République en Marche et La France Insoumise: quand le gouvernement et l’opposition s’affrontent. Entretien avec un animateur LREM

La République en Marche et La France Insoumise: quand le gouvernement et l’opposition s’affrontent. Entretien avec un animateur LREM

crédit photo : Clémentine Bonnet

Samedi 23 septembre 2017 se tenait dans la capitale la Marche contre le coup d’État social, qui a réuni des milliers de citoyens s’opposant au gouvernement Macron. Cette foule a répondu présent à l’appel du président du groupe France insoumise : Jean-Luc Mélenchon. Cette manifestation a été l’occasion d’interviewer les deux principaux mouvements rivaux sur l’actualité politique (LFI – LREM) et de faire le bilan de la situation politique française s’articulant autour des pro et des anti Loi Travail.

 

Une insurrection citoyenne

C’est un « coup d’État social » martèle Jean-Luc Mélenchon sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Le 17 juillet, trois jours après l’accord donné par l’Assemblée de réformer le code du travail par ordonnances, le député des Bouches-du-Rhône (13) appelait au JT de TF1 tous les citoyens à se soulever contre ces réformes.

C’est chose faite. Samedi 23 septembre entre 60 000 (préfecture de police) et 150 000 (organisateurs) manifestants venus de toute la France se sont réunis place de la Bastille. Le cortège a pris la direction de la place de la République. Là, JLM a pris la parole et a invité ses concitoyens à « ne rien lâcher » contre les réformes du gouvernement. À l’ordre du jour : les réformes Loi Travail signées par le Président de la République Vendredi 22 septembre, les réformes sociales, l’entrée de l’État d’urgence dans le droit commun et le CETA.

Cette manifestation a été l’occasion d’interviewer des membres de La France Insoumise (à lire ici) et de La République en Marche sur leurs mouvements et sur les nouvelles réformes du gouvernement. 

 

Entretien avec Erwan Leclerc, animateur de comité local LREM du VIIIème arrondissement de Paris

  • Pourquoi vous être mis en marche ?

Cela fait plusieurs mois que je suis « un marcheur » et je suis aujourd’hui animateur local, rattaché comité local LREM. Ce qui m’a intéressé dans ce projet c’est de changer la politique et la façon de faire de la politique. Aller au contact des gens dans la rue, leur demander ce qu’il fallait changer, faire remonter leurs idées pour améliorer leurs quotidiens.

Ensuite, d’un point de vu idéologique, je me suis toujours considéré comme libéral. Aussi bien sur l’économique que le social. Un peu dans le style du libéralisme américain qui se retrouve dans l’ADN de notre mouvement.  Aucun autre parti en France n’arrivait avant à le concilier. Enfin, E. Macron m’apparaissait comme l’homme de la situation. Il est charismatique et peut arriver jusqu’au bout de ses ambitions.

  • Comment répondre aux manifestations ?

Nous n’avons pas reçu de mot d’ordre. Nous continuons d’essayer d’expliquer aux Français, individuellement, ce qu’est réellement la loi travail afin de la démystifier et de nier les mensonges qu’ils auraient pu entendre ces derniers temps.

  • Quelle est l’importance de LFI ?

LFI est un beau mouvement. Il a à cœur de défendre ses valeurs et nous encourageons cela. C’est une bonne force d’opposition. On en a bien-sûr besoin. Mais c’est avant les législatives qu’il fallait se mobiliser. Durant les élections, c’est la voix du peuple qui s’est exprimée. Toutefois, J.L. Mélenchon est dangereux, il exacerbe la fureur des gens, justifie la violence, il va finir par il y avoir des morts.

  • Que vous inspire la politique du Président ?

C’est une fierté pour moi d’avoir soutenu E. Macron et de l’avoir pour Président. Beaucoup de gens l’adorent. Il fait ce qu’il dit, ce qui est rare. C’est bien cela qui faisait défaut et a contribué à la perte de confiance des Français envers le politique. E. Macron permet de reconstruire du lien entre la politique et le citoyen. La Vème république existe depuis soixante ans, il n’y a pas de problème dans sa structure. Il y a un fantasme du culte de la personnalité. La vérité c’est qu’avec la Vème République et avec notre mouvement, il y a de l’ambition, de la volonté mais surtout de la politique.

Ses réformes constituent un véritable progrès pour la société et pour le marché du travail. La nouvelle négociation des accords d’entreprises favorise le dialogue avec les patrons. C’est l’occasion d’installer un dialogue social et de pousser les salariés à s’investir dans la vie de leurs entreprises. La loi travail permet de donner plus de lisibilité aux lois.

  • Que pensez-vous de la méthode Macron ?

Il est ouvert au dialogue, par les amendements ou les manifestations. Mais le programme élu était clair et a été confirmé avec les élections. On peut négocier certains points. Cependant les ordonnances sont à prendre dans leur ensemble. Elles vont apporter du positif aux salariés. Le programme était écrit noir sur blanc, et va être voté par le parlement démocratiquement élu. Il y a eu un débat. Pour avoir gain de cause il faut plus de députés. Nous avons eu 300 réunions avec des syndicats pour négocier et pas d’appel à la manifestation à part celle de la CGT…

  • Que pensez-vous de l’intervention de Macron dans laquelle il affirmait que la démocratie ne se faisait pas dans la rue ?

La démocratie se fait dans les urnes ! C’est l’échange parlementaire, le peuple se prononce pour élire des représentants. LREM a été élu aux législatives. Les manifestants ne sont pas des anti-démocrates, mais c’est pendant les législatives qu’il fallait se mobiliser. La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple : mais la rue ce n’est pas la vraie démocratie. La démocratie : c’est le parlement. Les déclarations du Président sont souvent mal interprétées. Essayons de nous informer et de ne pas inventer pour obtenir « des punchlines ». E. Macron a une forte volonté de changement qui peut provoquer des « frottements » mais il l’a dit « la tâche sera immense ». Les mots du discours concernant l’Union Européenne ont eux aussi étaient mal compris. Il parlait des dirigeants présents au sein de l’UE qui ne tiennent pas leur promesse en prononçant le mot « fainéants ».

  • Qu’avez-vous prévu pour les mois à venir ?

Il n’y a pas d’événement En Marche prévu, pas de grand meeting. Pour l’instant on se concentre pour convaincre et faire connaître le vrai contenu de la loi travail. Répondre aux incompréhensions, éloigner la peur : voilà le travail qui reste à faire !

Article co-écrit par Caroline Protat et Tom Malki