Sorb’écolo : une nouvelle rubrique pour parler écologie !

Sorb’écolo : une nouvelle rubrique pour parler écologie !

Sorb’on inaugure aujourd’hui la rubrique Écologie et Environnement. À cette occasion, nous avons décidé de vous parler des prises de conscience successives dans le monde contemporain et dans la politique.

Au fil du temps, le terme écologie s’est peu à peu éloigné de sa définition scientifique. En effet, il est maintenant devenu un terme surtout politique. Dans le sens premier du terme, l’écologie est une science d’observation qui fait appel quotidiennement aux sciences pures et expérimentales. Son but est de comprendre en décrivant, afin de faire ressortir des règles générales. Et ce pour pouvoir ensuite prédire le fonctionnement de l’ensemble. Ainsi, l’écologie a une vision holistique, la Terre est vue comme un système où tout est interdépendant, malgré les différentes échelles d’analyse.

Prise de conscience

Dans les années 1960, il y a eu une vraie prise de conscience des risques de perturbations importantes à l’échelle du globe aux niveaux climatique et écosystémique dus aux activités humaines. En effet, la montée en puissance des alertes scientifiques a donné de la visibilité et de la crédibilité à la protection de la Nature. La pression citoyenne s’est faite de plus en plus forte. Notamment avec les grandes manifestations antinucléaires. Mais aussi avec la naissance d’une nouvelle génération d’ONG. On peut citer WWF en 1961, Les Amis de la Terre en 1969 et Greenpeace en 1971. Plus récemment ce sont les ZAD (Zones A Défendre), servant à lutter contre les grands projets d’infrastructures, qui ont vu le jour. Suite à la pression citoyenne, la classe politique et les gouvernements successifs s’emparent du débat.

Un combat de l’impossible ?

Georges Pompidou fonde en 1971 le ministère de l’Environnement. Cependant, il est plus une image vis-à-vis des citoyens qu’une véritable administration publique. Le ministre en poste à cette époque, Robert Poujade écrit plus tard un livre intitulé Le Ministère de l’Impossible, dénonçant un manque criant de moyens. Par conséquent, la création du ministère a légitimé ces questions, mais aucun moyen d’action n’a été donné au départ. Néanmoins, les lignes commencent à bouger avec la conférence des Nations Unies sur l’environnement à Stockholm en 1972 (Le premier sommet de la Terre). La première grande loi écologique française fut la loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral (la loi littorale) votée à l’unanimité par le Parlement français en 1986 sous la présidence de François Mitterrand.

En France

En France, l’écologie et l’environnement arrivent réellement dans les programmes politiques des grands partis lors de la campagne présidentielle de 2007. Lorsque Nicolas Hulot renonce à se porter candidat (il était à 10 % dans les sondages). En contrepartie, il crée le Pacte écologique qui est une proposition de charte environnementale à destination des candidats. Cinq d’entre eux le signèrent (sur douze) dont Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. C’est ainsi qu’en 2007 Nicolas Sarkozy a mis en place le Grenelle de l’environnement (en référence aux accords de Grenelle signés entre les syndicats et l’État en 1968). Aujourd’hui, l’écologie fait partie intégrante de la politique française qui aime d’ailleurs le montrer.

On peut parler de l’accord de Paris lors de la COP 21 en 2016 sous la présidence de François Hollande. Accord historique signé par 196 pays sur les 197 que compte l’ONU. La Syrie ne l’a pas signé suite à sa situation politique actuelle et les États-Unis d’Amérique en sont sortis en 2017 sous la présidence de Donald Trump.

Paradoxalement les actions concrètes en faveur de l’écologie et de l’environnement en France restent rares. Certaines décisions sont même contraires à la protection de l’environnement. On peut citer par exemple le mégaprojet minier d’or en Guyane. Ce projet est défendu par le président de la République Emmanuel Macron. Il est cependant très critiqué par la communauté scientifique et les écologistes.

Des morts dans la défense de l’environnement

Il est important de rappeler que la défense de l’environnement en France a conduit à des morts. Notamment après  la répression de ces mouvements par l’État. Ces décès ont permis paradoxalement de faire avancer le débat. En 1977 Vital Michalon, un professeur de physique est tué. Le meurtre s’est déroulé lors d’une manifestation contre un projet de centrale nucléaire dans l’Isère. Plus tard, en 1985 le bateau de Greenpeace Rainbow Warrior fut coulé par les services secrets français. Il allait appareiller de Nouvelle-Zélande pour protester contre les essais nucléaires français dans l’atoll Moruroa. L’explosion tua un des membres d’équipage, le photographe Fernando Pereira. Enfin, en 2014 l’étudiant botaniste Rémi Fraisse est tué. Il était sur une ZAD qui occupait une zone humide de 12 hectares menacée par un barrage d’eau agricole.

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