Cata Pirata, une artiste passionnée

Cata Pirata, une artiste passionnée

Le week-end dernier se tenait à Paris le Festival « Les Femmes s’en mêlent » à la Machine du Moulin Rouge, un événement prônant la création artistique féminine, qui s’inscrit dans la continuité de la Journée internationale de la femme. Sorb’on a rencontré pour vous Cata Pirata, chanteuse du groupe Skip & Die pour parler musique, féminisme et féminité.

  • Salut Cata ! Présente-toi un peu : qui es-tu et d’où viens-tu ?

Alors, je m’appelle Cata Pirata et je suis sud-africaine, mes parents aussi le sont. Mais j’ai vécu dans plein d’endroits différents comme en Argentine, en Angleterre, ou en Hollande à Amsterdam, et aujourd’hui je vis dans les Caraïbes sur une toute petite île qui s’appelle Aruba, pas très loin du Venezuela.

  • À propos de ta carrière, comment et quand a-t-elle commencé ?

J’ai commencé ma carrière artistique dans les arts plastiques ; je faisais beaucoup d’installations, de collages, etc. Et en même temps j’ai toujours écrit des chansons, sans les mettre en musique pendant longtemps. Et puis un jour, un ami m’a proposé de chanter comme chœur dans son groupe et j’ai accepté de travailler pour lui, mais j’avais envie de faire « ma » musique et j’ai commencé à travailler avec Skip & Die pour qui j’écrivais et je composais. J’ai ensuite rencontré Yori, du même groupe, et c’est comme ça que mon aventure a commencé. En 2012, nous avons sorti le premier album de Skip & Die.

  • C’est assez difficile de définir ton art. Je dirais cosmopolitisme, couleurs et énergie. Et toi en trois mots, comment le définirais-tu ?

Je dirais « collage » dans le sens art plastique, pour le mélange de cultures, de croyances et aussi de mots. Oui, collage ça convient bien. Je dirais aussi « ying-yang » pour la masculinité et la féminité ; et pour le troisième : passion !

  • Pourquoi es-tu présente au festival « Les Femmes s’en mêlent » aujourd’hui ?

Je suis déjà venue jouer ici avec Skip & Die il y a quelques années, et c’est très important d’être à nouveau ici. Ce festival représente un thème de plus en plus actuel. Je suis en train de préparer mon premier album solo et mes textes parlent beaucoup de cette prise de pouvoir par la femme, de l’« empowerment of women ». Être ici toutes ensemble, c’est une manière de dire : bon, ça y est, c’est le moment. Et montrer que la femme y a toute sa place, pour tout. Que ce soit dans la musique, au sein du foyer, ou dans le monde. C’est pour ça que c’est important pour moi.

  • Comment vis-tu ta féminité ? C’est quelque chose d’important pour toi au quotidien ?

Oui c’est très important pour moi. Il y a deux ans, j’ai eu mon premier enfant. Je suis une maman à présent, et ça m’a beaucoup changé. Je me sens plus forte dans le sens où je l’élève seule et c’est à moi que revient la responsabilité de faire des choix pour moi. Mais aussi pour lui. Je dois être forte mais également très douce pour lui montrer qu’il y a aussi beaucoup d’amour. Je me sens plus femme aujourd’hui. J’étais beaucoup plus extravertie avant, mais maintenant je suis beaucoup plus calme (rires). Je me pose et je me dis : alors ça, j’ai envie de le faire, et ça, non. Puisque je ne suis plus seule, je ne peux plus tout faire. Je préfère faire moins de choses mais les faire bien.

  • Te définis-tu comme féministe ? Qu’est-ce que le féminisme pour toi ?

Oui, je suis féministe. Le féminisme, c’est avant tout, pour moi, l’égalité pour tous. Je ne veux pas dire que les femmes sont supérieures, mais l’égalité c’est juste la base en fait. Le machisme et le patriarcat sont néfastes pour nous tous. Il est donc temps de changer ça.

  • Quelles sont les femmes qui t’inspirent dans ta musique et dans ta vie quotidienne ?

Il y a beaucoup de femmes qui m’inspirent. Toutes les femmes. Elles sont beaucoup à agir pour faire bouger les choses.

  • Une des chansons avec ton groupe Skip & Die s’appelle « Mami Wata », et c’est une figure qui revient assez souvent sur tes réseaux sociaux. Tu appelles ton fils « Baby Wata » par exemple. Peux-tu m’expliquer un peu qui elle est et pourquoi tu t’y intéresses tant ?

Mami Wata c’est la déesse de l’eau, mais c’est surtout une force, un modèle féminin. C’est ça pour moi. Quand j’étais enceinte, mon corps a beaucoup changé, la vie m’a fait évoluer, j’ai radicalement changé. Je n’ai pas la prétention de dire que je suis Mami Wata, mais c’est une force féminine, une énergie qui me guide et qui est très importante pour moi. Mais Baby Wata, si, c’est Baby Wata ! (rires)

Crédits photo : Caroline et Audrey Protat

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