Carbone : le casse du siècle

Carbone : le casse du siècle

De la quasi-faillite de son entreprise léguée par son père, en passant par l’association avec de dangereux malfaiteurs, Carbone relate la plus grande arnaque du siècle, qui a brassé des millions d’euros. Digne d’un thriller, tensions et suspenses rythment le dernier film d’Olivier Marchal. Personne n’aurait pu imaginer que Carbone était tiré d’une histoire vraie…

Carbone, film d’Olivier Marchal sorti en salle le 1er novembre, raconte la mise en place d’une arnaque fiscale au carbone devenant l’un des plus grands casses du 21e siècle. L’histoire est inspirée de la grande affaire d’escroquerie sur le marché des quotas de 2008. Celle-ci coûta plus de 6 milliards d’euros à l’Union européenne, dont 1 milliard à la France. À la manière d’un film policier haletant, avec un aspect esthétique soigné, le film pose néanmoins problème sur le fond. Le film reste assez flou et le film manque parfois de subtilité. Pourquoi le dernier film d’Olivier Marchal a-t-il du mal à convaincre ?

Un aspect esthétique soigné et convaincant

Sur le plan visuel, c’est un sans faute. La mise en scène est soignée, on voyage à travers les salles de strip-tease et de poker parisiennes sous les lumières tamisées, qui servent de QG au banditisme. La multiplication de scène de suspense tout au long du film séduit, capte notre attention et offre une atmosphère aussi nerveuse que haletante.

Benoît Magimel fait son grand retour avec une prestation presque parfaite. Il se bat pour défendre l’entreprise léguée par son père et incarne le personnage principal du film, mystérieux et imposant dans son jeu, mais parfois trop tendre pour un méchant. Un Depardieu en beau-père despotique qui fait de la garde de son petit-fils une obsession. Il crève l’écran comme à son habitude par son charisme et son jeu imperturbable, mais aurait mérité plus de temps. Laura Smet, Gringe — chanteur du groupe Les Casseurs Flowters — et Michaël Youn de leur côté ne font aucune fausse note.

Un fond qui manque de subtilité

C’est le grand problème de ce film. La mise en place de l’affaire manque de clarté et on a beaucoup de mal à comprendre son fonctionnement. Les protagonistes s’improvisent traders et montent l’affaire du siècle en s’y connaissant à peine. Ils deviennent en quelques mois multimillionnaires sans qu’on ait une réelle idée de comment ils sont arrivés la. L’affaire appelait à faire un film imaginatif de par son sujet contemporain, pourtant le fond manque d’originalité et de créativité. Le film est d’allure assez brutale, dans un monde où l’argent règne et semble au centre de toute l’attention.

Entre scènes de règlements de comptes et citations pompeuses, on tombe dans le cliché. De plus, Magimel oscille entre sa honte d’être devenu un truand et le plaisir qu’il prend à gagner des millions. On comprend un certain rapport avec son père sans que cela soit vraiment exploité par la suite ce qui ne fonctionne pas non plus. En effet, cela ne permet pas de travailler la profondeur du personnage.

Ainsi, malgré un bon film, un riche casting et une bonne mise en scène, le résultat manque de finesse ! Cela ne vous empêche pas d’aller voir le film pour vous faire votre propre avis…