Violences et condamnations à la Faculté de droit de Montpellier

Violences et condamnations à la Faculté de droit de Montpellier

Mercredi 28 mars, un professeur de droit et l’ex-doyen de la Faculté de Montpellier ont été placés en garde à vue. Retour sur les violents événements qui ont conduit à cette enquête.

De nombreuses Facultés de France organisent des blocus contre la loi Vidal et c’est avec violence que sont réprimés les mouvements. C’est le cas de la Faculté de droit de Montpellier où des étudiants ont été battus par des individus cagoulés et armés.

Les faits

Alors que des manifestants se mobilisaient dans toute la France le jeudi 22 Mars pour protester contre la sélection à l’entrée des Universités, des étudiants se sont réunis en assemblée générale à la Faculté de droit de Montpellier et  ont décidé d’occuper les locaux jusqu’au lendemain afin de s’assurer de pouvoir reconduire une seconde assemblée.

Mais, dans la nuit, alors qu’une quarantaine d’étudiants occupaient un amphithéâtre, avec la sécurité présente  devant les portes principales, des individus cagoulés entrent par les portes annexes et commencent  à battre les étudiants à coups de bâtons et de palettes de bois brisés pour les faire sortir. En témoignent plusieurs vidéos mis en ligne quelques heures après montrant ces  personnages en noir frappant gratuitement les occupants de l’amphithéâtre tentant alors d’évacuer la salle.

 Ceux qui condamnent contre celui qui approuve

Si la ministre Frédéric Vidal a immédiatement condamné cet acte et missionner l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), le doyen de la faculté, Philippe Pétel, s’est défendu des accusations contre lui, affirmant qu’il avait laissé entrer les agresseurs.

Le lendemain, il répond à CheckNews puis France 3 qu’il n’est pas « à l’initiative de la venue de ces hommes en noir ». Il défend là une cinquantaine d’étudiants en droit qui auraient voulu se défendre contre l’occupation et se déclare « assez fier » d’eux, allant jusqu’à dire qu’il « les approuve totalement ».

Christophe Barrel, Procureur de la République de Montpellier, a ouvert une enquête vendredi 23 Mars pour « enquête pour des faits de violences en réunion et avec une arme ».

Le président de l’université, Philippe Augé, qui avait déclaré plus tôt s’en remettre à l’autorité judiciaire pour que « la lumière soit faite sur ces évènements », a annoncé la démission du doyen de l’université qu’il présente comme « un premier élément qui doit contribuer à l’apaisement sur le site. »

L’objectif étant que les cours puissent reprendre la semaine suivante, pendant que l’enquête se poursuit.

Les premières poursuites

C’est 5 jours plus tard, mercredi 28 mars que l’ex-doyen Philippe Pétel et un professeur de droit, Luc Coronel de Boissezon, sont placés en garde à vue. Huit victimes et le président de l’université auraient porté plainte.

Si l’ex-doyen continue de démentir toute implication, Jean-Luc Coronel lui ne nie pas avoir porté des coups, affirmant qu’il était bien présent dans l’amphithéâtre le soir de l’agression et à visage découvert. Il a même ajouté auprès de Libération : « Je n’ai pas l’habitude, lorsque je suis agressé, de rester passif. »

D’autres noms d’enseignants ont circulé après avoir été tagués sur les murs de la faculté. Une liste d’accusés a même été publiée sur un site antifasciste montpelliérain, parmi les noms figurait celui du professeur en cause. Concernant les autres professeurs, certains témoignages restent contradictoires.

Pour l’heure, la fermeture de l’université se poursuit jusqu’à ce que la situation redevienne « complètement apaisée », espère le président de l’université.

Crédit photo : France 3

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