L’économie de la mer : qu’est ce que c’est ?

L’économie de la mer : qu’est ce que c’est ?

Les 21 et 22 novembre derniers se sont déroulées les Assises de l’économie de la mer réunissant près de 1900 participants au Havre. Ces deux journées ont eu pour objectif de discuter des grands enjeux économiques liés au littoral français. Ces enjeux sont d’autant plus importants que la France possède un espace maritime de 11035000 km² qui fait d’elle la 2ème puissance économique maritime derrière les États-Unis. Mais ce concept d’économie de la mer reste vaste et très vague! Alors finalement, qu’est-ce que l’économie de la mer?

L’économie de la mer est souvent sous-estimée par trop de personnes. Cela est principalement dû au fait que cette économie reste méconnue du grand public. Cependant, c’est l’une de nos économies les plus dynamiques et diverses. L’économie «bleue» représente effectivement 5,4 millions d’emplois et une valeur ajoutée brute de près de 500 milliards d’euros par an, selon l’Union européenne.

L’économie du transport maritime avant toute chose

L’économie de la mer repose essentiellement sur le transport de marchandises. En effet, c’est le premier mode de transport de marchandises mondial. Elle représente près de 80 % des échanges mondiaux de marchandises, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire. Grâce au développement des porte-conteneurs et du cabotage (acheminement de marchandises et de passagers par mer entre des ports rapprochés), ce mode de transport s’est libéralisé, devenant l’un des moins coûteux.

Cependant, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a observé, en 2014, une inégalité persistante dans le coût du fret, selon le niveau de développement des pays. Effectivement, les pays en développement payaient en moyennes 40 % à 70 % de plus que les pays développés pour le transport international de leur importation. Cela s’explique principalement par le retard pris par ces pays dans leur réforme portuaire. Ainsi, l’économie «bleue» n’est pas seulement une économie porteuse, c’est une économie qui génère des inégalités.

La mer : une belle carte postale qui rapporte!

Au-delà du transport de marchandises, la mer joue un rôle non négligeable dans le secteur du tourisme. Le tourisme côtier et maritime est un important secteur touristique qui emploie plus de 3,2 millions de personnes, génère un total de 183 milliards d’euros en valeur ajoutée brute et représente plus d’un tiers de l’économie maritime, selon la Commission européenne.

Les croisières, en expansion ces dernières années, participent à l’accroissement de cette économie. Cependant, ce n’est pas le seul type de tourisme maritime. Il y en a de nouveaux qui se développent. Par exemple, le musée subaquatique de Cancún qui a été inauguré en 2009. C’est un concept étonnant qui consiste à admirer des œuvres, le tout en maillot de bain et en palmes! Au-delà de ça, c’est avant tout de l’éco-tourisme qui sensibilise le grand public à la conservation des ressources sous-marine.

Oeuvre du musée subaquatique de Cancún

La richesse alimentaire de la mer

Au-delà de la pêche traditionnelle, de nouveaux types de «pêches» se développent comme l’aquaculture qui croît d’environ 7 % par an depuis 2000. Cette dernière permet la production de poissons et de végétaux aquatiques, en rivière tout comme en mer, dans des conditions contrôlées ou semi-contrôlées par l’Homme. Beaucoup plus rentable et productive que la pêche traditionnelle, elle permettrait aujourd’hui de fournir près de la moitié des poissons que nous consommons, selon la Commission européenne.

Cependant, les ressources de la mer n’étant pas infinies et ce marché pouvant être exploité par tous, sous la seule condition d’avoir un filet ou une canne à pêche, plusieurs réglementations ont été mise en vigueur par certains pays afin de préserver la richesse de nos océans. Malgré cela, l’Union européenne estime que la pêche illégale représenterait, au niveau international, près de 10 milliards d’euros par an. C’est donc un point sur lequel il est nécessaire de travailler davantage et en cohérence avec les autres pays afin d’harmoniser nos actions avec celles des autres pour lutter contre ce fléau.

L’économie «bleue» source d’énergie verte!

La mer est une source d’énergies à la fois fossiles et renouvelables. Elle recouvre bien évidemment des gisements de pétroles et de gaz, mais elle permet également la production d’énergies vertes, grâce au développement de nouvelles technologies, résistantes aux conditions météorologiques en pleine mer.

L’entreprise française ENGIE fait notamment partie des précurseurs en la matière. En effet, elle est à l’initiative du développement des éoliennes offshores en France, permettant alors la création d’électricité via des éoliennes en pleine mer. Elle a aussi permis le développement de panneaux solaires flottant à Port Leucate, par exemple. Plus original encore, ENGIE a développé une nouvelle technologie : la géothermie marine! Cette dernière exploite la différence de température entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins. L’eau qui est alors pompée dans la mer et sur la côte, permet de produire, selon les besoins, du froid ou du chaud. L’eau est ensuite acheminée vers les bâtiments à chauffer ou à climatiser.

Il existe également d’autres technologies qui sont en développement comme les hydroliennes, qui produisent de l’énergie électrique grâce aux courants marins, et l’énergie osmotique qui, par la différence de salinité entre l’eau de mer et l’eau douce, crée une différence de potentiel et génère de l’électricité.

L’économie de la mer regorge donc de ressources alimentaires, mais aussi énergétiques. Elle est dynamique et génère beaucoup d’emploi notamment grâce au tourisme. L’économie «bleue» est surtout une richesse qu’il nous faut préserver pour les générations futures.

crédit photo : TOBIAS SCHWARZ, AFP, November 4, 2015

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