Epopée et péripéties internationales du canal de Suez à l’Institut du monde arabe

Epopée et péripéties internationales du canal de Suez à l’Institut du monde arabe

Il y a presque 70 ans, les Égyptiens reprenaient la gestion du canal de Suez grâce à la nationalisation opérée par Nasser. L’exposition L’épopée du canal de Suez : des pharaons au XXIe siècle retrace l’histoire de réalisation hydraulique la plus longue au monde. Stratégies économiques, enjeux politiques… Le canal de Suez dépasse largement la prouesse technique et s’inscrit aujourd’hui comme un hub incontournable des échanges internationaux.

1869. L’inauguration du canal de Suez en présence de l’impératrice Eugénie intensifie les liens franco-égyptiens. Napoléon III reste en Europe pour rassembler les forces militaires face à la Prusse. Mais pourquoi un évènement d’une telle envergure est-il relayé au second plan de la scène politique mondiale ?

Un flair d’affaires : de Lesseps saisit l’opportunité

Fils d’un diplomate des pays orientaux, Ferdinand de Lesseps tire son épingle du jeu. L’homme d’affaires profite de sa position pour tenter de convaincre la famille royale égyptienne de la nécessité de construire un canal entre la mer Méditerranée et la mer Rouge. Si le souverain Mehmet Ali ne compte pas céder aux pressions intéressées des Occidentaux, son fils, Saïd Pacha, est beaucoup plus sensible aux plaidoiries de Lesseps. En effet, l’homme d’affaires l’a pris son sous aile quelques années auparavant. Cousin par alliance de l’impératrice Eugénie, l’avocat du projet obtient facilement le soutien de l’Empire.

Puis, l’empire et ses institutions politiques, les Polytechniciens Saint-simoniens et leur savoir-faire d’ingénieurs, les investisseurs francophones et leur force économique rassemblent leur pouvoir pour mener à bien un projet inédit.

Le lourd coût du canal et le poids de l’histoire

Les travaux d’une colossale envergure sont coûteux. De Lesseps ne rassemble pas suffisamment d’actionnaires et force la main du souverain égyptien de manière à ce que le royaume se rende possesseur de presque la moitié des actions, au dépens d’un endettement faramineux.

La période est sombre pour l’Égypte : seul l’esclavagisme peut accroître la force de travail à moindre coût. Jusqu’à 23 000 fellahs sont recrutés chaque mois au cours des 10 années de construction.

Un chantier pharaonique

Après une période de fermeture couvrant quasiment une décennie à la suite de la guerre des Six Jours, le projet fortement appuyé par Lesseps constitue aujourd’hui un atout majeur pour l’Égypte à l’heure de l’intensification des échanges commerciaux. Le maréchal président Al — Sisi annonce ainsi en 2015 le doublement du canal de Suez. Les travaux sont cette fois confiés à des sociétés égyptiennes.

Informations pratiques :

  • • Du 28 mars au 5 août 2018
  • • À l’Institut du monde arabe : 1, rue des Fossés-Saint Bernard, Place Mohammed V (75005 PARIS)
  • • 10 h-18 h en semaine, 10 h-19 H week-ends et jours fériés
  • • 6 € pour les moins de 26 ans, 12 € à plein tarif