Lauryn Hill, une légende en deux albums

Lauryn Hill, une légende en deux albums

A l’occasion des vingt-deux ans de la sortie de The Score des Fugees, le 13 février 1996, Sorb’on souhaite revenir sur les deux albums phares de la chanteuse du groupe : Lauryn Hill.

Lauryn Hill est aujourd’hui considérée comme une légende. Elle a marqué l’histoire du hip-hop avec The Score des Fugees, et par sa carrière solo, avec son unique album The Miseducation of Lauryn Hill.

The Score : Lauryn Hill et les Fugees propulsés sur la scène hip hop mondiale

C’est en 1996 que la carrière de Lauryn Hill débute véritablement avec la sortie de l’album The Score des Fugees. Elle n’a alors que 21 ans. C’est un succès immédiat et un séisme musical sur la scène rap de l’époque. L’album se vent à plus de 6 millions d’exemplaires aux États-Unis. Il remporte le Grammy du Meilleur Album Rap de l’année. Le groupe se distingue des têtes d’affiche de l’époque en proposant un album frais et hybride. Il est teinté de sonorités à la fois hip hop, soul et caribéennes. Le groupe se démarque par l’alliance de revendications sociales très fortes et d’un son hip hop à la fois percutant, incisif et intimiste, ce qui manque à la scène d’alors.

The Score est un album composé de tubes devenus classiques. Ils permettent à Lauryn Hill d’imposer sa voix sur le devant de la scène. Celle-ci repose sur un mélange de flow rappé et de soul. Les auditeurs de l’époque ont encore le souvenir de l’irruption de la voix troublante de la chanteuse dans le refrain de « Ready Or Not ». Il sonne alors comme un avertissement : les Fugees sont là et ont pris d’assaut le hip-hop mondial.

C’est surtout la reprise de « Killing Me Softly » de Roberta Flack qui va marquer définitivement les 90’s de la voix de la chanteuse. La chanson est un énorme succès. Lauryn Hill développe une signature vocale et visuelle unique : de la coupe afro aux dreadlocks, la chanteuse s’affirme pleinement comme une héritière de la culture afro-américaine. Il est intéressant de constater que cet album est le deuxième et le dernier des Fugees. Le groupe a une carrière aussi courte que fulgurante.

Les tensions grandissantes entre Lauryn Hill et Wyclef, vont entraîner la dissolution du groupe qui se sépare en 1997, soit un an après le succès de The Score. Cette période apparaît alors comme un tournant pour la carrière de la chanteuse. Alors qu’elle entame une relation avec Rohan Marley (fils de Bob Marley), et qu’elle attend son premier enfant, Lauryn Hill profite du succès des Fugees pour débuter sa carrière solo.

The Miseducation of Lauryn Hill : la consécration de la chanteuse en solo

Lauryn Hill sort son premier et unique album solo à l’âge de 23 ans. A l’instar de The Score, l’album triomphe sur la scène mondiale. Sorti en 1998, The Miseducation of Lauryn Hill est l’album de tous les records : 430 000 copies vendues la première semaine (ce qui est une première pour une artiste féminine), 10 nominations aux Grammys dont 5 remportés, notamment le prestigieux Album Of The Year. C’est la première fois qu’un album hip-hop remporte ce prix. Cet album est d’une rare qualité. Il est considéré par beaucoup comme l’un des derniers grands opus féminins, à l’image de Baduizm d’Erykah Badu.

L’album mélange des sonorités hip-hop, néo-soul et reggae. Il propose des collaborations avec des artistes de renom tels que Carlos Santana, Mary J. Blige ou encore D’Angelo. L’artiste reprend les thèmes engagés des Fugees, tout en introduisant des thèmes plus personnels, tels que la rupture amoureuse, la grossesse, ou la spiritualité. The Miseducation fait très justement la balance entre le rap de Lauryn Hill, avec des titres comme « Lost Ones » ou « Final Hour », et des chansons plus soul.

Les titres chantés de Lauryn Hill constituent la véritable force de l’album. On peut ainsi penser à « To Zion », accompagné par la guitare de Carlos Santana. La chanteuse y pose sa voix afin de proposer une ode à la vie, teintée d’une spiritualité qui lui est propre. Un des autres titres phares de l’album est « Nothing Even Matters ». Lauryn Hill et D’Angelo offrent un titre néo-soul très efficace qui laisse entendre leurs voix s’entremêler avec une certaine grâce, digne des duos de Roberta Flack et Donny Hathaway.

Mais un des coups de cœur de cet album est sans doute la reprise de « Can’t Take My Eyes Off Of You ». L’artiste propose une version rénovée de ce classique de Frankie Valli. Accompagnée d’une production très artisanale, la chanteuse propose une version unique de la chanson. Le refrain, porté par l’émotion de la voix de Lauryn Hill, apparaît alors comme un cri du cœur, qui séduit immédiatement dès la première écoute. Finalement, cet album plaît par sa sincérité.

La fin d’une carrière

Une des caractéristiques de Lauryn Hill est donc la précocité de sa carrière. Celle-ci débute à l’âge de 13 ans et s’achève très précocement dans les années 2000. Elle n’a alors que la vingtaine. Elle n’a réalisé que trois albums.

La chanteuse s’est retiré progressivement de la scène musicale, dont elle ne supportait plus les pressions. Elle voit également son image ternie par diverses procédures judiciaires. Malgré une fin de carrière prématurée, Lauryn Hill conserve son statut d’icône en laissant un héritage musical conséquent.