Le CDU et SPD trouvent un accord pour diriger l’Allemagne

Le CDU et SPD trouvent un accord pour diriger l’Allemagne

Ce vendredi 12 janvier, la direction du parti social-démocrate allemand (SPD) a approuvé le principe d’un gouvernement avec les conservateurs d’Angela Merkel. Une décision qui doit encore être validée lors d’un congrès extraordinaire à Bonn.

La machine allemande semble avoir remis un peu d’huile dans ses rouages. Après plus de cinq jours de discussion au siège du SPD, le parti dirigé par Martin Schultz a approuvé un gouvernement avec les chrétiens-démocrates (CDU) d’Angela Merkel. Dans un communiqué publié dans la journée, la direction a annoncé « mandater une commission » chargée de mener des discussions afin de former un contrat de coalition. Ces tractations ont toutefois accouché d’un accord de 28 pages, d’où ressort un sujet d’enjeu majeur, celui de la situation avec les migrants. Ainsi, une stricte limitation du regroupement familial pour les réfugiés d’une protection subsidiaire (ceux qui ont obtenu un titre de séjour d’un an renouvelable) a été arrêtée. Mais également le plafonnement des demandeurs d’asile, entre 180 000 et 200 000 par an.

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Il faut dire que la traversée du désert a été longue. Pour rappel, Angela Merkel avait été reconduite de justesse pour un quatrième mandat en septembre dernier. Mais lors de ces élections législatives, son parti n’avait recueilli que 32,9 % des voix. Une victoire au goût amer, car comme le rappelait alors l’AFP, il s’agissait du plus mauvais score enregistré depuis 1949. Les sociaux-démocrates, avec qui Angela Merkel a toujours composé, n’avaient pas fait mieux : 20,8 % de voix enregistrées. Une catastrophe, amplifiée par la percée de la droite dure AfD, et ses 13 % de voix.

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Face à cette hécatombe, notamment expliquée par la volonté de la chancelière d’ouvrir en grand ses frontières aux réfugiés, Angela Merkel doit constituer un quatrième gouvernement. À l’époque, le SPD, sanctionné dans les urnes, se désolidarise. Et là, c’est le drame. La simple idée de s’allier avec l’AfD fait frissonner celle dont le caractère a été forgé dans l’ancienne RDA. Pendant longtemps, la seule solution envisagée est celle de la fameuse coalition jamaïcaine, soit une alliance avec les libéraux FDP et les Verts. Du noir, du vert et du jaune. Sauf que les couleurs ne prennent pas, et c’est un échec cuisant, tant leurs lignes politiques minutieusement mijotées dans les arrières cuisines du pouvoir divergent sur des sujets beaucoup trop importants, comme l’Europe, l’environnement et surtout les réfugiés. Si cette décision trouvée in extremis s’apparente à une sortie de crise, rien n’est encore définitivement joué. Le dimanche 21 janvier, le SPD, conduit par Martin Schulz, doit décider lors d’un congrès extraordinaire à Bonn s’il valide, ou pas, cet accord. Emmanuel Macron s’est en tout cas dit « heureux et satisfait » du compromis trouvé en vue d’une coalition tant attendue. Rien d’étonnant, pour celui qui incarne désormais l’avenir d’une Europe optimiste.

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