Budget 2018 : qu’est-ce qui va changer ?

Budget 2018 : qu’est-ce qui va changer ?

Le projet de loi finance 2018 visant à programmer le budget jusqu’en 2022 est en ce moment en débat à l’Assemblée nationale. Emmanuel Macron a décidé de revoir le budget programmé jusqu’en 2020 par le gouvernement Hollande, le jugeant inefficace. La nouvelle mesure sera votée d’ici fin 2017.

Emmanuel Macron a annoncé que les effets bénéfiques du projet de loi finance 2018 devraient être ressentis par la population d’ici deux ans ! Cependant, certains députés ne sont pas du même avis. Comme Jean-Luc Mélenchon qui se pose en tête de l’opposition. En reprenant les mesures principales qui devraient être appliquées dans le budget 2018, il s’agira de comprendre pourquoi ce projet ne fait pas l’unanimité à l’Assemblée, et quels sont les changements que cette loi implique.

Un problème d’ordre national

Premièrement, le gouvernement actuel considère que les politiques de dépenses publiques menées par les gouvernements précédents n’ont fait qu’accroître le poids du déficit (et donc de la dette) et n’ont pas permis la relance économique tant espéré. Les politiques d’expansions ne semblent donc pas être la solution à la crise et auraient plutôt tendance à l’empirer du point de vue d’Emmanuel Macron.

 …Et aussi un problème d’ordre européen

Le deuxième et non moindre problème est que, selon le ministère des finances, « notre dépense publique […] est aujourd’hui la plus élevée en Europe. ». C’est d’autant plus embarrassant que la France a signé le traité de Maastricht. Or, celui-ci prévoyait un plafonnement de la dette des pays signataires à 60% de leur PIB et de leur déficit à 3% de leur PIB. Cependant, la France, en 2016, avait une dette de 96% de son PIB et un déficit de 3,4% de son PIB. L’Union Européenne a donc engagé une procédure de déficit excessif visant à sanctionner cet écart considérable.

Ainsi, grâce à la réduction des dépenses publiques, l’Etat français espère réduire le déficit et sortir de cette procédure dès 2018 ce qui nous redonnera « de la crédibilité auprès de nos partenaires européens » selon le gouvernement. Emmanuel Macron espère que le déficit français « atteindra 2,6% en 2018 ».

Quelles conséquences pour les ménages ?

En théorie, le déficit résulte du fait que les dépenses publiques soient supérieures aux recettes de l’Etat. Ainsi pour le réduire, et du même coup réduire la dette, deux solutions sont possibles. Soit on réduit les dépenses (suppression ou diminution des allocations aux ménages), soit on augmente les recettes (augmentation des taxes sur les ménages). Les deux solutions sont souvent mises en œuvre conjointement.

En pratique, dans ce cas précis, le gouvernement a annoncé qu’il augmenterait notamment la TVA (taxe indirecte) et la CSG (contribution sociale généralisée). En outre, l’Etat compte sur une hausse de la fiscalité du tabac de 0,5 points et une hausse de la fiscalité énergétique de 3,7 points pour renflouer ses caisses. De plus, il se fixe l’objectif de réduire le niveau des dépenses publiques de plus de trois points de PIB à horizon 2022.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron souhaite non seulement diminuer le déficit, mais il compte également réduire le taux de prélèvement obligatoire qui est « aujourd’hui supérieur de 10 point à la moyenne européenne » selon le ministère des finances.

Une baisse progressive de la taxe d’habitation

Le gouvernement a annoncé qu’il supprimera progressivement la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Cette mesure concerne les célibataires gagnant jusqu’à 30000 euros de revenu par an, les couples sans enfant gagnant jusqu’à 48000 euros de revenu par an et les couples avec un enfant gagnant jusqu’à 54 000 euros de revenu par an. Ces ménages devront donc voir baisser leur taxe d’habitation de 30% dès 2018 et ils cesseront de la payer en 2020. Le gouvernement estime que « chaque ménage bénéficiaire fera une économie moyenne de 550 € par an. ».

La suppression des cotisations pour les salariés et la hausse de la prime d’activité

Le projet de loi prévoit la suppression des cotisations chômage et retraite pour les salariés. L’objectif est simple : augmenter le pouvoir d’achat des français. La prime d’activité sera également revalorisée de 20 euros dès 2018 et de 80 euros d’ici à 2022. Ainsi, les ménages pourront consommer plus et dynamiser la production, ce qui, théoriquement, devrait stimuler la croissance. En contrepartie, le gouvernement a annoncé une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) de 1,7 points afin de financer les retraites et le chômage.

Le remplacement de l’ISF par l’IFI

L’ISF (impôt sur la fortune) était évalué en fonction de la fortune mobilière des ménages, ainsi que la fortune immobilière des ménages (le patrimoine immobilier). Cet impôt sera remplacé par l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui ne prend en compte que la fortune immobilière des ménages. Les revenus du capital (dividendes, revenus issus d’un investissement en bourse), quant à eux, seront taxé à un taux unique de 30%. L’Etat espère, par cette mesure, inciter les grandes fortunes à investir en bourse plutôt que dans l’immobilier. Ceci devrait, selon les pronostics du gouvernement, « favoriser la prise de risque et les placements utiles au financement de l’économie ».

Une baisse des prélèvements obligatoires pour les entreprises

L’Etat souhaite ramener l’IS (impôt sur les sociétés) au taux moyen européen qui est de 25%, contre 33% d’imposition aujourd’hui. Cela signifie donc que l’IS devra diminuer de 8 points d’ici à 2022. L’Etat espère, par cette mesure, inciter les entreprises à investir et à se développer. Cela devrait, théoriquement, relancer la croissance.

Quant au CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), calculé par rapport au nombre d’employés, il permettait aux entreprises employant des salariés de bénéficier d’allègement d’impôt. En 2017, il équivalait à 7% de la masse salariale. Après avoir été critiqué à de nombreuses reprises, il sera finalement remplacé en 2019 par un allègement direct des charges patronales. Cela devrait, selon le gouvernement, être plus efficace et permettre aux entreprises d’être plus compétitives.

Toutes ces mesures, visant à la fois à réduire le déficit et à dynamiser l’économie française via la baisse des prélèvements obligatoires pour les ménages et pour les entreprises doivent cependant faire leur preuve. Emmanuel Macron devra donc démontrer d’ici à 2022 qu’il a fait les bons choix en matière de budget.

Crédit photo : Budget 2018, OSK Accountants – Dublin OSK Accountants600 × 335 Budget 2018 Highlights

Hits: 174