Eric Vuillard, lauréat du Goncourt 2017 avec un roman sur les nazis

Eric Vuillard, lauréat du Goncourt 2017 avec un roman sur les nazis

Le prix Goncourt est décerné à Eric Vuillard pour son roman d’inspiration historique, L’Ordre du jour, ce lundi 6 novembre. 

Le prix Goncourt est la plus ancienne récompense de littérature française et reste aujourd’hui considérée comme étant la plus prestigieuse. Les jurés mettent parfois jusqu’à 14 mois pour décider qui en sera le lauréat. Ce lundi 6 novembre 2017, à 12h52, le nom du nouveau prix Goncourt a été annoncé par Didier Decoin, membre du jury, devant le mythique restaurant « Chez Drouant ». Il s’agit d’Éric Vuillard pour L’Ordre du jour, aux éditions Actes Sud.

Un roman historique sur l’arrivée au pouvoir des nazis

Éric Vuillard n’en est pas à son premier livre (déjà huit au compteur), ni à son premier roman historique. Il a notamment écrit sur la Révolution française, avec 14 juillet, ou encore la chute de l’Empire inca avec Conquistadors. L’Ordre du Jour (l’œuvre pour laquelle il a gagné le prix Goncourt) porte quant à elle sur l’ascension des nazis jusqu’à leur arrivée au pouvoir dans les années 1930. Mais ce que l’auteur dénonce, c’est la participation économique de grandes sociétés pour financer le parti. Un sujet donc sombre et critique, mais pour Éric Vuillard, s’intéresser à ce passé est une façon de « regarder vers le présent », selon une interview qu’il a accordé au Figaro à la suite de la remise des prix.

Quels avantages pour l’éditeur ?

L’éditeur d’Éric Vuillard est Actes Sud, maison d’édition fondée en 1978. L’une des fondatrices et co-directrice de l’édition, Françoise Nyssen, est d’ailleurs devenue ministre de la culture le 17 mai 2017. Être la maison d’édition d’un prix Goncourt, est la garantie d’un prestige et d’une prospérité économique. En effet, en moyenne, les éditeurs gagnent 22 % sur le prix de vente du livre, alors si les ventes explosent, les revenus de la maison d’édition aussi. Actes Sud en est déjà à 4 prix Goncourt au total. Elle est, avec Gallimard, la maison d’édition qui compte le plus d’auteurs lauréats de ce prix dans ses rangs. Elle représente à elle seule 29 % des prix Goncourt gagnés depuis 2004.

Est-ce une surprise ?

L’auteur a été désigné parmi 3 autres finalistes (Yannick Haenel pour Tiens ferme ta couronne, Véronique Olmi pour Bakhita et Alice Zeniter pour L’Art de perdre). Mais la bataille n’était pas gagnée d’avance puisque 15 livres avaient été présélectionnés avant que le lauréat ne soit choisi le 30 octobre. La favorite dès lors, et durant toute la dernière semaine était, selon les pronostics, Véronique Olmi.

Un revirement d’autant plus étonnant que la candidature d’Éric Vuillard avait été fortement critiquée par certains. En effet, selon le testament d’Edmond de Goncourt, l’œuvre récompensée doit être un roman fictif. Or, L’Ordre du jour, même s’il est romancé, est fortement inspiré de faits historiques réels. On peut donc dire qu’on a eu affaire à un retournement de situation. Au final, le lauréat l’emporte à 6 voix contre 4, ce qui reste une majorité écrasante, quand on sait que les voies restantes avaient été partagées entre les autres nominés. Éric Vuillard succède donc à Leïla Slimani (prix Goncourt 2016). Le succès de son œuvre est assuré.

Crédit photo : radiofrance