L’Institut de la Mexicanité : « connaître, exiger et participer » pour construire le Mexique

L’Institut de la Mexicanité : « connaître, exiger et participer » pour construire le Mexique

A moins d’une semaine des élections générales au Mexique, le 1er juillet, Sorb’on a rencontré Gabriel Lenice, étudiant à Sciences Po Toulouse, pour discuter de l’Institut de la Mexicanité, pour lequel il a été stagiaire au Mexique. Portrait d’un institut qui tente de reconstruire son pays sur la voie de la démocratie.

Créé en septembre 2017, l’Institut de la Mexicanité est un lieu d’échange et de construction d’un Mexique plus démocratique. En vue des élections générales début juillet (présidentielles, sénatoriales et législatives) et sous la direction de Gaston Melo, il a pour but de dégager les grandes problématiques du pays et d’en trouver les solutions possibles pour avancer ensemble.

  • Bonjour Gabriel. Tout d’abord, pourquoi t’intéresser à l’Amérique latine et au Mexique comme terrain d’étude ?

L’Amérique latine est un continent passionnant à étudier, avec des dynamiques très intéressantes, tant au niveau économique que dans les relations internationales. C’est un continent qui permet d’appréhender le phénomène de mondialisation ; il ne faut pas oublier que ce phénomène à commencer avec la découverte de l’Amérique latine ! Ses dynamiques politiques sont aussi très importantes : la façon de faire de la politique y est peu conventionnelle, voire innovante.

Pour ce qui est du Mexique, c’est le pays du futur. Un pays entre deux mondes, à la fois très inégalitaire et en même temps la 10e puissance mondiale.

  • L’Institut de la Mexicanité, qu’est-ce que c’est ?

L’Institut de la Mexicanité, c’est un lieu de dialogue et de construction d’une société mexicaine dans son ensemble. On tente d’englober les grandes problématiques et de générer un espace de débat, pour tenter de trouver des clés pour penser et améliorer le Mexique. C’est une réflexion à laquelle participent des universitaires, des politiques, des économistes, etc. Mais le principal but de l’Institut, c’est de matérialiser ces réflexions, de faire en sorte qu’elles ne restent pas lettre morte.

  • Pourquoi l’institut a-t-il été créé ? Quelle est son utilité ?

Il faut savoir que le Mexique vit un contexte démocratique déplorable, voire inquiétant, entre les fortes inégalités et les scandales de corruption. L’institut a été créé pour faire face à toutes ces problématiques en vue des prochaines élections générales. Il est avant tout un institut citoyen où l’on pense à ce que l’on peut faire, en tant que mexicain, pour influencer la politique. En un mot ; c’est un outil d’action pour l’action citoyenne, qui tente de comble le vide démocratique.

  • Concrètement, comment agit l’Institut de la Mexicanité ?

Le principal moyen d’action de l’institut, c’est ce que l’on appelle les « Jornadas Hacer Mexico » (« Les journées pour faire le Mexique »). Dix journées thématiques de débats et de conférences qui se sont déroulés sur deux mois. Durant ces journées, il y avait une véritable « méthode » de réflexion pour arriver à une pensée. Tous les grands thèmes ont été abordés, comme l’économie, l’énergie, les migrations, l’ethnicité ou l’état de droit. Le but était de diagnostiquer et de trouver des solutions aux problèmes du pays. Le débat est ouvert à tous, le but final étant d’écrire un petit livre résumant les débats, avec des propositions claires, les élections en ligne de mire.

  • Quelles ont été les conclusions de ces journées ?

Le point important qui revenait dans chaque débat, c’est le problème de la corruption. On a donc essayé de penser à comment faire évoluer le Mexique en dehors de ce chemin. C’était un gros défi, et les journées ont été une réussite ! Mais encore une fois, on ne veut pas que ça ne reste qu’un projet. On ne tend pas non plus à ne régler que le problème de la démocratie, mais à faire de l’institut un outil pour les citoyens afin de venir à bout des autres problèmes du Mexique. Il faut qu’il soit un moyen de trouver des choses en commun à un peuple mexicain si varié, de créer une véritable mexicanité. C’est important de se connaître pour avancer.

  • Au long de ton séjour au Mexique, quel a été le plus marquant pour toi ?

Je dirais la force du peuple mexicain. Je suis arrivée peu avant le tremblement de terre, en septembre 2017. J’ai été témoin d’une impressionnante auto-organisation au sein de la population, avec plus ou moins de hiérarchie. Il y avait beaucoup de solidarité, et une très forte envie de reconstruire le pays, même sans ou avec peu de moyens. C’est la preuve d’un système horizontal qui fonctionne, et qu’une société sans Etat n’est pas synonyme de chaos.

Crédits photo : EPS

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