Remaniement : la partie de chaises musicales du gouvernement anglais

Remaniement : la partie de chaises musicales du gouvernement anglais

À l’approche d’une nouvelle phase de négociations sur le Brexit, Theresa May a opéré hier un remaniement de son gouvernement, éclaboussé depuis des mois par des scandales. Avec une faible marge de manœuvre, la Première ministre a tenté de donner un nouveau souffle à son gouvernement. Un jeu des chaises musicales perçu par les travaillistes comme un « coup de communication désespéré ».

Tout a mal commencé. Hier sur twitter, les Tories ont annoncé un peu trop vite l’arrivée de Chris Grayling, l’actuel ministre des Transports, au poste de président du Parti conservateur et de secrétaire d’État sans portefeuille. Car c’est en fait Brandon Lewis qui a été confirmé à ces postes par la Première ministre britannique. Ce dernier, qui occupait auparavant le poste de ministre de l’Immigration, remplace Patrick McLoughlin. Cette boulette, qui n’est pas passée inaperçue outre-Manche, a immédiatement été effacée du compte twitter du parti.

Des départs en cascade…

De nouvelles nominations étaient donc attendues suite à la vague de démissions qui a touché le gouvernement ces derniers mois. La plus marquante est sans doute celle en décembre dernier du vice-premier ministre Damian Green. Ce dernier s’est retrouvé au cœur d’une polémique après avoir reconnu mentir au sujet d’images pornographiques découvertes sur son ordinateur au Parlement de Westminster. Il s’agissait alors du troisième départ au sein du gouvernement depuis novembre. Il a été précédé par celui du ministre de la Défense Michael Fallon, ce dernier ayant été emporté par un scandale de harcèlement sexuel, et celui de la secrétaire d’État au Développement international Priti Patel, qui avait reconnu avoir mené une diplomatie parallèle avec Israël.

Ce lundi, c’est le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, James Brokenshire, qui a démissionné à la surprise générale en raison de problèmes de santé. Il a immédiatement été remplacé à ce poste stratégique par l’ancienne ministre de la Culture, Karen Bradley. Justine Greening a elle aussi annoncé sa démission après avoir refusé le portefeuille de la protection sociale et des retraites. Malgré la crise que traverse actuellement le NHS, le service de santé britannique, Jeremy Hunt garde son poste au ministère de la Santé, et se voit confier la responsabilité des affaires sociales.

Mais un renouveau quasi inexistant

Peu de nouveaux visages sont à découvrir dans ce gouvernement remanié. Alors que le pays s’apprête à se lancer dans la deuxième phase des négociations sur le Brexit avec Bruxelles, Theresa May a épargné les poids lourds du gouvernement. Le ministre des Finances Philip Hammond, la ministre de l’Intérieur Amber Rudd, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson ou le ministre en charge du Brexit David Davis seront a priori bien reconduits dans leurs fonctions. Ils représentent en effet l’équilibre indispensable à Theresa May entre « Brexiters » et « Remainers ».

David Lidington, ancien secrétaire d’État à la Justice, a été nommé secrétaire d’État au sein du Bureau du Cabinet. Il remplace ainsi Damian Green et présidera les principaux comités interministériels consacrés au Brexit. Il n’a cependant pas reçu le titre d’adjoint de la Première ministre, un poste qui reste toujours vacant. David Gauke prendra quant à lui sa place au ministère de la Justice.

Ce remaniement devrait marquer un nouveau départ pour la Première ministre, dont l’autorité a été fortement contestée depuis l’échec de son Parti conservateur aux élections législatives de juin 2017, où il a perdu sa majorité absolue.

Vous pouvez avoir un aperçu du gouvernement complet en cliquant ici.

Crédit photo : Europe 1

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