Art Rock : le festival breton garde le rythme !

Art Rock : le festival breton garde le rythme !

Le Festival Art Rock de Saint Brieuc avait lieu le week-end du 18 au 20 mai. Retour sur cet événement trentenaire avec sa programmatrice Alice Boinet.

De Orelsan à Catherine Ringer en passant par Petit Biscuit, ils étaient tous présents à la 35e édition du Festival Art Rock à Saint-Brieuc qui s’est déroulé du vendredi 18 au dimanche 20 mai. Chaque année, le festival choisit un nouveau thème qu’il met en scène aussi bien à travers les différents arts du spectacle que dans des expositions. En 2018, le thème était “Let’s Dance”. Alice Boinet est originaire de Saint-Brieuc et a étudié à Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle. C’était sa troisième édition en tant que programmatrice et directrice artistique du festival. Elle nous en dit plus.

  • Le Festival existe depuis 1983, est-ce qu’il attire toujours autant de monde ?

Oui, ça attire beaucoup plus de monde qu’avant évidemment. En 35 ans, on a quand même le temps de bien évoluer. Au début, le festival était en intérieur dans une salle d’à peu près 3000 personnes. Maintenant, pour vous donner une idée, le festival attire 76 000 festivaliers chaque année. Notamment dans la grande salle où on accueille 11 500 personnes par soir. C’est un festival pluri-disciplinaire et en partie gratuit. Chaque année, on essaye de se réinventer mais on a des codes qui reviennent comme les expositions d’arts numériques et plastiques. Il y a quelques années on faisait le festival du vidéo-clip ou du théâtre de rue. Cette année, on fait plutôt des spectacles de danse. On va forcément attirer plus ou moins de monde selon la programmation qui varie tous les ans. Après, c’est une tendance, ces 35 dernières années, à attirer toujours plus de festivaliers.

  • Donc ils ne viennent pas que de Bretagne ?

On a fait une étude des publics l’année dernière et on a compté à peu près 80 % de bretons. Mais en dehors de la Bretagne, on attire de nombreux parisiens et puis quelques étrangers, notamment d’Angleterre, des Pays-Bas et d’Allemagne.

  • Jusqu’où s’étend le festival ? Comment obtenez vous les salles nécessaires ?

Depuis 35 ans on prend de plus en plus de place dans le centre ville de Saint-Brieuc. On grignote place par place, bar par bar, théâtre par théâtre. Maintenant on a 10 lieux du centre-ville, la scène principale et la scène B sont sur deux places centrales de la ville : la place de la Mairie et celle de la Cathédrale. L’ensemble de la scène nationale de Saint-Brieuc avec ses deux théâtres et avec une scène musicale sont utilisés ainsi qu’une autre place de Saint-Brieuc, celle de la poste pour une scène gratuite et l’opération gastronomique du festival. On investi également un centre commercial du centre ville pour des expositions et des concerts gratuits ainsi que le musée. Ces espaces sont mis à disposition gratuitement par la Mairie et par les différentes institutions.

  • Parmi ce catalogue d’artistes que vous proposez ,il y en a qui sont moins célèbres que d’autres, notamment des artiste bretons. Comment sont-ils découverts? Y a-t-il une sélection ?

Non, on ne participe pas en tant que jury à des tremplins. On l’a fait il y a quelques années. Notre métier c’est d’arpenter le plus de concerts, d’expositions et de spectacles possible et de découvrir le bon groupe. Pour ce qui est des groupes bretons, c’est plus simple parce qu’on les connaît, ou alors on les côtoit au quotidien, via des affiches, des cafés-concerts. C’est assez intéressant un groupe comme Rosaire, qui vient de Saint-Brieuc, un groupe de rock psychédélique qu’on a pas du tout choisi parce qu’ils sont locaux mais parce qu’ils sont talentueux.

  • Dans ce travail, qu’est-ce qui vous plaît en particulier?

Ce qui me plaît c’est que ça ne se ressemble jamais. On a forcément une temporalité qui revient chaque année : faire la programmation, sortir la programmation, lancer la communication, puis la production, puis le festival, puis la dépression post-festival. Mais ça ne se ressemble jamais puisqu’on accueille pas toujours les mêmes artistes et chaque année il faut se réinventer, faire de nouvelles expositions, découvrir de nouveaux artistes musicaux et ça ne se ressemble jamais puisque c’est un travail dans lequel on est en contact humain permanent. On rencontre beaucoup de gens et c’est à partir de ces rencontres qu’on va réaliser notre programmation.

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur le thème de cette année, la danse ?

La danse a toujours été un genre artistique très mis en avant pendant Art Rock. Donc on voulait lui rendre totalement hommage à travers les expositions, à travers les spectacles de danse évidemments mais aussi sur les scènes musicales, car beaucoup de nos musiciens sont soit ancien danseur comme Kiddy Smile, soit adore danser comme Mai Lan.

  • Avez-vous un message pour nos étudiants parisiens qui ont hésité à faire le déplacement jusqu’à Saint-Brieuc cette année ? Pourquoi devraient-ils venir l’année prochaine ?

Alors, déjà, la Bretagne est juste géniale. On est seulement à 2H15 de Paris, donc c’est juste à côté. C’est un week-end de 3 jours donc on peut faire la fête sans se soucier d’avoir cours le lendemain. Et puis il ne faut pas généraliser, c’est pour tous les âges, aussi bien familial que festif.

Alors si cette année vous avez raté l’événement musical breton de l’été, soyez prévenu, ce serait une honte de passer à côté l’année prochaine.

Crédits photo : Xavier BONNY

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