Lancement réussi pour la fusée Falcon Heavy

Lancement réussi pour la fusée Falcon Heavy

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Ce mardi 6 février 2018, la fusée Falcon Heavy s’est élancée avec succès dans l’espace en direction de Mars. A son bord, un faux astronaute au volant d’une voiture Tesla. Il devient le symbole de cet événement historique et incarne les premiers pas de l’Homme vers la colonisation de Mars.

Ce mardi 6 février, SpaceX lançait dans l’espace sa Falcon Heavy, la fusée « la plus puissante au monde ». Un défi de taille relevé avec brio par l’entrepreneur-milliardaire Elon Musk. Devant des millions de spectateurs à travers le monde, la fusée s’est élancée dans l’espace. Elle a décollé depuis le pas de tir 39A du Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral en Floride. Ce dernier est déjà connu pour avoir accueilli les missions Apollo qui ont permis aux Américains d’aller sur la Lune.

Succès d’un vol à haut risque

Faire décoller un tel objet semble être un défi impossible à réaliser. C’est pourtant ce qu’a fait SpaceX ce mardi, après plusieurs reports. La « méga-fusée » mesurant 70 mètres, avoisinant les 1500 tonnes et comportant 27 moteurs, s’est donc élancée générant une poussée maximale de 2500 tonnes. Cela représente l’équivalent de 18 Boeing 747. Comme prévu, les deux propulseurs latéraux se sont détachés de la fusée 2 minutes 30 après le décollage. Cependant, le propulseur central a raté sa cible à cause d’un moteur défaillant. Il n’en reste pas moins que ce vol peut être considéré comme un large succès pour Elon Musk qui craignait une « explosion au décollage ».

Une fructueuse entreprise de communication

Diffusé en direct sur Internet, l’événement historique pour SpaceX a rassemblé plus de deux millions de personnes sur Youtube. Elle se place donc directement à la deuxième place des vidéos en direct les plus vues de la plate-forme, juste derrière le Red Bull Stratos. En 2012, ce projet avait permis à Felix Baumgartner de battre le record du monde de saut en chute libre devant plus de huit millions de personnes.

En outre, Elon Musk avouait à Ars Technica que ce vol n’avait qu’une chance sur deux de réussir. Ainsi, pour des raisons économiques en cas d’échec, la fusée ne comportait pas de satellite prêt à être lancé en orbite autour de Mars. La charge utile embarquée à bord était donc seulement… une voiture électrique à 170 000 dollars de la marque Tesla dont Musk est également le patron.

 

Ainsi, il a symboliquement placé au volant de la décapotable rouge un mannequin d’astronaute surnommé « Starman ». Référence à David Bowie dont la musique « Space Oddity » est diffusée en boucle dans la fusée. Le message « Don’t Panic » affiché sur le tableau de bord du véhicule, qui porte la mention « Fabriqué sur Terre par des humains », est quant à lui un clin d’œil au Guide du voyageur galactique de Douglas Adams.

Cependant, quelques semaines seulement après la mise en orbite d’une boule à facettes autour de la Terre, certains voient à travers l’envoi de cette voiture vers Mars un nouveau moyen de polluer l’espace. Qu’importe, pour le patron américain. Il est parvenu à associer ses deux entreprises et à transformer cet événement historique en immense campagne de communication.

Le premier pas vers la colonisation de Mars ?

Lors du 67ème Congrès International de l’Astronautique à Guadalajara (Mexique) en septembre 2016, Elon Musk livrait son ambition de conquête de l’espace.

« Je pense qu’il y a vraiment deux chemins fondamentaux. L’Histoire est en train de bifurquer dans deux directions. Un chemin est que nous restions sur Terre pour toujours, avec l’éventualité qu’un événement d’extinction survienne. […] L’alternative est de devenir une civilisation spatiale et une espèce multi-planétaire, et j’espère que vous conviendrez qu’il s’agit là du bon chemin à prendre », déclarait-il.

Il espère que Mars pourra à terme abriter plus d’un million de personnes. Musk prévoit donc de lancer dès 2024 son premier vol habité en direction de la planète rouge. La NASA n’en prévoit un qu’en 2029. S’il avoue cependant qu’il y a de bonnes chances que son projet n’aboutisse pas, il n’en reste pas moins optimiste de faire de grands progrès. Il entend ainsi « rendre Mars possible, donner le sentiment qu’il s’agit de quelque chose que nous pourrons faire de notre vivant ». Cependant, la fusée qu’Elon Musk imagine pour ses vols habités, la Big Falcon Rocket devrait être en mesure d’emporter avec elle 150 tonnes en orbite basse. Contrairement à Falcon Heavy qui n’a une capacité que de 64 tonnes.

Quoiqu’il en soit, le succès du vol inaugural de Falcon Heavy traduit une énorme avancée symbolique incarnée par « Starman ». En 1973, David Bowie se questionnait sur la possibilité de l’existence de vie sur Mars dans « Is there life on Mars ? ». Il se pourrait bien désormais que son propre personnage, dans une autre chanson, le « Starman waiting in the sky » s’apprête lui-même à y apporter la vie une bonne fois pour toute.

Crédits photo : SPACEX/AFP/HO


Article rédigé par Constant Espanel