« Douce amère » : les illusions perdues d’une femme moderne

« Douce amère » : les illusions perdues d’une femme moderne

Écrite en 1970 par Jean Poiret et aujourd’hui mise en scène par Michel Fau, Douce amère offre le portrait d’une femme imprévisible, Elisabeth (Mélanie Doutey). Après avoir délaissé son mari Philippe (Michel Fau), elle séduit autant qu’elle agace trois hommes, incarnations de trois fantasmes : la liberté, la jeunesse et l’autorité.

Une scénographie moderne et sophistiquée

Le plateau tournant aux allures futuristes marque une différence. Ainsi, la modernité est mise en parallèle à la musique classique des premières secondes de la représentation. Très coloré, il nous fait entrer dans un appartement des années 1970 dévoilant tour à tour un canapé, une table et une terrasse.

En arrière-plan, un tableau représentant des signaux musicaux change de couleur à chaque nouvelle scène. Il illustre le déclin des relations qu’Elisabeth entretient avec son mari puis ses amants.

Comme d’habitude, célèbre chanson de Claude François, est également audible à chaque changement de décor dans des interprétations variantes. On la retrouve alors en a capella, en anglais ou chantée par une femme sur des rythmes latinos style bossa nova.

 Photo éditoriale, de gauche à droite : Michel Fau, Rémy Laquittant, Christophe Paou, Mélanie Doutey, David Kammenos.

Une mante religieuse éprise de liberté

Elisabeth est mariée depuis huit ans avec Philippe, un mari à la fois attentionné et manipulateur. Elle s’ennuie alors et séduit trois hommes les uns après les autres. Cependant, elle ne se satisfait pas vraiment de cette nouvelle vie. Elle charme tour à tour un coureur automobile, un jeune hippie naïf et un amateur d’opéra. Ainsi, Elisabeth tente de s’affirmer en instaurant son autorité dans une domination subtile sur chacun de ses amants. Tiraillée entre cette liberté nouvelle et la nostalgie de sa vie maritale, la volonté de dominer et d’être dominée, Elisabeth aime puis se lasse.

« Ce ne sont que des scènes de crise, c’est un enchaînement de conflits », précise le metteur en scène.

Délaissée par ses trois conquêtes, c’est seule qu’Elisabeth apprendra à se découvrir et qu’elle décidera de ce qu’elle désire vraiment. 

Douce amère, mise en scène et avec la participation de Michel Fau, jusqu’au 22 avril 2018 au théâtre des Bouffes Parisiens.

Infos pratiques :

  • Site web
  • Pour bénéficier du Tarif JEUNE (- de 26 ans), réservez les mercredis et les jeudis au 01.42.96.92.42 (selon disponibilités)

Crédits photo : Marcel Hartmann

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