L’occupation et la grève de Columbia : comme si c’était hier

L’occupation et la grève de Columbia : comme si c’était hier

Alors que la France a commémoré les 50 ans de mai 68, aux États-Unis, c’est l’occupation de l’université de Columbia qui est célébrée. L’occasion de revenir sur un des évènements les plus importants de la révolte estudiantine américaine. Comment a-t-il été commémoré ? Quelle résonance a-t-il avec l’actualité ? 

C’était le 23 avril 1963. Les étudiants de la SDS (Students for a Democrat Society), l’organisation étudiante la plus influente de la Nouvelle Gauche (terme qui désigne l’ensemble des mouvements de gauche et d’extrême gauche des années 60-70.) protestent. Ils sont 100 000 adhérents. La SDS déplore la guerre au Vietnam et la présence de la CIA, qui recrute des étudiants au sein des campus, pour les envoyer là-bas. À cette lutte, s’ajoute celle contre les inégalités raciales et sociales.

Quand l’université décide de construire un gymnase dans le quartier noir de Morningside Heights à Harlem, l’occupation est lancée. La SDS et la Student Afro-American Society, organisation afro-américaine de l’université, s’unissent. Les organisations occupent l’école et ses cinq campus. De plus, elles retiennent un des doyens, Henry Coleman jusqu’au 24 avril, et occupent même le bureau du président de l’université.

 L’occupation et la grève : des évènements actuels

Le 30 avril, 712 personnes sont arrêtées et 148 autres sont blessées, à la suite de l’intervention de la police. Cette dernière est venue déloger les étudiants qui occupaient l’université et ses campus depuis une semaine. Une intervention violente qui mènera à une grève de deux mois.

Comme si l’évènement datait d’aujourd’hui, un compte Twitter a été créé à l’occasion des 50 ans de l’occupation de Columbia. Ainsi, il retrace chacun des évènements qui se sont produits jour après jour. Comme le ferait un reporter qui communique des informations en direct, photos à l’appui.

Entre livres, libre accès aux archives et visites guidées de Columbia… L’école fait revivre cet épisode qui a changé l’histoire de l’école. Cet évènement conduit à « la désintégration d’une grande université » selon David B. Truman. L’ancien doyen de Columbia ajoute que cela place la SDS au rang de mouvement le plus influent. Tant au niveau de l’université qu’au niveau national, dans la contestation étudiante.

50 ans plus tard : une jeunesse plus engagée que jamais 

Mark Rudd, leader de la SDS à Columbia, revient sur les évènements dans les colonnes du New York Times. Il y rappelle l’importance de l’association afro-américaine, ainsi que des femmes, dans l’occupation de l’université. Ensuite, il traite des erreurs commises. Enfin, il explique comment se sont déroulés les évènements et donne son avis sur l’engagement de la jeunesse actuelle. Par ailleurs, il n’hésite pas à établir un parallèle avec les jeunes qui militent contre « le laxisme de la loi sur le port d’armes, l’incarcération de masse, le racisme et le changement climatique. »

Du mouvement Never Again, créé par les rescapés de la fusillade de Parkland, à Black Lives Matter, qui milite contre les bavures policières et délits de faciès dont est victime la communauté noire… L’Amérique fait face à une jeunesse qui veut des actes et qui s’engage tant au niveau local que national. Comme ses prédécesseurs.

Never Again

Le mouvement Never Again a réussi à rassembler plus de 800 000 Américains à Washington pour manifester en faveur d’une législation renforcée sur le port d’arme et a obtenu une petite victoire lorsque le gouverneur de Floride Rick Scott a signé Marjory Stoneman Douglas High School Public Safety Act, qui inclut quelques-unes de leurs requêtes comme l’obligation d’avoir 21 ans pour acheter des armes. Le mouvement ne compte pas s’arrêter là : il compte avoir un poids politique en faisant basculer les élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre prochain.

Jusqu’où ira cette jeunesse américaine ?

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur le mouvement étudiant aux États-Unis en cliquant ici

Ils en parlent aussi par ici :

Crédits photos : Columbia University

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