Las chicas del cable : la première série espagnole Netflix

Las chicas del cable : la première série espagnole Netflix

La première série espagnole “Las chicas del cable”, produite par Netflix et en collaboration avec Bambú, revient pour une deuxième saison depuis le 25 décembre dernier. Ce period drama retrace le parcours de quatre jeunes femmes en quête d’émancipation dans le Madrid de la fin des années 1920. Pari (presque) réussi.

Netflix fait à nouveau confiance à Las chicas del cable (Les Demoiselles du téléphone), sa première fiction espagnole originale. Elle avait conquis le public en racontant l’histoire d’un groupe de femmes engagées. La première saison raconte le tournant que prend la vie de Lidia (Blanca Suárez), Marga (Nadia de Santiago), Carlota (Ana Fernández) et Ángeles (Maggie Civantos) quand elles s’installent à la capitale pour travailler dans l’une des premières compagnies de téléphone du pays. Dans l’Espagne de la fin des années 1920, ce lieu symbolise pour les protagonistes le progrès et la modernité, et le métier de standardiste un moyen de s’émanciper dans une société dirigée par les hommes.

Une série teintée de féminisme

L’intrigue et l’univers sont originaux, notamment grâce à la reconstitution d’un cadre stylisé de Madrid des années folles et ses costumes d’époque. Las chicas del cable intègre à cette toile de fond historique un discours engagé pour reconnaître la place des femmes à une époque où le patriarcat catholique commence à être légiféré. La série se déploie autour de ces quatre jeunes femmes aux positions féministes bien affirmées. Elles ne cessent, par leur histoire personnelle et professionnelle, de poser des problématiques communes autour des droits des femmes et de l’identité sexuelle.

Une série proche des telenovelas

Bien que la série se concentre autour de l’amitié entre ces quatre femmes et leurs efforts pour défendre leur indépendance, Las chicas del cable ressemble plus à un drame romantique. Au cours des deux saisons, les romances ne cessent d’être projetées au premier plan, de telle façon que le triangle amoureux formé par Lidia (Blanca Suárez), Francisco (Yon González) et Carlos (Martiño Rivas) devient le principal moteur de l’action.

Cette importance acquise par les complots sentimentaux propres aux soap operas est symptomatique d’une série qui cherche parfois d’une manière effrontée (non libre mais préméditée d’accrocher le spectateur), que son message social engagé est terni. Pour Netflix, la mission est sans doute double : attirer ou fidéliser le public local tout en promouvant la fiction espagnole à travers le monde.

Crédit photo : Netflix