Trump – May : du clash twitter à l’incident diplomatique

Trump – May : du clash twitter à l’incident diplomatique

Mercredi 29 novembre Trump décide de retweeter des vidéos violentes pointant du doigt des «islamistes». Il ignore alors qu’il manque de déclencher un incident diplomatique avec son alliée toujours, la Grande-Bretagne. Cette semaine, le clash Twitter aura fait plus d’une victime.

L’un frappe un jeune homme en béquille, l’autre brise une statue de la Vierge Marie, le dernier jette un homme dans le vide avant de le battre à mort. Ce Mercredi 29 novembre, le président des États-Unis, Donald Trump, a retweeté ces vidéos montrant des violences initiées par des individus introduits comme «Musulmans».

Bien que ces vidéos ne contiennent aucun élément permettant de les contextualiser chronologiquement ou géographiquement, les mots «Muslim», «Islamist», «destroys» ou «beats» sont eux bien présents. La Porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, s’était elle-même exprimée sur le sujet, affirmant que la véracité des vidéos n’était pas l’essentiel du sujet mais plutôt de pointer ces «menaces» qui selon elle : «Sont des choses très réelles, il n’y a rien de faux à ce sujet.». Ce qui n’était pas prévu, c’était que la Première ministre britannique Theresa May en personne réagisse à ces retweets.

Pour visionner les retweets (contenu sensible) :

Des retweet qui ne laissent pas indifférents

Pourquoi réagir aux retweets du président américain et pourquoi ceux-ci en particulier? Ces tweets provenaient à l’origine du compte de Jayda Fransen, une députée britannique membre du parti nationaliste d’extrême droite, Britain First. Ce parti cible principalement les musulmans depuis sa fondation. Il organise des manifestations jusqu’alors peu conséquentes, autant en termes d’effectifs que de résonance.

Ces tweets ont suscité quelques réactions : Jeremy Corbyn, du Parti travailliste, qualifie ces tweets d’«abjects, dangereux et une menace pour notre société»; la Première ministre a déclaré que le président américain a commis «une erreur» en retweetant ces vidéos. Son Porte-parole s’est exprimé sur le caractère «haineux» de ces images qui vont selon lui «diviser les communautés […] et attiser les tensions».

À l’inverse, Jayda Fransen s’est félicitée de la tribune mondiale qui lui était offerte. «Que Dieu vous bénisse Trump! Qu’il bénisse l’Amérique.» a-t-elle tweeté ce même jour.

Trump contre attaque, le Royaume-Uni offusqué

Ce jeudi 30 novembre, le président Trump a bien entendu refusé d’en rester là. Ainsi, il n’a pas hésité a répondre sèchement dans un tweet à l’intention de la Première ministre : «@Theresa_May ne te focalise pas sur moi, focalise-toi sur le terrorisme islamique radical destructeur à l’intérieur du Royaume-Uni. Tout va bien pour nous!»

Ce tweet est loin d’être la première critique de Donald Trump envers la gestion du terrorisme dans la capitale britannique. C’est aussi une attaque très mal reçue par le premier maire musulman de Londres, Sadiq Khan. Il dénonce dans un communiqué «une trahison de la relation spéciale entre nos deux pays».

Theresa May semble décidée à calmer le jeu pour préserver la relation diplomatique qui unit le Royaume-Uni aux États-Unis. Néanmoins, le maire de la capitale a expressément demandé à la ministre d’annuler l’invitation officielle pour une visite d’État du président Trump au Royaume-Uni. Cette demande a d’ailleurs aussitôt été rejetée par Downing Street. Ainsi, ce tweet a bien remué le monde diplomatique entre les deux pays. Cependant, il a aussi fait quelques dégâts collatéraux.

Une autre Theresa attend des excuses

L’innocente victime à qui Trump a envoyé ses critiques se prénomme Theresa Scrivener. Elle est une citoyenne britannique de 41 ans ayant utilisé son deuxième prénom «May» lors de son inscription en 2009 sur le réseau social. La conséquence de cette nouvelle erreur de Donald Trump fut pour cette femme aux 6 abonnés twitter de se retrouver inondée aussi bien de messages que d’appels de presses, le tweet original ayant déjà été liké des milliers de fois.

Theresa attend désormais «un appel et des excuses de la Maison-Blanche», chose qui n’a toujours pas été réalisée, bien que le tweet ait été supprimé. Un torchon supplémentaire qui brûle sur la toile sans laisser tout le monde indemne et une fois de plus, le président américain n’était pas loin lorsque l’incendie s’est déclenché.

crédit photo : BBC News