La crème solaire : oui, mais avec modération !

La crème solaire : oui, mais avec modération !

Les crèmes solaires sont aujourd’hui pointées du doigt pour leur rôle dans la pollution des mers et des océans. Elles sont une des raisons de la mort des coraux. Elles mettent également en danger la chaîne alimentaire car destructrices du plancton.

En ces vacances d’été, il est très agréable de se baigner, de bronzer au soleil, de se détendre. Pour se protéger des rayons du soleil et éviter les risques de cancer, il est fortement recommandé de mettre de la crème solaire. Mais le dilemme est que cette crème est mortelle pour les organismes marins.

Le tourisme balnéaire en plein boom

C’est le secteur touristique qui a la plus forte croissance, avec un doublement de touristes depuis 2014. De plus la population côtière croît. Plus de 60% de la population mondiale vit à moins de 150 km du rivage (75% prévu en 2025).

Ainsi les crèmes solaires représentent aujourd’hui un énorme business, notamment dans les pays occidentaux. En 2014, le chiffre d’affaires de la protection solaire représentait 7 milliards d’euros.

Les effets néfastes des crèmes solaires sur les écosystèmes

On estime que 25% de la crème étalée sur le corps se retrouve dans la mer après 20 minutes de baignade. Chaque année, près de 275 millions de personnes se rendent sur les bords de la Méditerranée, soit 31% du tourisme mondial. Autant de personnes qui consomment en masse des protections solaires, des produits de maquillage et des médicaments. Sur la planète 16 à 25 000 tonnes de crème seraient déversées chaque année dans l’eau dont beaucoup dans les régions tropicales impactant directement les coraux.

Les polluants atteignent aussi la mer indirectement par les toilettes (les produits passent dans la circulation sanguine et sont ensuite éliminés par le corps), par les douches ou par les lessives, car ils ne sont pas filtrés par les stations d’épuration.

Les produits posant le plus de problème sont le benzophénone, l’oxybenzone et l’octinoxate qui sont aussi très présents dans les crèmes de jour, les shampoings, les gels douches, les vernis à ongle…

Ces filtres UV peuvent être instables en milieu aquatique et former des sous-produits plus toxiques. Le soleil va aussi aggraver la toxicité de certains composants. Ces produits vont s’accumuler dans la chaîne alimentaire. On en retrouve dans les moules, les crustacés, les oursins, les poissons, les mammifères ou encore les oiseaux marins. L’ADN, les lipides ou les protéines des organismes sont altérés. Les effets de ces produits sont toxiques mais aussi hormonaux (perturbateurs endocriniens).

Certains laboratoires se sont tournés vers les filtres UV minéraux qui agissent comme un miroir (dioxyde de zinc et dioxyde de titane) mais ne sont pas non plus considérés comme une grande avancée. De plus ils protègent moins bien des rayons UV et peuvent aussi être cancérigènes.

Les alternatives

Le 1er mai, Hawaï a interdit les crèmes solaires à base de benzophénone et d’octinoxate. C’est la première fois au monde qu’une telle mesure est prise et elle pourrait entrer en vigueur d’ici le premier janvier 2021.

La crème solaire doit être le dernier rempart aux rayons UV. Nous devrions d’abord faire attention au temps d’exposition, aux heures les plus chaudes. Nous devrions rechercher la protection vestimentaire et les espaces ombragés. De plus des crèmes solaires bio et éco-certifiées sont en développement. Elles font attention à ces questions même si elles ne sont pas irréprochables. Il existe aussi d’autres astuces comme aller nager avant de se mettre de la crème solaire, choisir des crèmes plus waterproof que d’autres et s’en étaler avec modération.

Crédit photo: Marie Claire