Jean Rochefort : le Boloss des belles lettres est mort.

Jean Rochefort : le Boloss des belles lettres est mort.

Dans la nuit de dimanche à lundi 9 octobre 2017, le célèbre acteur Jean Rochefort meurt à l’âge de 87 ans dans un hôpital parisien. Dès août 2016, il témoignait déjà de problèmes de santé, et de lourdes douleurs abdominales l’avaient contraint à une longue hospitalisation.

Ce lundi, c’est sa fille Clémence, qui informe l’AFP (Agence France Presse) du décès de son père. Jean Rochefort laisse derrière lui cinq enfants, une carrière et la France pleins d’étoiles dans les yeux.

Du cancre au grand écran

Jean Rochefort né en 1930 suit une scolarité chaotique… au plus grand désespoir de son père. Elève plutôt rêveur, Jean est inscrit au lycée Corneille à Rouen. Il enchaine les résultats médiocres, a contrario de son frère aîné qui intègre Polytechnique.

Adolescent, il connaît la guerre et en reste traumatisé, l’esprit marqué par des scènes atroces. Il confiait notamment à Libération : « L’épuration, où j’ai vu des choses qui m’ont choqué pour la vie. D’où une haine de l’adulte. Nous sommes tous capables de devenir bourreaux, je l’ai vu. J’ai été avide de comprendre : c’est pour cela que j’ai lu Primo Levi et Hannah Arendt – difficilement, je dois l’avouer».

Plus tard il entre au Conservatoire, et intègre la « bande de l’escalier » avec Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, ou encore Annie Girardot. Sa carrière débute chez Philippe de Broca, avec Cartouche (1962) où il découvre d’ailleurs sa passion pour l’équitation. Pendant des années il accumule les seconds rôles. Il se fera connaître du grand public plus tard grâce au Grand Blond avec une chaussure noire (1972), où il joue aux côtés de Pierre Richard et Bernard Blier, sous les ordres d’Yves Robert. Quatre ans plus tard, il tournera dans Un éléphant ça trompe énormément (1977), un film dans lequel un des premiers personnages homosexuels du cinéma français apparaît.

Un acteur récompensé, et lucide

C’était d’un fort capital sympathie dont bénéficiait Jean Rochefort. Acteur populaire il a beaucoup joué pour du cinéma d’auteur. Il admettait ses limites avec une certaine ironie : « Tous mes films ne sont pas des chefs-d’œuvre. Je me suis trompé quelquefois, mais toujours avec conviction. Je n’ai jamais ménagé mes enthousiasmes… fussent-ils suicidaires. » déclarait-il dans Paris Match.

Vous avez dit 150 ? Oui c’est le nombre de films dans lesquels sa moustache iconique est apparue. Une longue carrière qui sera récompensée entre-autre par :

  • César du meilleur acteur dans un second rôle, Que la fête commence, 1977
  • César du meilleur acteur, Le Crabe-tambour, 1977
  • César d’honneur, pour l’ensemble de sa carrière, 1999

La ministre de la culture, Françoise Nyssen a tenu à s’exprimer sur son compte Twitter, et dresse le portrait d’un « acteur élégant, attachant, populaire. Un grand maître. »

Plus récemment

Jean Rochefort, c’était aussi Les Boloss des belles lettres, une émission hebdomadaire proposée sur France 5, où il mêlait langage argotique désué et littérature française. Le Petit Prince à la Rochefort ça donne ça, ou encore Madame Bovary.

Enfin en 2013, il écrit un roman autobiographique intitulé Ce genre de choses, où il relate ses souvenirs, et se livre notamment sur la peur de la mort, « la peur de la mort, ça ce n’est pas marrant. Je ne voudrais pas claquer tout de suite parce que j’ai encore plein de choses à faire ».

« Wesh, t’en as déjà fait pas mal gros ».