Allemagne : bientôt un nouveau gouvernement ?

Allemagne : bientôt un nouveau gouvernement ?

Depuis les résultats du scrutin législatif du 24 septembre, l’Allemagne n’a toujours pas réussi à former une nouvelle coalition gouvernementale. Après l’échec de la négociation d’une coalition dite «Jamaïcaine» — libéraux, verts et conservateurs — la chancelière aborde une ultime phase de négociation avec les sociaux-démocrates (SPD) de Martin Schulz.

La chancelière Angela Merkel s’est dite «optimiste» à l’ouverture des négociations avec le SPD. Ces dernières ont pour espoir de sortir l’Allemagne de l’apathie politique dans laquelle elle est plongée depuis les résultats du 24 septembre. Par ailleurs, dimanche 7 janvier, Martin Schulz et Madame Merkel ont promis de façonner «une nouvelle politique». Dans un premier temps, afin de mieux lutter contre l’extrême-droite (AfD), mais aussi de poursuivre l’affirmation de la République fédérale dans le projet européen.
En effet, les résultats du scrutin du 24 septembre sont marqués par le déclassement des partis traditionnels. La CDU-CSU arrive péniblement en tête avec 33 % des voix, et le SPD loin derrière avec 21 % des suffrages. Les deux partis au gouvernement de 2013 à 2017 n’ont donc pas su séduire leurs électeurs.

© Bernd Von Jutrczenka, DPA, AFP | La chancelière allemande Angela Merkel et le leader du parti social-démocrate SPD Martin Schulz se serrent la main avant le début des négociations pour une coalition politique, le 7 janvier 2018.

La question migratoire fait débat

Si la CDU, la CSU et le SPD témoignent d’un réel désir de reconstruction gouvernementale, les sujets de discorde restent cependant nombreux. Ainsi, des divergences des positions sur la politique migratoire se font entendre. La CSU (plus à droite que la CDU) reconnaît certes le droit d’asile et le respecte, mais insiste pour réduire le nombre d’entrées de migrants sur le sol allemand, se basant sur les émeutes et les agressions sexuelles de 2015. Selon eux, une politique d’accueil trop généreuse fragilise et déstabilise la République fédérale. Le parti bavarois (CSU) a demandé à Mme Merkel de fixer un quota de 200000 réfugiés maximum. A contrario, le SPD demande un assouplissement du droit d’asile et du regroupement familial. Les partis vont également devoir s’entendre sur les questions fiscales et économiques, et notamment sur la promesse de campagne de la CDU de baisser substantiellement l’impôt sur le revenu.

La dynamique européenne au point mort

Deux jours après les résultats du scrutin du 24 septembre, Emmanuel Macron a exposé ses ambitions européennes à la Sorbonne. Il a indéniablement témoigné d’un profond dynamisme concernant la construction européenne :

«Je suis venu vous parler d’Europe. “Encore”, diront certains. Ils devront s’habituer parce que je continuerai. Et parce que notre combat est bien là, c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir. ».

Cet optimisme est pourtant resté presque sans réponse du côté allemand. Les difficultés à former une coalition gouvernementale plombent la dynamique européenne. Pourtant, l’Allemagne est le principal allié de la France dans le projet européen.

Des «États-Unis d’Europe»?

D’autant plus que sociaux-démocrates et conservateurs ne soutiennent pas la même vision de l’Europe. S’ils soutiennent tous Emmanuel Macron dans sa démarche, Martin Schulz, ancien président du Parlement européen entend aller encore plus loin. Il rêve d’une Europe fédérale, songe à des «États-Unis d’Europe». L’Allemagne devrait vraiment accélérer les négociations afin d’assumer son statut de 1ère puissance d’Europe. Pour Quentin Peel, spécialiste de l’Europe, il y a «urgence» (interview à France 24), car l’Allemagne doit préparer les élections européennes de 2019 et affirmer son rejet de l’extrême-droite. Malgré toutes les divergences et les réticentes des électeurs des différents partis, 53 % d’allemand sont favorables à une nouvelle «grosse Koalition».

crédit photo : Causeur

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