Génération dorée

Génération dorée

En Occitanie, on a vécu au rythme de la Coupe du Monde. Oui, mais pas celle de football. Vingt ans après le sacre de 98, c’est une autre génération 98 qui a créé la sensation. Pendant quinze jours, les jeunes rugbymen français ont fait chavirer les coeurs des amateurs de rugby lassés d’attendre de bons résultats de l’équipe professionnelle. Retour sur le parcours des Bleuets qui sont allés au bout de leur rêve en remportant la Coupe du Monde des Moins de 20 ans.

Doucement mais surement

Vainqueurs du Tournoi des VI Nations en mars dernier, Arthur Coville et ses coéquipiers avaient à coeur de parfaire leur saison avec un titre de Champion du monde.

Deux victoires face à l’Irlande et la Géorgie laissent les Bleuets rêver de demi-finale. Avant cela, il faudra passer par la case Baby Boks. Dès l’entame de la rencontre, les Bleuets prennent donc les choses en main avec le bonus déjà en poche après seulement trente minutes de jeu. Les pieds en demi-finale, les coéquipiers de Romain Ntamack vont ainsi déferler sur les Sud-Africains avec six essais inscrits. Ils signent leur première grosse performance : large victoire 46 à 29.

Face au Haka

Avec un Haka monstrueux, les Baby Blacks plantent le décor. Il en faut plus pour déstabiliser les Français. En début de match, on se jauge, on attend que l’adversaire commette des fautes, on tente sans trouver la faille. Bien déterminés à aller en finale, les Français vont pousser les Néo-Zélandais à la faute et scorer. Le match est alors serré, le combat rude, la détermination des Bleus intacte et leur mêlée dévastatrice. Les Bleuets restent sur la même dynamique et franchissent la ligne : 16-0 à dix minutes de la fin. L’exploit est presque acquis, ils ont un pied en finale. Les Néo-Zélandais ne recolleront pas au score. Les Français exultent : ils ont battu les Néo-Zélandais, champions en titre !

Un remake ensoleillé

En finale, les Tricolores retrouvent les Anglais qui les avaient privés de Grand Chelem il y a quelques mois. Une revanche aux consonances de titre mondial, dans le même stade, cette fois-ci à guichet fermé. Ils sont donc en route pour ce qui doit être le plus beau jour de leur jeune carrière.

Portés par plus de 17 000 spectateurs, les coéquipiers de Cameron Woki vont réciter leur gamme. Performants en touche, dévastateurs en mêlée, puissants à l’impact, défensivement bons tout en alliant jeu au pied et vitesse, rien ne semble  alors les arrêter dans leur quête suprême. A l’heure de jeu, ils mènent 23 à 8. La tête presque dans les étoiles, mais les pieds encore sur terre, ils vont résister aux ultimes assauts anglais. Adrien Seguret inscrit ainsi l’essai de la victoire. Score final : 33-25.

Les Français exultent, se tombent dans les bras, les larmes aux yeux. Réalisant à peine qu’ils sont Champions du monde, ils montent sur le podium. Et soulèvent le trophée dont ils rêvaient tant.

Efficaces en touche, dominateurs en mêlées, les Bleuets ont allié ballons portés, jeu au pied, vitesse et essais faisant de leur collectif une force. Parce qu’il fallait être au niveau des meilleures formations du monde, les Tricolores ont prouvé qu’ils l’étaient. Prônant un jeu porté sur l’attaque sans oublier d’être bon défensivement, les coéquipiers de Jordan Joseph, élu meilleur joueur de la compétition à seulement 17 ans, ont déjoué les pronostics. En battant l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre, les Bleus ne peuvent que savourer leur titre de Champion du monde. Parce qu’ils sont allés au bout de leur rêve.

Crédit Photo : AFP