Japon : histoire d’une culture exportée

Japon : histoire d’une culture exportée

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L’exportation de la culture japonaise s’est diffusée par le biais de produits comme le manga, l’animation et les jeux-vidéos. Cette « pop-culture » a commencé son expansion à l’étranger dans les années 70 et continue à se diffuser aujourd’hui encore. Dans l’hexagone comme ailleurs, Mario ou Hello Kitty ne sont que les célèbres symboles d’un intérêt plus général… C’est à travers ces deux derniers que nous retracerons son arrivée, son expansion et peut-être même sa stagnation.

13,7 millions, c’est le nombre de mangas vendus l’année dernière. Un beau chiffre pour une culture tendance : celle du Japon. L’animation et les jeux-vidéos sont deux des plus fameux produits culturels qui représentent l’arrivée de cette lointaine culture chez nous.

L’animation : une arrivée remarquée sur nos écrans

Les animés japonais arrivent sur nos télévisions puis gagnent en popularité entre les années 70 et 90. Cette diffusion se fait à travers son premier succès, Goldorak, puis par la création du Club Dorothée où sont diffusées nombreuses de ces séries japonaises – de Dragon-Ball aux Chevaliers du Zodiaque. Malgré un accueil d’abord en demi-teinte, les téléspectateurs se tournent vers les mangas d’origine, participant ainsi à une plus grande exportation de la culture nippone.

L’animation au cinéma fait aussi une entrée remarquée. Totoro, Mononoké, Kiki la petite sorcière… autant de personnages du studio Ghibli qui font le tour du globe. Le Voyage de Chihiro d’Hayao Miyazaki est notamment récompensé aux Oscars.

Les jeux-vidéos : Pari gagné pour Nintendo

En parallèle, le Japon part à la conquête du marché des jeux-vidéos. Le début des années 80 voit la sortie et la propagation de jeux comme Pac-Man. L’entreprise kyotoïte Nintendo entre sur le marché dans la même période avec notamment Donkey Kong. Quelques années plus tard, Nintendo sort au Japon une console de salon qui, face à son succès, sera réinventée pour être vendue hors de l’archipel. La NES est naît. L’entreprise lancera aussi plusieurs jeux de lancement, notamment Super Mario Bros. De cette époque, un nom est à retenir : le prolixe Shigeru Miyamoto, créateur et producteur de Donkey Kong, Mario, The Legend of Zelda et bien d’autres.

Plus qu’un pari commercial, Nintendo a réussi celui de marquer les esprits. Au même titre que Mickey, Pikachu est devenu une icône.

Un soft-power qui semble s’affaiblir

Objets dérivés, images de papier ou animés sont autant de ressources qui transmettent une vision attractive du pays. Il pratiquerait donc bien le soft-power. Par ce biais, il s’est fait une place dans notre propre culture puisque, notons-le, la France est le deuxième pays consommateur de mangas au monde, après le Japon.

Toutefois, à la lumière de ces dernières années, son poids semble s’affaiblir puisque, du côté de la production, certains domaines ne suivent pas. Tout d’abord, les jeux-vidéo. Leur innovation est remise en cause depuis quelques années. Indubitablement, des licences comme Mario continuent à attirer mais, sur les jeux les plus vendus, on ne compte plus aucune licence récente (de moins de quatre ans). Par ailleurs, une problématique se pose dans l’animation : la relève chez Ghibli. Le célèbre studio japonais attire essentiellement par la figure d’Hayao Miyazaki. Mais celui-ci partira bientôt à la retraite…

L’expansion de la culture japonaise est cependant encore loin d’être en déclin. Néanmoins, ces problématiques peuvent-elle remettre en cause son avenir ?

Article rédigé par Rebecca Aliberti

Crédit photo : Studios Ghibli