Black Friday : Masque d’une surconsommation ?

Black Friday : Masque d’une surconsommation ?

Vendredi 24 novembre a eu lieu le fameux “Black Friday ” suivant la fin de Thanksgiving. Devenu un rituel pour les Américains, ce jour d’affluence dans les magasins se caractérise par des réductions abrasives sur un ensemble de produits propices aux achats de fin d’année. De plus en plus populaire depuis quelques années en France, cette méthode commerciale est aujourd’hui contestée pour les excès de consommation qu’elle met en lumière.

Inventé aux États-unis dans les années 60, ce jour était à la base destiné à booster les ventes avant les fêtes de fin d’années. Le nom de Black Friday viendrait des profits monstres faits par les commerçants en fin d’année et de l’afflux massif de clients qui provoquait alors accidents et embouteillages. Les promotions se veulent les plus alléchantes possible avec des réductions présentées autour de 70 à 80 % aux États unis. Ce modèle se lance depuis peu dans d’autres pays notamment en France avec des promotions moins spectaculaires mais avec un marketing tout aussi soigné.

L’objectif ? Faire consommer en jouant sur nos passions

Ce quatrième vendredi du mois de novembre est ainsi devenu sacré aux États-Unis. Les Américains se pressent dans les magasins n’hésitant pas à se battre, beaucoup plus ardemment que lors du premier jour des soldes. Produits high-tech, électroménagers, vêtements et même produits du quotidien : les réductions placardées attirent une foule motivée malgré des heures d’attente en caisse. En France le phénomène se ressent surtout en ligne avec des mails, des sms et autres notifications qui n’ont pas cessé d’apparaître sur nos téléphones aux réseaux sociaux.

Sur les sites marchands, tout est fait pour qu’on ne rate pas notre chance d’acheter : d’immenses bannières annonçant des prix cassés, des promotions en rouge et gras voire même un compteur de temps au-dessus de chaque produit. Ce procédé joue ainsi sur l’urgence de l’achat, le besoin immédiat de posséder, l’impression de faire une bonne affaire. Et comme la réduction ne dure que quelques heures, nous ne pouvons pas nous empêcher de prendre une décision rapide.

Mais réalisons-nous véritablement de bonnes affaires ? Difficile à dire. Certaines marques proposent de vraies affaires tandis que d’autres maquillent leurs réductions par une augmentation des prix dans les jours précédents le Black Friday. L’UFC que choisir avait ainsi constaté en 2015 que les réductions proposées en France lors du Black Friday n’étaient en réalité que de 1 à 2% maximum pour les produits high-tech et ménagers.

Et que vaut un achat fait dans l’urgence ? Est-il vraiment utile sur le long terme ? Le doute est permis, et cette consommation frénétique met alors en lumière les sujets de l’obsolescence programmée et du Fast fashion, le changement de mode incessant de nos sociétés contemporaines. L’évolution de nos habitudes de consommation devient donc un des enjeux majeurs dans la diminution de la production des gaz à effets de serre.

Green Friday : l’alternative écologique et durable

Concernant le Black Friday, des initiatives se sont créées pour une consommation plus solidaire et respectueuse de notre planète.

Ainsi en 1992 fut instauré au Canada le mouvement “Buy Nothing Day” soit le « Jour où l’on n’achète rien » avec comme objectif de réfléchir à nos habitudes de consommation. Ce mouvement s’est désormais étendu à l’international avec le soutien d’entreprises qui ont décidé de volontairement fermer vendredi dernier.

Également, le concept du Green Friday  a été mis en place en France par le Réseau Envie. Plutôt que d’acheter de nouveaux objets, des entreprises se mobilisent pour réparer vos objets défectueux. Des ateliers de sensibilisations sont également mis en place par ses mêmes entreprises avec conseils et astuces pour réparer par soi-même et réaliser des créations durables.

Ainsi, L’envie de faire de bonnes affaires est légitime, mais suivre une mise en scène calculée, est- ce réellement à notre avantage ? Entre le besoin exacerbé par les marques de nous faire acheter et l’enjeu du respect de la planète en modérant notre consommation, le choix reste entier pour nos sociétés modernes.

VIDÉO : Analyse du phénomène “Black Friday ” – La Quotidienne, 24 Novembre 2017 – France 5