Jalouse : une comédie à l’italienne

Jalouse : une comédie à l’italienne

Jalouse est le nouveau film des frères Foenkinos : David et Stéphane. Sorti le 7 décembre dernier, ce film met en scène une professeur en lettres qui va être assaillie par un sentiment de jalousie. Interprété par Karine Viard, le personnage va progressivement passer d’une mère attentionnée à une femme d’une aigreur détestable.

Nathalie, cinquante ans, divorcée et professeur en lettres, bascule du jour en lendemain dans la crise de la cinquantaine. Celle-ci va bizarrement se manifester à travers une jalousie maladive. Elle se voit sur le déclin alors qu’autour d’elle tout le monde réussit, en tout cas c’est l’impression qu’elle a. La première victime de cette jalousie est sa fille Mathilde. Une toute jeune fille, belle et promise à une carrière de danseuse. Mais, cette maladie semble aussi contaminer tous les autres membres de son entourage que ce soit ses amis, sa famille et même ses collègues. Nathalie est une intellectuelle incomprise, elle ne cache pas sa jalousie et n’a pas peur de faire des remarques blessantes. Pourtant, malgré ce portrait repoussant, on finit tout de même par s’attacher au personnage.

Un scénario intelligent et drôle mais…

Un scénario particulièrement bien travaillé, des jeux de mots qui fusent agrémentés de dialogues particulièrement drôles; voilà ce que nous propose ce film. Pourtant, il y a cette Nathalie envieuse, baveuse et aigrie qui bouillonne intérieurement. Ce sont les symptômes d’une jalousie extrême qui la ronge. C’est à se demander si ce n’est pas elle la véritable victime du bonheur des autres.
L’identité du film réside dans cette jalousie qui définit entièrement le personnage principal de Nathalie, à tel point qu’elle en devient la parfaite allégorie. C’est là, la réussite des réalisateurs, qui en grossissant ce trait de caractère ont pu décrire toutes ses facettes. Malgré ses défauts, Nathalie ne cesse d’envoyer des piques cyniques qui nous amusent tout au long du film.

On peut même se demander si cette représentation du défaut de jalousie ne finit pas par dépasser les bornes. En effet plus on avance dans le film, plus la violence, les réflexions «vaches et méchantes» vont crescendo. On peut le voir dans la séquence où Nathalie avoue préférer avoir une fille laide comme celle de son amie. Cependant, là a été toute la finesse du jeu d’acteurs qui parvient à rendre cette «méchanceté» tolérable pour le spectateur.

Un casting d’exception

C’est un casting particulièrement bien réalisé que nous propose ce film avec Karine Viard dans le rôle de Nathalie, Dara Tombro dans celui de sa fille ou encore Anne Dorval dans celui de sa meilleure amie Sophie. Ces actrices ont su manier à la perfection les personnalités de chacun des personnages et ont ainsi évité la casse au film qui avait en effet ses défauts.

L’interprétation de Nathalie par K. Viard en fait un personnage bien plus profond qu’une simple femme envieuse et cynique. En effet, Nathalie réagit avec beaucoup d’impulsivité, mais finit toujours par regretter très vite. C’est là que l’on peut apercevoir son côté humain. Elle n’est pas simplement méchante; elle a une réelle souffrance. C’est le constat que l’on peut faire tout au long du film. Nathalie voit sa fille qui s’épanouir dans une nouvelle romance. Mais, elle le vit plutôt comme un abandon. Sa jalousie est aussi teintée de peine.

Nathalie est prise d’un mal-être et est en pleine crise de la cinquantaine. À travers le jeu d’acteurs, on arrive à voir cette subtilité entre «la femme méchante» et «la femme malheureuse». Sans oublier, bien sûr, les rôles secondaires qui créent une dynamique autour de cet antihéros comme Sophie qui est une de ses plus grandes victimes, et qui,  malgré toutes les attaques subies, aide son amie à sortir de cette mauvaise passe.

Le mot de la fin

Ainsi, les frères Foenkinos nous proposent un film relativement bien écrit : on apprécie les dialogues malgré certaines répliques pouvant parfois être considérées comme déplacées. Heureusement, celles-ci ne sont pas immédiatement condamnables et semblent refléter la complexité que Karine Viard offre à son personnage.

crédit photo : Allociné

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