XDOLLS et ses « Sexdolls » : la première maison close française depuis 1946

XDOLLS et ses « Sexdolls » : la première maison close française depuis 1946

Depuis la loi Marthe Richard de 1946, les maisons closes ne sont plus autorisées en France. Marthe Richard est une ancienne pilote, espionne, femme politique, écrivaine et prostituée. Choquée par le délabrement et l’insalubrité des maisons closes parisiennes, elle dépose le 13 décembre 1945 devant le Conseil Municipal de Paris, un projet pour la fermeture des maisons closes.

Les sex-dolls : une mode du XXIe siècle

À l’air du numérique, de la multiplication des technologies et de leurs performances croissantes, la 3ème Dimension semble définitivement s’imposer. Les sex-dolls sont des poupées de métal recouvertes de silicone. Leur aspect est modulable selon les désirs et les fantasmes du consommateur : cheveux blonds, bruns, roux, fortes poitrines (cela semble être un dénominateur commun), parfois enceintes etc. Ces poupées au réalisme troublant dérangent l’opinion publique.

La mode naît au Japon en 2003 avec l’ouverture du club Doll No Mori ou « la forêt des poupées » qui compte désormais plus de quarante antennes dans tout le pays. Cette pratique manifestement en vogue est désormais commercialisée et pratiquée en Europe et notamment en France.

XDolls à Paris

Joachim Lousquy est le premier à commercialiser en France ce qui est désormais courant au Japon. Dans son immeuble du XIVe arrondissement de Paris, il propose Lily, Sofia et Kim à ses clients pour « une heure de jeu » dans une chambre lounge et glamour adaptée pour l’occasion. L’heure avec une de ces dames de silicone est facturée 83 euros. L’excellent niveau d’hygiène est vanté par le propriétaire qui impose l’usage du préservatif à ces clients et nettoie et aseptise ses poupées entre chaque utilisation. En fin de journée, Lily, Sofia et Kim ont la tête « dévissée et sont crochetées au mur » afin de profiter d’une bonne nuit de sommeil.

Le plaisir 2.0

Si de plus en plus d’émissions et d’ouvrages sont consacrés à la robotisation en devenir de notre société, ces poupées sexuelles sont l’incarnation de cette angoisse. Bientôt elles pourront parler et réagir aux sollicitations du client.
La sexualité est l’intime. L’intime est la sexualité. Cette maison de poupées pour adultes n’entrave la liberté de personne et n’empiète singulièrement pas sur autrui — puisqu’ici autrui n’existe pas. Légales et inoffensives ces poupées mises en scène dans des positions lascives et érotiques sont pourtant effrayantes voire glauques. Elles bousculent la frontière entre sex-toys et prostitution.

Inertes certes, l’objectif de leurs créateurs est de les rendre toujours plus réelles. Dès lors, que cherchent vraiment les consommateurs ? La levée absolue des contraintes de leurs désirs sexuels — entravée au quotidien par leurs partenaires de chair et d’os ? Hélas cela est limité car par essence, sans contrainte il n’y a plus de désir.

Enfin XDolls pourrait relancer le débat de la levée de l’interdiction des maisons closes en France. Ces lieux de « débauche organisée » selon l’expression de Marthe Richard permettraient-ils un meilleur contrôle sanitaire et humain de la prostitution ?