Ce qu’il s’est vraiment passé à Malesherbes

Ce qu’il s’est vraiment passé à Malesherbes

Dans le contexte de mobilisation étudiante contre la loi ORE, des étudiants ont occupé Malesherbes, un centre de Sorbonne Université. Les portes sont pourtant restées fermées jusqu’à la triste attaque du jeudi 10 mai. Que s’est-il vraiment passé ?

Le centre Malesherbes de Sorbonne Universités traverse la même situation que Clignancourt à quelques semaines près. Dès le 11 avril, date de la première tentative de blocage, la tension est montée. Depuis, quelques étudiants mobilisés occupent le centre. Mais l’administration communique au jour le jour via l’ENT et nous ne savons pas exactement ce qu’il s’y passe. Une traversée en plein brouillard, donc. Qu’en est-il de ces étudiants résistants bloqueurs ? Pourquoi n’y a-t-il aucune communication ?

Une occupation pacifique mais sous tension

A la recherche de réponses, nous avons contacté le commob de Malesherbes. Le doyen a décidé de fermer les portes et de n’autoriser aucune entrée physique ou matérielle dans le centre. Notre fac est fermée même aux heures d’ouverture et les étudiants bloqueurs ne peuvent se ravitailler. La sécurité a reçu l’ordre de confisquer toute nourriture.

L’AG a voté lundi dernier le blocage de l’université jusqu’à samedi inclus. Mais depuis, personne ne sait réellement ce qu’il s’y passe. Personne ne sait non plus que l’ordre est bel et bien d’enfermer les étudiants jusqu’à ce qu’ils sortent par eux-mêmes. Les négociations avec le doyen et l’administration ne sont pas fructueuses, il n’y a pas de dialogue.

Ce que regrette aujourd’hui le comité de mobilisation de Malesherbes, c’est cette impossibilité à faire venir les étudiants pour discuter, débattre, voter. Pour eux, la question de la résistance contre la loi ORE ne peut pas être posée dans le cadre d’un vote électronique. Celle-ci doit être débattue, partagée et doit avoir un rôle unificateur plutôt que de mener à de telles disparités.

Un non-dialogue qui ne laisse pas de place au débat, un refus de donner l’occasion aux étudiants de venir partager et discuter avec les bloqueurs… Enfin, une confiscation de nourriture pour pousser les étudiants à sortir du centre. Voilà le résumé de ce qu’il se passe vraiment à Malesherbes. Le centre s’engageait pourtant dans l’ouverture à de nouvelles perspectives de lutte.

L’attaque du centre

Le jeudi 10 mai à 12h, des anti-bloqueurs ont forcé la porte de derrière (arrivant sur la salle des machines à café) et se sont infiltrés dans le centre. Des informations provenant de l’intérieur du centre nous disent qu’ils auraient jeté la nourriture par terre et renversé chaises et tables.

Des ordinateurs et des téléphones portables ont été volés. Certains étudiants sont restés cachés dans les toilettes, d’autres sont partis prévenir les vigiles pour qu’ils puissent alerter eux-mêmes la police. Pourtant, les vigiles et la sécurité ne sont jamais intervenus. Il y a eu des violences physiques (une baffe et un crachat contre un étudiant) mais aussi verbales (menaces de viol à une étudiante). Il semblerait aussi que ce groupe (une trentaine environ) soit le même que celui qui était venu le matin même à Clignancourt et à Malesherbes jeudi dernier armés de gants renforcés et de barres de fer.

Une fois la police sur place, le groupe s’est dispersé. Devant les portes de Malesherbes, il semblerait que dix personnes de ce groupe aient cogné à terre un étudiant mobilisé de Paris IV. Certains ont été identifiés comme faisant partie de l’Alliance française et de la Cocarde (association étudiante, gaulliste, souverainiste et indépendante).

Après ces violences, le centre a été vidé de ses étudiants mobilisés. Les portes restent fermées et ne rouvriront qu’après les réparations des dégâts engendrés par ce groupe d’une trentaine de militants anti-blocus. L’administration de la fac a décidé de porter plainte contre les anti-bloqueurs pour la porte fracturée et l’entrée par effraction dans le centre.

Voici une vidéo prise sur le campus le jour de l’attaque, à voir ici.

Crédits photo : Sarah Gelem

 

Crédits photo : Sarah Gelem

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