La France championne du monde de football: les klaxons de la victoire

La France championne du monde de football: les klaxons de la victoire

Dimanche 15 Juillet, la France a renouvelé son titre de champion du monde. Les supporters ont eux aussi vécu cette victoire avec intensité.

On les entend à 15 heures, avenue des Champs Elysées. Les Bistros affichent complets, les Fanzones également. Les derniers arrivants se pressent dans l’espoir de se dégoter une place. Il n’en sera rien : depuis midi, les places sont prises. Ça ne commence que dans deux heures. En attendant, on se regroupe, on se motive, on chante, on crie. Au Bistro de la rue Marbeuf, l’écran ne fonctionne pas. La foule panique. Un peu plus loin, devant un espace Renault, les drapeaux tricolores se massent derrière les vitres. Il se dégage une énergie qu’on avait plus ressenti depuis des décennies. Tout le monde veut y croire : la victoire est proche.

La Finale

On les entend à 17 heures, lorsque la finale France – Croatie va enfin se jouer. Mains sur le cœur, le dos bien droit, on entame, d’une même voix, la Marseillaise. Certains ont déjà les larmes aux yeux. Pour ceux qui n’arrivent pas à voir le match, séparés des écrans géants par des vitres et la foule, il reste le téléphone. On sort les portables, on active la 4G et on essaye d’être le plus proche possible du direct, pour ne pas se faire gâcher les meilleurs actions du match. Seulement le réseau est saturé, les fans désespèrent.

On les entend quand est marqué le premier but. Le soulagement, les fumigènes bleus et rouges qui inondent les rues. L’ambiance est électrique, c’est pour partager ce moment qu’ils sont venus si nombreux, qu’ils ont sacrifié le confort de la télé dans le salon, pour un écran géant dans la rue. L’égalisation : la tension monte. Le pénalty d’Antoine Griezman : on y croit de nouveau. A la mi-temps, on court se chercher un meilleur emplacement pour voir le match. Le match reprend, 2 buts, et une contre-attaque de la Croatie qui ne suffira pas à revenir au score. On entre dans le temps additionnel, le décompte est lancé. Au coup de sifflet se joignent des cris et des sauts de joie : la France est championne du monde.

La Victoire

On les entend à 19 heures, lorsque Paris est inondé d’un bonheur cacophonique. Une marche s’entame presque naturellement sur les Champs Elysées, en direction de l’Arc de Triomphe. Les pétards explosent au rythme de l’avancée de la foule. La fumée bleu et rouge vient se mêler aux confettis et aux ballons qui volent au dessus des têtes. Le triomphe se chante et s’accompagne d’hymne nationale et de « On est les champions ». Des supporters grimpent dans les arbres et sur les lampadaires pour dominer la foule. Sur les arrêts de bus, on danse au rythme de la victoire.

On les entend parmis les mouvements de foule considérables. Au milieu des bousculades, des gens tombent, se blessent, s’exaspèrent de l’atmosphère parfois irrespirable. Une jeune fille s’écroule victime d’une crise d’épilepsie. Les poubelles sont renversées, les détritus éparpillés mais malgré un début de soirée en demi-teinte, la tour Eiffel finit par s’illuminer aux couleurs du drapeau tricolore.

On les entend aussi en périphérie de la capitale. Dans les rues de la banlieue, sur les ronds points où les passants dansent et chantent. Dans les métros, on se répond d’un quai à l’autre par des exclamations. On se parle, on se sourit et on s’interpelle. Dans les rues, sur les routes, quand les voitures se croisent à la tombée du soir, on entend encore les klaxons de la victoire.

Crédit photo : Tom Malki